dimanche 23 décembre 2012

JOYEUX NOEL

NEIGE EN NOVEMBRE, NOEL EN DECEMBRE.
(Proverbe du Hurepoix).

A vous qui teniez ce petit fil, je souhaitais une heureuse fête de la Nativité. Je ne pouvais vous offrir que quelques imparfaits du subjonctif, manie bien innocente, pour moi les plus délicieux chocolats. Allions-y, j'avais très peu de minutes à moi. Voyions, ton épique, bon, voilà. Qu'Isis serrât bien fort son Horus, que Marie fît de même, que les mal nourris de toute nourriture se goinfrassent de lumière renaissante. Qu'aux terriers la couleuvre entourât le lérot pour la trêve hivernale. Que les bourses se tussent. Que les mauvivants se corrigeassent. Que les solitaires le fussent. Que fêtards et queutards festoyassent et fourrassent. Que Corydon eût Corydon et Sapho Sapho. Que les enfants prissent soin de faire don des jouets mal venus sur les sites idoines qui existaient. Qu'on ne rompît que modérément l'obscurité réclamée par une partie de la Terre. Que les suicidants y parvinssent ou trouvassent, pourquoi pas ici, la joie d'y renoncer. Que les vieillards déglutissent correctement leur marron glacé. Qu'à la fin des Saturnales les esclaves devenus leurs maîtres le restassent. Et même si le personnage faisait ronchonner Alen depuis sa tendre enfance (j'avais peur de lui), que le Père Noël descendît, s'il osait.

Joyeux Noël à tous. 

   

mardi 18 décembre 2012

LA VEILLE *

Le bavardage, le bruissement humain, je ne voulais plus les entendre. La mort d'un éléphant me touchait davantage. L'actualité, les horreurs du jour ? Lire le journal de la veille avec les horreurs de la veille que la civilisation de l'immédiat avait aussitôt oubliées m'était toujours plus instructif.  Demain la mort de quelqu'un ferait oublier les enfants morts de Newtown. L'éclatement d'une guerre en ferait oublier une autre qui continuerait. Mais la mémoire morte n'existait pas plus que le devoir de mémoire. Mémoire en veille, plutôt. Il fallait juste supporter la journée et, qui plus est, toujours inutilement courir derrière les cerveaux artificiels que nous n'avions pas hélas créés pour les domestiquer. Oui, chez tous, tout restait, tout s'entassait. Une dangereuse, celle-là, la mémoire en veille. C'est-à-dire qu'en fait on s'énervait de toutes parts, on se préparait à se battre. Pour quelle guerre ? Celle " de tous contre tous " de l'Apocalypse de Jean ? Moi, alors, j'essaierais de me cacher sous la table comme chaque fois que les conversations tournaient aux polémiques. C'était ainsi qu'en attendant, je ralentissais ma langue autant que possible pour la rendre à ma main, ma main pour la rendre à ma pensée, ma pensée pour la rendre à ma langue. Cela, contre ce à quoi nous assistions. Je tremblais trop malheureusement, mais si je n'étais exempté, la calligraphie me fût obligatoire. Quelle jolie idée de voir s'y consacrer les journalistes d'une part, les malades de la croissance d'autre part, un petit bout de langue dépassant avec application. On réécouterait une foule d'oiseaux qui restENT là, oubliés.

* Pas question de latin pour ce titre : les doubles sens de notre langue au maigre vocabulaire sont souvent si beaux (sauf pour " homme ").  


lundi 17 décembre 2012

ASSEMBLEE DANS UN PARC, WATTEAU



On dit qu'il n'y a pas eu de vent dans ce pays
Que l'herbe n'a pas eu d'enfance

Il y a pour ombre de la forêt 
L'irrespirable

Pour absence les hardes
Pour silence les ruisseaux des autres mondes

Pour cri l'étouffé
Pour vol l'impensable 

(Imagine l'oiseau 
Que le ciel efface)

Il y a des robes elles se parlent, au choix, D'immatériel ou de pinceaux crasseux

Les dames sont en plus l'existence les imagine

J'aime le chien 
Qui ne vient de personne 
Et ne va à personne







vendredi 7 décembre 2012

mercredi 5 décembre 2012

SAINT-EX, ENFIN GENRE.

- Bonjour Monsieur, c'est ici le désert  ?
- Pour quoi faire ?
- Pour crier.
- Mais c'est un petit désert. Villeneuve machin.
- Alors je ne crierai qu'un petit peu.
- D'accord mais les autres ils ont des étoiles. Ça fait réfléchir avant de crier.
- Des étoiles ! (N.D.LA : faiblesse d'un instant de réflexion) Des étoiles, des étoiles : n'empêche que quand on crie, on crie toujours un peu la même chose. 
 

vendredi 30 novembre 2012

DIX HOMMAGES A MALCOLM DE CHAZAL




Ma chaise
S'assoit
Juste
Avant
Moi

  *

O baigneuses
Filles qui
Rouvrent 
Les yeux
En riant

  *

La gifle
Etait passée
A côté
De la
Question

   

Seules
Les statues
Regardent
La
Musique

  *

Boire  dans
Ses mains
C'est 
Chercher à 
Se souvenir

  *

Dès que
Porte
Claque
Vent
A oublié

  *

La fessée
Rit
Toujours
De quelque
Part

   *

Ma fenêtre
Préfère
Quand je 
M'ennuie
Un peu

  *

Le pianiste
A toutes
Les notes
Derrière
L'oreille

  
  *

L'angoisse
Par précaution
S'empêche
De
Rire








BONUS



Notre Terre
Se gratte
Dans nos
Carrières
Abandonnées 
 
 



 





 



lundi 19 novembre 2012

MIROIR IX



autrui est là aussi pour se saluer (proche est le néant, proéminent est le ventre)


*


et, prenant des épaules aux forêts, appelons cerfs ces (


*

et je n'aurai plus mon prénom et je n'aurai plus le fond de mon cœur et un autre cœur en moi chantera et tu n'auras plus ton prénom et tu n'auras plus le fond de ton cœur et un autre




 


dimanche 11 novembre 2012

MIROIR VIII




tu songes à mentir tu songes à t'arracher tes songes (à t'ennuyer follement) tu songes


*


appelons nom ce qui dans le regard (vient après quelques secondes) définit mal le regard


*


avec les mots ou alors avec la buée des mots (ou alors avec la buée)

lundi 29 octobre 2012

UN POEME BIEN TOUT SEUL

                               
               Pour… eh bien pour Valérie, forcément.



 
L'enfance on est seulement soi, et pluie ou fille c'est des barreaux dans l'automne, 

On a des pleurs on a une cabane de genoux on a tous ces cheveux mal caressés,


Une tête trop légère ou trop bleue une tête c'est peut-être la mer  en trop moins infinie.


Et vieillesse est vieillesse avec genoux sans la cabane avec l'enfance avec,


et puis des tas d'automnes, de choses drôles, de choses, quoi.


On a des pleurs. Et pluie ou fille, c'est des barreaux dans l'automne.
  

mercredi 24 octobre 2012

DICTA VIII

"Et après ?
- quoi écrire maintenant ? pourriez vous encore écrire quelque chose ?
- on écrit avec son désir, et je n'en finis pas de désirer"
                                                              inconnu, cité par kwarkito          

lundi 22 octobre 2012

MIROIR VII



ni personne n'a de nom (voyez le stégosaure)


*

un petit tour dans la belle, la belle ? un petit tour dans une autre ?
vous verrez la femme-nom, le singe-singe,
vous verrez le nom monstre
 - vous verrez le sans-nom (le triste


je respire je regarde (j'irrespire je regarde) je









vendredi 19 octobre 2012

TITRE : TITRE III

J 'avais réfléchi que Miroir  avait son histoire. Enfant, comme bien d'autres de ma génération, j'avais rêvé de conquête spatiale (j'ignorais les enjeux de la Guerre Froide : l'humanité attendait la lune comme l'empereur Caligula, quel que fût celui qui y arrivât le premier, tout à fait comme dans l'Etoile Mystérieuse d'Hergé (plus que dans On a marché sur la lune, peut-être). Eh bien j'avais été déçu ensuite.  La soif de lointain s'était vite transformé en manière de nous miroiter, de nous faire regarder ceci ou cela de nous. La moindre photographie du sol de Titan - au moins, on s'éloignait un peu - m'était un réconfort, ce qui me rapprochait de Stalker dont je m'éloignais par ailleurs comme de la peste.  J'avais promis à Jehoël que je lui répondrais, soit ici, soit confidentiellement. Que ce fût ici. Je tenais - et j'en riais presque, sauf votre respect à tous - à préciser une chose une fois pour toutes. Je n'étais ni dépressif ni suicidaire. En revanche ma vie avait été ponctuée de crises de panique et j'avais cru mourir mille et mille fois, et qui pis est, à déranger les autres en mourant, ce qui ne faisait qu'augmenter ces crises. Donc je ne tenais qu'à une chose, à vivre. Ce que je donne comme poésie résulte en partie de là. Après cet aspect autobiographique, je dirais que la langue me posait question. J'avais en abomination son ronron, surtout depuis qu'il était entretenu par les médias au service des gens d'argent. Comment faire avec elle ? J'avais trouvé  deux solutions qui consistaient, soi à enlever toute la graisse et rendre la langue à l'âme (Miroir),  soit à l'épouser et à la convaincre qu'elle était elle-même, en la rendant (pour la mienne, le français) sous un aspect qui la mettait en beauté (textes en italiques). Mon instinct créateur penchait vers la première solution. Alors je livrais les deux. Pour continuer, si j'appréciais Kwarkito par exemple, c'est à bien y réfléchir que je n'y trouvais pas la moindre once d'humour, de dérision. Je l'admirais car je cédais moi-même facilement au bon mot, à la parisienne, à la nécessité des radios pour se faire écouter, des journaux pour se faire lire : pas un titre qui ne fût un jeu de mots. C'était à l'inverse de ce qu'il fallait faire, c'était la fuite, la dérobade. Pourquoi riais-je encore, moi qui aimais tant la Terre, quand 80% des espèces animales et végétales étaient menacées immédiatement et quand j'entendais "l'humour" justement des commentateurs du portail Orange ?  Nous n'étions pas à l'heure de l'humour, nous étions à celle de l'indignation.


mardi 16 octobre 2012

PETIT MESSAGE

Pour vous dire que j'avais retravaillé Miroir V en ligne, ce qui avait eu des précédents, et qui comportait une contradiction pour quelqu'un qui avait tellement le souci du définitif, sinon du parfait, qu'il ne s'était pas battu pour éditer. Sans parler du ridicule toujours menaçant - mais cela n'était pas en jeu car je connaissais plus d'un bon garçon ou d'une bonne fille qui s'était mordu les doigts pour avoir édité. Je n'avais pas pour l'instant  résolu le mystère, la contradiction dont je vous entretenais. Ici je me sentais bien. Le Blog serait-il un jeu dangereux (ou sain) entre l'instinct de l'immédiat et le souci éditorial qui, du livre, s'était étendu à d'autres formes d'art à l'âge de l'imprimerie ? Depuis la révolution informatique, nous écrivions-parlions (entre autres); que faisions-nous ? Etait-ce nouveau ou non ? Manquait-il un verbe à ces nouvelles façons ? Pardon car je savais la question banale et déjà bien rebattue. A bientôt. Très grand merci à vous, au passage, de lire Alen Leoz quand il y avait tant d'autres nécessités ou sollicitations.

lundi 15 octobre 2012

MIROIR V




vous savez mes yeux sont tellement différents de mes yeux vous savez derrière l'âme il y a l'âme (et puis encore l'âme alors vous savez)

*

appelons épaules les pinces à cœur (à gauche à droite du nom)
nommées, oiseau par oiseau perché,
"linge nu", "pose de la durée de soi" etc.
tu les hausses tout s'envole, et le temps (et le reste
 

*

et, prenant des doigts au froid, appelons "doigts" ce

jeudi 11 octobre 2012

MIROIR IV



l'oiseau perché (sur l'épaule la moins molle) sur le poing le plus pur (ne te trompe ni d'épaule
 

ni d'épaule) essaie d'entrer par où tu peux dans le (nom) visage
 
*
 
(non-) vent (non-) caresse (non-) déchirure de la joue de
 

*
 
 
(lois) le miroir à vampire est rectangle, celui à reine cruelle est ovale,

celui du prisonnier peinture de maître

(les yeux y sont enfin des yeux)
 






 
 



jeudi 4 octobre 2012

MIROIR III




je ne te savais pas un visage toi qui me dévorais des yeux je questionnais d'immenses mains ouvertes qui n'étaient à personne que j'appelais le vent par exemple que je remplissais d'oiseaux qui revenaient les manger
 
je ne te savais pas un visage toi toi



*
 

les  yeux à la limite d'être le nom donné aux yeux (préliminaires au contact avec le nom de
 


 
 
parmi l'air la brûlure a terminé un visage
 
ce visage longtemps (dit-on) interrogea l'air brûlé



 
 

 


 





 


lundi 1 octobre 2012

MIROIR II

 pour Kwarkito


Les tonnes d'absents les oiseaux qui se posent, un par un
 
sur l'épaule de l'épouvante
 
appelons-les oui l'automne
 
(les os légers sur la radio de mes os) 
 
 
 *
 

l'interprète du miroir disait " celle qui parle là glacée (oui celle qui parle là glacée) "
 
est celle qui chantonne " un peu de vent est un livre"
 
elle chantonne donc elle va - elle est glacée : elle n'a pas encore froid
 
 



Non mettez-vous main dans la main, vous et l'immatériel,

souriez voilà. Voilà une photo redevenue (miroir)



  
 
 
 
 
 



 
 
 
 

jeudi 27 septembre 2012

MIROIR I







possible que tes lèvres ne soient plus que fumée
 
(possible que tes mots soient toujours murmurés)



*




autant   que peut durer une assez correcte (ou une assez fausse) définition du temps, l'espace de toi à



*


mais comment les compter les millions d'oiseaux que j'ai derrière mon dos  cet automne ? 













vendredi 21 septembre 2012

mercredi 12 septembre 2012

TITRE : TITRE II

                                                                                 pour Antoine Peuchmaurd, entre ours gentils



Amis, sur Jean-Luc Delarue, si votre mémoire n'avait déjà pas opéré sa sélection, voyiez le post de Kwarkito daté du 30 août. 

Il s'y disait (pour moi, à mon sens, il m'avait semblé, c'était mon opinion,  je la partageais,  cela n'engageait que moi, d'après ce que j'avais vu, entendu, senti, touché, goûté,  et je n'avais eu cette opinion qu'accidentellement, à une certaine heure que je ne pouvais certifier car il pouvait m'arriver de nourrir mes salamandres - oui j'en avais, des merveilles de la nature mais ce n'était pas le propos, j'en avais perdu une tout de même elle était enterrée dans le  jardin loin de Jean-Luc des fois qu'il se remît à parler - oui mettiez les parenthèses, brigadier-chef)… bref, il s'y disait, il s'y disait… Tout. Mieux que je l'aurais fait moi-même. Parce que moi, soit je bavardais, soit j'écrivais des poèmes incompréhensibles.

(pour moi, à mon sens, il m'avait semblé, c'était mon opinion,  je la partageais,  cela n'engageait que moi, d'après ce que j'avais vu, entendu, senti, touché, goûté,  et je n'avais eu cette opinion qu'accidentellement, à une certaine heure que je ne pouvais certifier)

Je constatais et souscrivais que c'était bien mis entre parenthèses.

Comment, brigadier-chef ? Que j'attendisse ? Vous étiez donc prêtre aussi ? A vos heures gagnées ? Trop de plaintes, ah, d'accord, je comprenais. Oui l'ordi était encombré ( et pas de vos fautes d'orthographe ? ) Alors c'était grave, brigadier. Brigadier-chef. D'accord lieutenant. J'étais peu visuel, je n'y connaissais rien en galons. Pardon. Et MON lieutenant. C'est que nous dans la marine on disait pas MON machin. Sur mer on a moins le temps et on subit plus le temps. Mes connaissances s'arrêtaient là.

Vlà que j'étais perdu. Associations d'idées : trop intelligent trop bête que t'étais mon gars. Trop vers la gauche ou trop vers la droite dans la courbe de Gauss.


Ça y était, amis ? Vous aviez cherché sur vos écrans encore vivants - alliez savoir dans dix ans, vos écrans étaient du pétrole (pour vous épargner les recherches sur Gogol : dictato-chinois, pétrolo-musulman, obéso-amerloque). Recherche indiquée (indignée aussi : Delarue (Jean-Luc) Gauss, salamandre, police hiérarchie, Kwarkito).


Kwarkito surtout.

(Ce n'était que mon avis. Affirmer n'était guère mon genre. Vous aviez le droit de penser autrement. Et même de faire autrement, de ne jamais vous laver, c'était votre droit le plus strict. D'ailleurs je penchais tout ce que je disais, c'était en italiques. Et à l'imparfait pour plus de sûreté. Parfois sur le trottoir aussi, je penchais.  Au pire je penchais non seulement à l'imparfait mais en plus entre parenthèses. On n'est jamais assez prudent. J'avais même… plongé entre parenthèses. La première fois qu'on plonge, à bien y réfléchir, c'est aussi métaphysique qu'antinaturel. Et puis bizarrement on aime ça, alors on plonge tout le temps, enfin dès qu'on peut. Drôle d'idée quand même, de plonger. Mais les vrais salauds sont ceux qui veulent vous apprendre à plonger.)

Les italiques, je vous dis. Le penché, le courbé.
  
Sauf le poème.

lundi 10 septembre 2012

TITRE : TITRE



Douceur

comme si tu 
soulevais

une tête
d'enfant

non une tête
plus profonde
encore

jeudi 6 septembre 2012

CONFIDENCE : PQ LA SUPPRESSION DE L'ALLEMANDE DANS LA SUITE N°2

, de maison     Voyez-vous je n'étais guère content de mon potager. Pas satisfait de ce que j'appelais (sottement) deuxième suite française. J'en avais même supprimé l'Allemande entre le Prélude et la Courante. Nul doute que les collectionneurs et les fanzines allaient se déchaîner ! Et, dehors rien n'allait : les abeilles avaient dû de n'être pas mortes au fait de n'être pas aller butiner : il pleuvait trop. Et puis pendant qu'il pleuvait à torrents (je parlais du mois de juillet en France) la sécheresse persistait. Car l'eau ne pouvait plus entrer dans la terre. Trop de béton, trop de canalisations.

mardi 28 août 2012

COURANTE, QUATRE SARABANDES


Le silence est la flûte du silence
Le chat se plisse l'existence
À l'aide d'yeux fermés mais fermés

Mère étrangère éternelle
Piège guérison par guérison
Non le poète n'a 
    Jamais mais jamais raison

L'Aconcagua a son sommet la flûte
On croirait une nuit morte
Appel à l'aide aux étoiles

Père imprononçable père
Brèche dans mon nom et dans mon nom

La flûte est la flûte du silence
Père ils m'ont suivi les enfants et les rats
  
Le chat rit de veille de sommeil
     
     À gros yeux ronds
     À vrais yeux fermés





*





Ce cheval qui hennissant
Urine un reste de ce cheval

O chemin ô oubli de pas oubliés
En qui les êtres sont restés

Et par qui la forêt a dormi -
Laisse, je protège le crépuscule



 
Chemin voici ma fille
Tiens bien son sang entre ses jambes

Ecarte les chênes et les chênes
Qui encombrent la moitié de son sommeil

Roule route et joue un peu d'infini
Voici la voyageuse tu ne la connais pas





Garçon le chemin le mystère
Ne sont pas du monde - ni ton sexe en larmes

Chats et sages rient n'existent pas  
Mais lui se dresse inconnu de toi

Parfois tu meurs parfois les blés
Ecartent leurs jambes trop loin





Toi inconnue pour rester inconnue
Oh voile le vent en silence

Ne donne rien même de muet 
Dis seulement "chemin" au chemin

Et secoue ton cou pour toujours
Tête de cheval crachant l'espace



 
 

mercredi 22 août 2012

NOUVELLE EDITION REVUE ET AUGMENTEE


SENTENTIA XI


On n'arrête pas le progrès ni Claude Allègre. Mais que fait la police ?




DICTA

On n'arrête pas le progrès, c'est lui qui nous arrête.

                         Sémillade (est-ce bien de vous ?)



Tandis que j'écrivais ces mots, certains pataugeaient dans les algues vertes (truisme étrange) pour gagner coûte que coûte la plage à laquelle ils avaient droit, et le 3542e petit-fils du clown Achille Zavatta roulait au ralenti sous mes fenêtres, me cornant dans les oreilles qu'il fallait voir ses lions, ses tigres. Malheur à nous : entre le " progrès ", la stagnation et la régression, que choisir ?

jeudi 16 août 2012

SENTENTIA XI. La palme à Allègre.

On n'arrêtera jamais le progrès, ni Claude Allègre.

(Mais quand même, le coup du gaz de schiste, là-dessus aussi ne vous laissez pas faire comme les autres, au Québec !)

(Et le coup de l'huile de palme, ne vous laissez pas faire à Bornéo, cousins gibbons, montrez que vous avez le bras long).

mardi 14 août 2012

DEUXIEME SUITE : PRELUDE

Méandres de méandres de méandres 

Ainsi voguèrent ces petites et furent-elles

           Petites et alphabets 

           Qu'on fut

           Qu'on eut

 

Elles on les a allégées

D'elles de leurs barques 

Il leur faudra aussi mourir

Toute la fièvre ? On oubliera cela 

Il leur faudra aussi mourir

Il nous faudra aussi cela

 

         Petites et alphabets

         Qu'on les fût

         Qu'on les crût aussi 

         Là 

         Même grandes

         Même mêmes


         Qu'on les fût

         Là


         Méandres de méandres de méandres


         Elles allégées d'elles

         Bien alourdies

         Ramant oh brassant ces rires

         Même vieilles et mortes

         Et anciennes

 

         Même mêmes 


         Bien alourdies allantes

         Allant en robes perdues

         Alors aller hier je peux et pas le loup?

         (Marsupial j'entends)


         Lourdes légères


         Et à petits pas

         Venues du poème

 

        

 

 





 

vendredi 10 août 2012

TAG !

    Les Russes étaient de sérieuses adversaires. Pourtant aujourd'hui grâce à l'une d'entre vous (j'avais regardé le ciel c'était un jour féminin et puis je vous avais promis ça, les filles) c'était une Allemande qui s'était qualifiée pour me lire en premier malgré un décalage horaire défavorable. So guten Morgen. Lasst uns beide lesen und schreiben. Nun kommt eine zwölfjährige Halterophile. Sehen Sie ihre Oma, wie sie stolz auf sie ist. Und zwei Roms sind in Frankreich eingetreten, nachdem sie eingetreten sind.*  Eine Schande für dieses Land, dessen Sprache so schöne Sachen seit dreihundert Jahren sagt, und das so schrekliche Köpfer abgeschnitten hat. English humour with german language, that was this Blog too. See you girls ! 

* Wünschen Sie ihre Gesichte anzuschauen ? Nichts leichter. Dazu gehen Sie auf Kwarkitos letztes Post und lesen Sie es. Oh Roms , Syldaves vielleicht, das weiss ich nicht. Weder Deutsch noch Französich, klar.     

mercredi 8 août 2012

DUNES D'HIER DUNES D'AUJOURD'HUI V




L'enfance ce chemin sans chansons on danse une ronde ça devient solitude


L'enfance ou alors la fin ou alors l'absence d'enfance jamais
 
Dunes d'hier dunes d'aujourd'hui voici le sosie du vent voici celui qui finit les visages 


Voici le peintre 


il vous peindra en filles et en mortes il vous donnera des prénoms que sa vie habite il vous relancera dans la roue du rouge écrasée contre les soleils et tout recommencera encore

L'enfance ce chemin sans chansons on danse une ronde


seul 


avec les seuls autres petits bras

dimanche 5 août 2012

EXCEPTION FAIT LOI : QUÉBEC

Deux posts en un jour ça ne faisait pas sérieux. Mais comme c'était chez vous que ça se passait. Eh bien j'avais ma casserole et je n'étais que 49. Passions le message aux As-syriens. Inch Dieu Moi Toi Nous enfin seuls  !  (Le point d'exclamation est d'un vulgaire…) Et que dire du point de suspension.

ERRATA A POSTERIORI

     Ces ERRATA concernaient un autre texte. Je les délivrais ici pour avoir une chance d'y renvoyer un lecteur. 

   L'éphéméride courait en vain après le marbre de l'IMPRIMATUR et le contraire. C'était ça un blog. Cette chose compliquée entre une époque connue et une époque inconnue m'intéressait.

   Pour les ERRATA, ils concernaient le texte "AROBASE POUR STEFFI "

   Ces ERRATA étaient deux. D'abord les Vêpres de la Vierge étaient dirigés par René Jacobs et non par Philippe Herreweghe. 

   Ensuite quand je disais que l'arobase dirigeait vers le serveur, j'aurais pu préciser que le serveur pouvait être serveuse, ce que Steffi comprendrait aisément.

   C'était mon premier retour en arrière sur ce blog. Vertigineux quand on parlait déjà à l'imparfait.
  
  J'ajoutais à ma grande honte que j'avais aussi supprimé un message et c'était la première fois. En fait ce n'était pas grave. La Toile avait sa vertu. Ce qui avait été dit était dit. Les plus jeunes émois gisaient de nos jours, texte et image, chez le Sous-Mormon quelconque parfois appelé Grand Frère qui gisait quelque part épié par lui-même. Assez dégoûtant. Nous, notre génération revoyait ses expériences enfantines et chut.

  Alors tant qu'à faire disions-nous tout. Le jardin secret, s'il l'était, le resterait. M'enfin gaffe quand même.

  Jardin secret. 

  " Jardin public " était assez horrible comme expression. J'avais essayé de respirer une rose publique ; heureusement elle était d'une variété rarissime.

   Je suis très chiant, oui. Me dit-elle au présent. 

   Allions, la prochaine fois j'aurais pour vous un meilleur maintien.

mercredi 25 juillet 2012

AROBASE POUR STEFFI

                                                                                                Pour Steffi mais grave, pas Graf.                                            


JE SUIS NOIRE MAIS JE SUIS BELLE,
FILLES DE JÉRUSALEM. 

Nigra sum sed formosa filiae Jerusalem.

Oui c'était joli aussi en latin surtout décliné par Monteverdi et Philippe Herreweghe, notamment à mon avis.

J'AI LAVÉ MES PIEDS, JE VAIS LES SALIR. 

Que faisais-tu aussi, t'en souciais-tu même quand tu tapais une arobase ?


JE VOUS PRIE FILLES DE JÉRUSALEM
SI VOUS TROUVEZ MON AMOUR QU'ALLEZ- VOUS LUI DIRE ?

Il existait un mot latin, savais-tu, qui indiquait "vers", "à destination de". Car on ne parlait ni n'écrivait sans destination.

J'AI ENLEVÉ MA TUNIQUE
COMMENT VAIS-JE LA REMETTRE ? 

Ce mot se disait et s'écrivait "ad". Il était devenu "a" en français.

IL VA DROIT MON AMOUR
GLISSANT
SUR LES LÈVRES DES ENDORMIS

Or il fallait séparer "il a" de "à toi", tu comprenais? 

QUI EST
CELLE QUI MONTE DU DÉSERT
APPUYÉE
SUR SON AMOUR ?

Alors des moines avaient écrit une petite flèche - j'avais la paresse de la reproduire ici - sur le "a" qui voulait dire : à toi, vers toi.

OU EST ALLÉ TON AMOUR  ?
TOI LA PLUS BELLE
DE TOUTES LES FEMMES
OU SE DIRIGE TON AMOUR ?
ALLEZ
NOUS IRONS LE CHERCHER
AVEC TOI

Et comme les moines avaient beaucoup de temps et comme les livres en ce temps-là étaient précieux et beaux, la petite flèche devint mieux qu'une petite flèche. Un début de spirale infinie, comme si l'alpha voulait rejoindre l'oméga.

SES YEUX PRESQUE DES COLOMBES
PRÈS DES TORRENTS D'EAU

Mais, plus tard, il y eut l'art d'imprimer. Bien des signes disparurent car il ne fallait pas trop de caractères mobiles. De plus, chacun en Europe voulait abandonner le latin et fixer sa langue. 

MOI JE ME LÈVE POUR OUVRIR À MON AMOUR

LA MYRRHE COULE DE MES MAINS
LA MYRRHE DE MES DOIGTS SUR LA SERRURE

J'OUVRE À MON AMOUR

MAIS MON AMOUR A FAIT DEMI-TOUR
IL EST PARTI

TOUT MOI EST SORTI À SES MOTS

Ni les savants ni le roi n'avaient envie de rire. Ils étaient même très sérieux. Alors ils décidèrent que la flèche amoureuse que je t'envoyais s'appellerait un accent (dans une langue qui avait peu d'accent !). Et même un accent très grave.

TOURNE-TOI
MON AMOUR

AVANT LE SOUFFLE DU MATIN
AVANT LA FUITE DES OMBRES

ALLEZ DEVIENS UN CERF
UN PETIT CHEVREUIL

AU-DESSUS DES MONTAGNES "SÉPARATION"

C'était ainsi que, sans même le savoir pour beaucoup d'entre nous, nous tapions sur nos ordis ce "a", orné de la flèche immense qui sortait tout droit de nos cœurs, juste pour aller vers un serveur, ce joli signe monastique : @.

Nigra sum sed formosa filiae Jerusalem.

JE SUIS NOIRE MAIS JE SUIS BELLE, FILLES DE JÉRUSALEM.




Note. Les extraits du Cantique des Cantiques sont dans la traduction de Michel Berdier, Bayard 2001 pour la première édition.
 




 





  

lundi 23 juillet 2012

SENTENTIA X

Savais-tu aussi ? Pour avoir vraiment peur il fallait beaucoup, beaucoup de courage.

Et les poèmes ? Ils viendraient. 
Bien sûr, ils viendraient.

SENTENTIA IX

Etre fou ? Mais tu n'y pensais pas. Déjà on avait tout juste le temps d'être sage. Fou vraiment ? Eh bien si c'était toi qui m'emmenais là-bas

Comment ça, binaire ? Un logiciel, moi ? Non non et peut-être même Inuit : un deux trois beaucoup.

dimanche 22 juillet 2012

MUTTERSPRACHE

Wussten Sie das ? Ich hatte ein Vaterland et une mère patrie ha Breizh. Nein, natôurlich, Sie konnten es nicht wissen. Ich mächte ja sicher, hier, viele Fehler. Dieser kleiner Brief um Ihnen zu sagen, dass wir beide und mit England in der Vergangenheit so dumm waren, dass heute die Erde, ja die Erde und non "la planète", vielleicht sterbend war. Wussten Sie, wussten Sie, es war für mich nützlich, heute auf dieser Sprache einige Wörter zu schreiben, und ohne die kleinste… dictionnaire dictionnary enfin bref.

samedi 21 juillet 2012

SENTENTIA VIII si je ne me trompais pas

Je propose qu'on hésite.






Note.
En substance et pour être honnête, le propos était à moitié de ma maman. Enfin je
ne décidais pas sur ce coup-là. Parce que la sainte femme (louée fût-elle et le Prophète aussi mais l'un et l'autre ne trouvaient que peu ou trop de locataires) eût été en peine de proposer quoi que ce fût, même d'hésiter, pendant le temps de vivre et d'hésiter qui lui avait été donné. Car pour "proposer"sans hésitation il fallait encore attendre l'attaque du premier lombric ou la première léchouille de flamme, et - tant qu'à vivre - je me demandais là aussi que choisir,. Qu'opter, quoi. Voilà pour le jour d'hui. Ou pour la nuit perpétuelle. D'accord, un mot était de trop après  "nuit".  Fussions prudents, dormions ! Hésitions, quoi !

Note suivante. 
A l'heure où nous mettions sous presse et en série, non en Syrie, beaucoup hésitaient et n'étaient guère en situation de proposer, ce qui infirmait la proposition sus-écrite.

dimanche 1 juillet 2012

MERCI

     Pourquoi merci ? Parce que je vous le devais enfin ! 
    Trois ans que je parlais à l'imparfait,  un peu en latin, un peu dans un français daté, un peu (surtout) dans des poèmes.

     Oui il fallait vous remercier un jour de me lire depuis les lieux les plus insolites, statistiques à l'appui : en France (même en France) en Argentine, jusque chez les Mahométans. Chaque jour je regardais sur la planisphère quel nouveau pays j'avais conquis - j'étais assez féru des jeux de stratégie où l'on conquiert le monde : Blogger n'eût jamais dû me fournir pareille carte et l'actualiser jour après jour, tant j'étais joueur.
     D'ailleurs toi, là, en Estonie, ne m'avais-tu pas été infidèle la semaine dernière ? Gaffe à mes drones !
    
    L'agacement était de mode. Le sérieux ? Aucun effet. La provocation ? Non plus.
    Vraiment, plus j'allais, plus je pensais que la provocation s'était faite convention.
     Et le sérieux ? Eh bien il l'était resté.
     Donc le risque d'être agaçant. Sans méchanceté.
     Un agaceur n'est pas méchant.
    
      Une envie terrible de temps.

     Oh oui de temps. C'était que comme vous on m'en privait, de cette catégorie kantienne, de cette quatrième dimension, en ce monde affolé à la moindre "3D" quand ladite "3D" n'était, somme toute, que la vision binoculaire conférée au lémurien né juste après les dinosaures pour que cet inoffensif mammifère pût enfin distinguer une branche d'un fruit.
     Ouais. Vraiment envie de temps.
    
     Ce n'était pas le moment, si l'on en croyait les prédictions des Hommes pour les Hommes dans les quelques mois à venir.
    
     Et c'était bien - pour ces raisons entre autres - qu'il fallait armer ce qui dans nos vies, et présentement dans nos façons d'écrire, ce qui entretenait la souplesse d'être, et d'y continuer.

    (Exemple typique de clarté et de simplicité : "d'y continuer" veut dire "continuer à être" - on vous assure que la langue simple est aussi facile, de plus intéressante musicalement)

     Je disais tout cela car je n'avais pas eu un seul de vos commentaires à censurer, quoique vous fussiez suffisamment nombreux. Je tenais à vous en remercier.

      Je ne voulais pas croire que vous étiez indifférents. Donc je me flattais que vous aviez compris ceci : la langue utilisée en italiques n'avait en fait rien d'emprunté et ne se développait que parce que sans elle, quand j'y pensais, les choses que je disais, je ne les eusse jamais dites.
    
     Je vous priais à cette occasion de me pardonner mon irrégularité. Je ne tenais pas le Blog. Ainsi d'ailleurs que je tenais fort peu de choses et ne m'en vantais pas du tout, croyiez-moi.

      Je venais à vous parfois, ainsi, et c'était tout. Un petit rêve.

      Pour finir je recommandais à tous Kwarkito que je ne connaissais pas autrement que par son Blog. Perfection en mots, en images, en régularité  : il disait mieux que moi une sensibilité qui me semblait souvent à nous deux commune.

      Pour preuve je citerais deux minces nuages qu'il avait, un jour, et dans un ciel, photographiés, quand je ne les avais que vus.    

     
    


mardi 19 juin 2012

DICTA VII : MICHON

" Et le matin c'était l'école, la ronde des petits pieds."


" Les genoux s'appliquaient sous les tables, les mains écrivaient. "


Pierre Michon, La Grande Beune, éd. Verdier, p. 34-35.




(Ouvert négligemment à l'instant même. Ce diable de Michon avait lu Doisneau, non ?)  


dimanche 17 juin 2012

AU REVOIR, MONSIEUR BAYROU



          Au revoir. Stratégiquement enclin à accompagner ce qu'on appelait la décroissance plutôt qu'à la subir, j'admettais par  tactique l'idée d'une croissance précautionneuse, car j'étais trop pessimiste quant à l'impréparation humaine et  aux caprices des peuples. Lectrice, j'étais homme de gauche. Pourquoi lectrice ? Peut-être parce que ce soir tu entrais massivement à l'Assemblée Nationale, pour mon plus grand bonheur. Ou parce que je n'allais pas à chaque tournant ajouter le féminin entre parenthèses. Encore moins me laisser aller à quelque mot hasardeux de l'acabit de l'écrivaine  qui eût fait se compisser de rire la Sévigné ou Marguerite Yourcenar, sinon ma chère Louise Labé qui ne parlait pas encore la langue finie dont j'usais. Alors j'opterais pour l'alternance, idée valide en ce soir de bouleversement électoral. Veillais, lectrice, à me rappeler cet amendement à la loi du Blog. Je laissais les néologismes à mes amis québecois dont après tout j'applaudissais le courriel, en somme j'exerçais un parfait arbitraire et m'arrangeais à mon idée. Donc j'étais homme de gauche. Il était inintéressant que je fusse homme de gauche parce que je ne savais pas pourquoi je l'étais. En 2007 un instinct sûr m'avait amené au meeting de M. Bayrou. Me voilà adhérent d'un mouvement politique comme je m'étais marié, comme j'étais devenu père, c'est-à-dire contre tout ce à quoi je me pensais propre. Ce soir, à peine close une élection que François venait de perdre, les premières réactions de deux de nos journalistes chevronnés - ne riiez pas sottement, et n'attendiez de moi aucune sortie contre ce métier  ;  jadis j'aurais pu y mourir soit d'aérophagie, soit d'un  quelconque pays en -stan - prononçaient déjà ce nom de Bayrou en parlant de ce qui nous attendait. Droite et gauche fredonnaient une France de fantaisie et y trouvaient divers intérêts. Fort bien. A vous revoir, Monsieur Bayrou. 
     Quant à l'irruption dans le Blog de l'image, de l'actualité et d'un engagement, lectrice, ne craignais rien. Il en était comme d'une rare gravure dans un livre. Pour montrer aussi à certaines que j'étais cap. Langue d'airain n'était pas langue de bois.

dimanche 3 juin 2012

DUNES D'HIER DUNES D'AUJOURD'HUI IV (2)



AUGURE




Sept pas après le puits
après le souvenir d'un puits
sept pas après l'empreinte
de mes sept pas
 il y avait encore des oiseaux

et, virgule, je naquis

lundi 28 mai 2012

DUNES D'HIER DUNES D'AUJOURD'HUI IV

   

   AUGURE   

                                                     pour Kathy




Loin et tard
 - il y avait encore des oiseaux -
 je m'arrêtai
je fis signe au ciel

 pour agrandir
  quoi ?





 


dimanche 13 mai 2012

DUNES D'HIER DUNES D'AUJOURD'HUI III





AVEUGLE


Le ciel peu de doigts me restent
Quelques souvenirs dans les mots
Quelques papillons pliés et noyés

Est-ce que la nuit est semée d'endroits
Est-ce que les arbres sont arrivés les derniers

Dis-moi que tu me ressembles
Que tu vas souriant - approche-toi
     De mes mains, du brasier, du possible  


samedi 5 mai 2012

DUNES D'HIER DUNES D'AUJOURD'HUI II


Et puis des jours et des jours.
Le timide aussi vit de la tête aux pieds
Une averse simulant les sanglots

Partout ailleurs qu'au cœur
Le rire rôde, les grosses épaules de l'oubli
Jouent - inutilement -
       les inutiles
     

mardi 1 mai 2012

DUNES D'HIER DUNES D'AUJOURD'HUI




LINGUA IPSA                          pour Jacques-Yves Gucia




Brise de sapins de mer froissée au cou des biches
Questions à une enfant dans le vent et cetera
Alen prépare-toi tes poèmes mourront 


Un jour l'un des mots, de tes mots 
Te laissera murmurer les autres
Et s'arrêtera 
     - pour rêver



 
 

dimanche 15 avril 2012

DICTA VI

La chaise, c'est le début de l'égoïsme.


                                      (anonyme, rapporté par Dominique Autié)

vendredi 13 avril 2012

SENTENTIA VIII

Il était tragique d'avoir grandi extrêmement timide dans un siècle osé, et de vieillir osé dans un siècle timide. 

Mais pour tempérer ce propos de french baby-boomer, j'avais échappé aux guerres. Et même au service militaire.

C'était justement ça, les deux, qui ne pouvait que propulser mes deux enfants vers un avenir dont je n'étais plus comptable.

mercredi 11 avril 2012

DES OISEAUX SUR MA LANGUE / AVES IN LINGUA MEA

           


           Avec le printemps
           Les oiseaux se posent
           Sur ma Langue







Le poème avait pour instrument lui-même. Pour outil ce qu'il entendait instituer et détruire : mot, bavardage. Un mot unique était déjà un bavardage, un mot unique était encore Dieu. Ou les dieux. Ou les deux. Cerise était fraise pour peu qu'on ne vît pas assez la cerise dans la cerise. Il existait des mots pour dire qu'on ne disait pas, pour voir qu'on ne voyait pas, pour être distrait : " Bestiole " valait pour le chat qui se lovait contre moi depuis vingt ans et pour l'anonyme abeille qui passait sous mon nez allant se faire vivre et faire vivre la glycine.  " Piaf " était bon pour le passereau de mon enfance et pour celui d'aujourd'hui qui n'étaient pas les mêmes : il se trouvait que le monde des oiseaux était volatile. La Tourterelle Turque arriva chez moi un jour de mon enfance. Je n'avais jamais vu ni entendu pareille créature. Peu avant mon arrivée sur Terre, avait-elle franchi le pays de Bade, l'Alsace ? Elle avançait chaque année d'un certain nombre de kilomètres. La surprise passée, j'avais vieilli, elle était plus à l'ouest, dans  le Mantois ou le Perche. La poésie avait pour instrument ce qu'elle entendait répéter, inventer, détruire. Ce n'était pas le moindre des paradoxes puisque, venant aux mots - au bavardage - on tombait dans les bras de l'ennemi. Le poète manquait de luthiers, de cimaises, de mines d'ocre, du bleu de Chartres. La poésie s'empêtrait dans son instrument, la langue. Mais quelle langue ? Montaigne qui peut-être le mieux comprit que deux continents allaient s'épouser, Montaigne écrivant, Montaigne voyageant, Montaigne, honnête passant du monde qui se penchait sur l'ouest comme la Tourterelle, était certain que nul ne comprendrait, cinquante ans (cinquante ans) après sa mort, ne füt-ce que la célèbre adresse liminaire au lecteur qu'il plaça devant ses livres travaillés et retravaillés. Il ne soupçonnait pas le carcan de règles du siècle classique qui faisait qu'aujourd'hui nous parlions une langue, sinon morte, au moins statufiée  ; moins évolutive et moins souple assurément que d'autres. Qu'en faire ? Beethoven, à l'inverse de Montaigne, se persuadait qu'on ne comprendrait que plus tard ses derniers quatuors. Les fresques de la Chapelle Sixtine, à peine restaurées et à peine clos le débat qui eut lieu à ce sujet, se retrouvaient menacées. Le peintre qui vendait ne revoyait pas son tableau, et à l'inverse encore, l'agonie de César Franck avait consisté en une fugue atroce qui se développait dans sa tête à n'en plus finir, son chef d'œuvre peut-être qu'il emporta avec lui. Qu'en faire ? De ma langue française, de cette statue assez guindée dans son maintien, de cette langue des plus parlées et des plus mortes  ?  Qu'en faire ? Pour le poète et pour le poème, pour ce qui comptait bien détruire le mot, détruire le bavardage, pour ce qui comptait faire quelque chose avec cela puisque cela était ? Produire la nourriture de la Bête Immonde POUR cesser de nourrir la Bête Immonde. Qu'en faire ou qu'enfer ?

Le poète, nu contre la langue nue, la dénudait encore. Jusqu'à l'écorcher peut-être comme la langue l'écorchait. Si le poète n'était pas nu, la langue ne se dévêtait pas. Et l'inverse valait. Une fois la langue nue, il la dénudait, encore et encore, et ils se regardaient se dévêtir. Ainsi qu'on dénudait l'être aimé : on n'attentait qu'à ses vêtements. Oh certains s'attardaient à cet attentat : peu importait car l'autre aussitôt embrassait ce rituel. Nous étions deux : un poète et une langue. Assez pour faire l'amour. Que nous fussions osés ou embarrassés. Le poète, nu devant la langue nue, la dénudait encore. Pour attenter  à ses vêtements c'est-à-dire pour la rendre à elle-même. En un rite. Qui avait été, était, serait, toujours, sacré.

Le poème, français ou autre cette fois, ne pouvait être que seigneur et soigneur des mots les plus simples, les plus usés, les plus fatigués par leur usage profane, usage étourdi par nature. Mais de nos jours, sacré ou profane, l'usage des mots avait été violé par des médias qui avaient eux-mêmes violé des technologies qui émanaient de gens qui se violaient eux-mêmes. Ce qui était étourdi était devenu étourdissant. Le poème comptait s'ôter, ôter au mot et au monde  le vernis de vulgarité qui barre la route vers le " vrai nom ",  le " vrai lieu ", dirait Yves Bonnefoy, des choses et des êtres. Seigneur des mots, soigneur de mots, le poète usait pour ce faire d'une " médecine de cheval " : j'avais utilisé plus haut le terme " d'écorcher ". Il y avait des heurts, des surprises, des explosions dans le poème, qui jouxtaient des retours, des mélopées, des douceurs. Le sens se faisait du bien, apparaissait, disparaissait comme une sirène. Se dépliait aussi et se démultipliait pour une lecture qui ne fût pas assénée mais qui fût aventure. 

Lorsque je prenais l'imparfait comme temps de base, c'était que je quittais la poésie pour couper court à l'aventure et donner un sens univoque. Pour reprendre le thème du soigneur, disions qu'à l'imparfait je conférais avec infirmières ou médecins au poste de soins, me lavant les mains. Quand je repassais au présent je visitais le malade. Je voyais bien ce que ce dispositif pouvait montrer d'artifice, de maniéré. Mais j'en reparlerais car je quittais ici  mon propos. En tout cas ce qui permettait aux deux instances de se croiser était le Blog.  





DICTA V : du Blog.

(…) C'est reconnaître aussi qu'il n'est guère pour le livre de matérialité intégrale. Toute définition du livre est ravagée par le vent spirituel.

                   Salah Stétié,  Si respirer