lundi 29 octobre 2012

UN POEME BIEN TOUT SEUL

                               
               Pour… eh bien pour Valérie, forcément.



 
L'enfance on est seulement soi, et pluie ou fille c'est des barreaux dans l'automne, 

On a des pleurs on a une cabane de genoux on a tous ces cheveux mal caressés,


Une tête trop légère ou trop bleue une tête c'est peut-être la mer  en trop moins infinie.


Et vieillesse est vieillesse avec genoux sans la cabane avec l'enfance avec,


et puis des tas d'automnes, de choses drôles, de choses, quoi.


On a des pleurs. Et pluie ou fille, c'est des barreaux dans l'automne.
  

mercredi 24 octobre 2012

DICTA VIII

"Et après ?
- quoi écrire maintenant ? pourriez vous encore écrire quelque chose ?
- on écrit avec son désir, et je n'en finis pas de désirer"
                                                              inconnu, cité par kwarkito          

lundi 22 octobre 2012

MIROIR VII



ni personne n'a de nom (voyez le stégosaure)


*

un petit tour dans la belle, la belle ? un petit tour dans une autre ?
vous verrez la femme-nom, le singe-singe,
vous verrez le nom monstre
 - vous verrez le sans-nom (le triste


je respire je regarde (j'irrespire je regarde) je









vendredi 19 octobre 2012

TITRE : TITRE III

J 'avais réfléchi que Miroir  avait son histoire. Enfant, comme bien d'autres de ma génération, j'avais rêvé de conquête spatiale (j'ignorais les enjeux de la Guerre Froide : l'humanité attendait la lune comme l'empereur Caligula, quel que fût celui qui y arrivât le premier, tout à fait comme dans l'Etoile Mystérieuse d'Hergé (plus que dans On a marché sur la lune, peut-être). Eh bien j'avais été déçu ensuite.  La soif de lointain s'était vite transformé en manière de nous miroiter, de nous faire regarder ceci ou cela de nous. La moindre photographie du sol de Titan - au moins, on s'éloignait un peu - m'était un réconfort, ce qui me rapprochait de Stalker dont je m'éloignais par ailleurs comme de la peste.  J'avais promis à Jehoël que je lui répondrais, soit ici, soit confidentiellement. Que ce fût ici. Je tenais - et j'en riais presque, sauf votre respect à tous - à préciser une chose une fois pour toutes. Je n'étais ni dépressif ni suicidaire. En revanche ma vie avait été ponctuée de crises de panique et j'avais cru mourir mille et mille fois, et qui pis est, à déranger les autres en mourant, ce qui ne faisait qu'augmenter ces crises. Donc je ne tenais qu'à une chose, à vivre. Ce que je donne comme poésie résulte en partie de là. Après cet aspect autobiographique, je dirais que la langue me posait question. J'avais en abomination son ronron, surtout depuis qu'il était entretenu par les médias au service des gens d'argent. Comment faire avec elle ? J'avais trouvé  deux solutions qui consistaient, soi à enlever toute la graisse et rendre la langue à l'âme (Miroir),  soit à l'épouser et à la convaincre qu'elle était elle-même, en la rendant (pour la mienne, le français) sous un aspect qui la mettait en beauté (textes en italiques). Mon instinct créateur penchait vers la première solution. Alors je livrais les deux. Pour continuer, si j'appréciais Kwarkito par exemple, c'est à bien y réfléchir que je n'y trouvais pas la moindre once d'humour, de dérision. Je l'admirais car je cédais moi-même facilement au bon mot, à la parisienne, à la nécessité des radios pour se faire écouter, des journaux pour se faire lire : pas un titre qui ne fût un jeu de mots. C'était à l'inverse de ce qu'il fallait faire, c'était la fuite, la dérobade. Pourquoi riais-je encore, moi qui aimais tant la Terre, quand 80% des espèces animales et végétales étaient menacées immédiatement et quand j'entendais "l'humour" justement des commentateurs du portail Orange ?  Nous n'étions pas à l'heure de l'humour, nous étions à celle de l'indignation.


mardi 16 octobre 2012

PETIT MESSAGE

Pour vous dire que j'avais retravaillé Miroir V en ligne, ce qui avait eu des précédents, et qui comportait une contradiction pour quelqu'un qui avait tellement le souci du définitif, sinon du parfait, qu'il ne s'était pas battu pour éditer. Sans parler du ridicule toujours menaçant - mais cela n'était pas en jeu car je connaissais plus d'un bon garçon ou d'une bonne fille qui s'était mordu les doigts pour avoir édité. Je n'avais pas pour l'instant  résolu le mystère, la contradiction dont je vous entretenais. Ici je me sentais bien. Le Blog serait-il un jeu dangereux (ou sain) entre l'instinct de l'immédiat et le souci éditorial qui, du livre, s'était étendu à d'autres formes d'art à l'âge de l'imprimerie ? Depuis la révolution informatique, nous écrivions-parlions (entre autres); que faisions-nous ? Etait-ce nouveau ou non ? Manquait-il un verbe à ces nouvelles façons ? Pardon car je savais la question banale et déjà bien rebattue. A bientôt. Très grand merci à vous, au passage, de lire Alen Leoz quand il y avait tant d'autres nécessités ou sollicitations.

lundi 15 octobre 2012

MIROIR V




vous savez mes yeux sont tellement différents de mes yeux vous savez derrière l'âme il y a l'âme (et puis encore l'âme alors vous savez)

*

appelons épaules les pinces à cœur (à gauche à droite du nom)
nommées, oiseau par oiseau perché,
"linge nu", "pose de la durée de soi" etc.
tu les hausses tout s'envole, et le temps (et le reste
 

*

et, prenant des doigts au froid, appelons "doigts" ce

jeudi 11 octobre 2012

MIROIR IV



l'oiseau perché (sur l'épaule la moins molle) sur le poing le plus pur (ne te trompe ni d'épaule
 

ni d'épaule) essaie d'entrer par où tu peux dans le (nom) visage
 
*
 
(non-) vent (non-) caresse (non-) déchirure de la joue de
 

*
 
 
(lois) le miroir à vampire est rectangle, celui à reine cruelle est ovale,

celui du prisonnier peinture de maître

(les yeux y sont enfin des yeux)
 






 
 



jeudi 4 octobre 2012

MIROIR III




je ne te savais pas un visage toi qui me dévorais des yeux je questionnais d'immenses mains ouvertes qui n'étaient à personne que j'appelais le vent par exemple que je remplissais d'oiseaux qui revenaient les manger
 
je ne te savais pas un visage toi toi



*
 

les  yeux à la limite d'être le nom donné aux yeux (préliminaires au contact avec le nom de
 


 
 
parmi l'air la brûlure a terminé un visage
 
ce visage longtemps (dit-on) interrogea l'air brûlé



 
 

 


 





 


lundi 1 octobre 2012

MIROIR II

 pour Kwarkito


Les tonnes d'absents les oiseaux qui se posent, un par un
 
sur l'épaule de l'épouvante
 
appelons-les oui l'automne
 
(les os légers sur la radio de mes os) 
 
 
 *
 

l'interprète du miroir disait " celle qui parle là glacée (oui celle qui parle là glacée) "
 
est celle qui chantonne " un peu de vent est un livre"
 
elle chantonne donc elle va - elle est glacée : elle n'a pas encore froid
 
 



Non mettez-vous main dans la main, vous et l'immatériel,

souriez voilà. Voilà une photo redevenue (miroir)