mercredi 25 juillet 2012

AROBASE POUR STEFFI

                                                                                                Pour Steffi mais grave, pas Graf.                                            


JE SUIS NOIRE MAIS JE SUIS BELLE,
FILLES DE JÉRUSALEM. 

Nigra sum sed formosa filiae Jerusalem.

Oui c'était joli aussi en latin surtout décliné par Monteverdi et Philippe Herreweghe, notamment à mon avis.

J'AI LAVÉ MES PIEDS, JE VAIS LES SALIR. 

Que faisais-tu aussi, t'en souciais-tu même quand tu tapais une arobase ?


JE VOUS PRIE FILLES DE JÉRUSALEM
SI VOUS TROUVEZ MON AMOUR QU'ALLEZ- VOUS LUI DIRE ?

Il existait un mot latin, savais-tu, qui indiquait "vers", "à destination de". Car on ne parlait ni n'écrivait sans destination.

J'AI ENLEVÉ MA TUNIQUE
COMMENT VAIS-JE LA REMETTRE ? 

Ce mot se disait et s'écrivait "ad". Il était devenu "a" en français.

IL VA DROIT MON AMOUR
GLISSANT
SUR LES LÈVRES DES ENDORMIS

Or il fallait séparer "il a" de "à toi", tu comprenais? 

QUI EST
CELLE QUI MONTE DU DÉSERT
APPUYÉE
SUR SON AMOUR ?

Alors des moines avaient écrit une petite flèche - j'avais la paresse de la reproduire ici - sur le "a" qui voulait dire : à toi, vers toi.

OU EST ALLÉ TON AMOUR  ?
TOI LA PLUS BELLE
DE TOUTES LES FEMMES
OU SE DIRIGE TON AMOUR ?
ALLEZ
NOUS IRONS LE CHERCHER
AVEC TOI

Et comme les moines avaient beaucoup de temps et comme les livres en ce temps-là étaient précieux et beaux, la petite flèche devint mieux qu'une petite flèche. Un début de spirale infinie, comme si l'alpha voulait rejoindre l'oméga.

SES YEUX PRESQUE DES COLOMBES
PRÈS DES TORRENTS D'EAU

Mais, plus tard, il y eut l'art d'imprimer. Bien des signes disparurent car il ne fallait pas trop de caractères mobiles. De plus, chacun en Europe voulait abandonner le latin et fixer sa langue. 

MOI JE ME LÈVE POUR OUVRIR À MON AMOUR

LA MYRRHE COULE DE MES MAINS
LA MYRRHE DE MES DOIGTS SUR LA SERRURE

J'OUVRE À MON AMOUR

MAIS MON AMOUR A FAIT DEMI-TOUR
IL EST PARTI

TOUT MOI EST SORTI À SES MOTS

Ni les savants ni le roi n'avaient envie de rire. Ils étaient même très sérieux. Alors ils décidèrent que la flèche amoureuse que je t'envoyais s'appellerait un accent (dans une langue qui avait peu d'accent !). Et même un accent très grave.

TOURNE-TOI
MON AMOUR

AVANT LE SOUFFLE DU MATIN
AVANT LA FUITE DES OMBRES

ALLEZ DEVIENS UN CERF
UN PETIT CHEVREUIL

AU-DESSUS DES MONTAGNES "SÉPARATION"

C'était ainsi que, sans même le savoir pour beaucoup d'entre nous, nous tapions sur nos ordis ce "a", orné de la flèche immense qui sortait tout droit de nos cœurs, juste pour aller vers un serveur, ce joli signe monastique : @.

Nigra sum sed formosa filiae Jerusalem.

JE SUIS NOIRE MAIS JE SUIS BELLE, FILLES DE JÉRUSALEM.




Note. Les extraits du Cantique des Cantiques sont dans la traduction de Michel Berdier, Bayard 2001 pour la première édition.
 




 





  

lundi 23 juillet 2012

SENTENTIA X

Savais-tu aussi ? Pour avoir vraiment peur il fallait beaucoup, beaucoup de courage.

Et les poèmes ? Ils viendraient. 
Bien sûr, ils viendraient.

SENTENTIA IX

Etre fou ? Mais tu n'y pensais pas. Déjà on avait tout juste le temps d'être sage. Fou vraiment ? Eh bien si c'était toi qui m'emmenais là-bas

Comment ça, binaire ? Un logiciel, moi ? Non non et peut-être même Inuit : un deux trois beaucoup.

dimanche 22 juillet 2012

MUTTERSPRACHE

Wussten Sie das ? Ich hatte ein Vaterland et une mère patrie ha Breizh. Nein, natôurlich, Sie konnten es nicht wissen. Ich mächte ja sicher, hier, viele Fehler. Dieser kleiner Brief um Ihnen zu sagen, dass wir beide und mit England in der Vergangenheit so dumm waren, dass heute die Erde, ja die Erde und non "la planète", vielleicht sterbend war. Wussten Sie, wussten Sie, es war für mich nützlich, heute auf dieser Sprache einige Wörter zu schreiben, und ohne die kleinste… dictionnaire dictionnary enfin bref.

samedi 21 juillet 2012

SENTENTIA VIII si je ne me trompais pas

Je propose qu'on hésite.






Note.
En substance et pour être honnête, le propos était à moitié de ma maman. Enfin je
ne décidais pas sur ce coup-là. Parce que la sainte femme (louée fût-elle et le Prophète aussi mais l'un et l'autre ne trouvaient que peu ou trop de locataires) eût été en peine de proposer quoi que ce fût, même d'hésiter, pendant le temps de vivre et d'hésiter qui lui avait été donné. Car pour "proposer"sans hésitation il fallait encore attendre l'attaque du premier lombric ou la première léchouille de flamme, et - tant qu'à vivre - je me demandais là aussi que choisir,. Qu'opter, quoi. Voilà pour le jour d'hui. Ou pour la nuit perpétuelle. D'accord, un mot était de trop après  "nuit".  Fussions prudents, dormions ! Hésitions, quoi !

Note suivante. 
A l'heure où nous mettions sous presse et en série, non en Syrie, beaucoup hésitaient et n'étaient guère en situation de proposer, ce qui infirmait la proposition sus-écrite.

dimanche 1 juillet 2012

MERCI

     Pourquoi merci ? Parce que je vous le devais enfin ! 
    Trois ans que je parlais à l'imparfait,  un peu en latin, un peu dans un français daté, un peu (surtout) dans des poèmes.

     Oui il fallait vous remercier un jour de me lire depuis les lieux les plus insolites, statistiques à l'appui : en France (même en France) en Argentine, jusque chez les Mahométans. Chaque jour je regardais sur la planisphère quel nouveau pays j'avais conquis - j'étais assez féru des jeux de stratégie où l'on conquiert le monde : Blogger n'eût jamais dû me fournir pareille carte et l'actualiser jour après jour, tant j'étais joueur.
     D'ailleurs toi, là, en Estonie, ne m'avais-tu pas été infidèle la semaine dernière ? Gaffe à mes drones !
    
    L'agacement était de mode. Le sérieux ? Aucun effet. La provocation ? Non plus.
    Vraiment, plus j'allais, plus je pensais que la provocation s'était faite convention.
     Et le sérieux ? Eh bien il l'était resté.
     Donc le risque d'être agaçant. Sans méchanceté.
     Un agaceur n'est pas méchant.
    
      Une envie terrible de temps.

     Oh oui de temps. C'était que comme vous on m'en privait, de cette catégorie kantienne, de cette quatrième dimension, en ce monde affolé à la moindre "3D" quand ladite "3D" n'était, somme toute, que la vision binoculaire conférée au lémurien né juste après les dinosaures pour que cet inoffensif mammifère pût enfin distinguer une branche d'un fruit.
     Ouais. Vraiment envie de temps.
    
     Ce n'était pas le moment, si l'on en croyait les prédictions des Hommes pour les Hommes dans les quelques mois à venir.
    
     Et c'était bien - pour ces raisons entre autres - qu'il fallait armer ce qui dans nos vies, et présentement dans nos façons d'écrire, ce qui entretenait la souplesse d'être, et d'y continuer.

    (Exemple typique de clarté et de simplicité : "d'y continuer" veut dire "continuer à être" - on vous assure que la langue simple est aussi facile, de plus intéressante musicalement)

     Je disais tout cela car je n'avais pas eu un seul de vos commentaires à censurer, quoique vous fussiez suffisamment nombreux. Je tenais à vous en remercier.

      Je ne voulais pas croire que vous étiez indifférents. Donc je me flattais que vous aviez compris ceci : la langue utilisée en italiques n'avait en fait rien d'emprunté et ne se développait que parce que sans elle, quand j'y pensais, les choses que je disais, je ne les eusse jamais dites.
    
     Je vous priais à cette occasion de me pardonner mon irrégularité. Je ne tenais pas le Blog. Ainsi d'ailleurs que je tenais fort peu de choses et ne m'en vantais pas du tout, croyiez-moi.

      Je venais à vous parfois, ainsi, et c'était tout. Un petit rêve.

      Pour finir je recommandais à tous Kwarkito que je ne connaissais pas autrement que par son Blog. Perfection en mots, en images, en régularité  : il disait mieux que moi une sensibilité qui me semblait souvent à nous deux commune.

      Pour preuve je citerais deux minces nuages qu'il avait, un jour, et dans un ciel, photographiés, quand je ne les avais que vus.