dimanche 23 décembre 2012

JOYEUX NOEL

NEIGE EN NOVEMBRE, NOEL EN DECEMBRE.
(Proverbe du Hurepoix).

A vous qui teniez ce petit fil, je souhaitais une heureuse fête de la Nativité. Je ne pouvais vous offrir que quelques imparfaits du subjonctif, manie bien innocente, pour moi les plus délicieux chocolats. Allions-y, j'avais très peu de minutes à moi. Voyions, ton épique, bon, voilà. Qu'Isis serrât bien fort son Horus, que Marie fît de même, que les mal nourris de toute nourriture se goinfrassent de lumière renaissante. Qu'aux terriers la couleuvre entourât le lérot pour la trêve hivernale. Que les bourses se tussent. Que les mauvivants se corrigeassent. Que les solitaires le fussent. Que fêtards et queutards festoyassent et fourrassent. Que Corydon eût Corydon et Sapho Sapho. Que les enfants prissent soin de faire don des jouets mal venus sur les sites idoines qui existaient. Qu'on ne rompît que modérément l'obscurité réclamée par une partie de la Terre. Que les suicidants y parvinssent ou trouvassent, pourquoi pas ici, la joie d'y renoncer. Que les vieillards déglutissent correctement leur marron glacé. Qu'à la fin des Saturnales les esclaves devenus leurs maîtres le restassent. Et même si le personnage faisait ronchonner Alen depuis sa tendre enfance (j'avais peur de lui), que le Père Noël descendît, s'il osait.

Joyeux Noël à tous. 

   

mardi 18 décembre 2012

LA VEILLE *

Le bavardage, le bruissement humain, je ne voulais plus les entendre. La mort d'un éléphant me touchait davantage. L'actualité, les horreurs du jour ? Lire le journal de la veille avec les horreurs de la veille que la civilisation de l'immédiat avait aussitôt oubliées m'était toujours plus instructif.  Demain la mort de quelqu'un ferait oublier les enfants morts de Newtown. L'éclatement d'une guerre en ferait oublier une autre qui continuerait. Mais la mémoire morte n'existait pas plus que le devoir de mémoire. Mémoire en veille, plutôt. Il fallait juste supporter la journée et, qui plus est, toujours inutilement courir derrière les cerveaux artificiels que nous n'avions pas hélas créés pour les domestiquer. Oui, chez tous, tout restait, tout s'entassait. Une dangereuse, celle-là, la mémoire en veille. C'est-à-dire qu'en fait on s'énervait de toutes parts, on se préparait à se battre. Pour quelle guerre ? Celle " de tous contre tous " de l'Apocalypse de Jean ? Moi, alors, j'essaierais de me cacher sous la table comme chaque fois que les conversations tournaient aux polémiques. C'était ainsi qu'en attendant, je ralentissais ma langue autant que possible pour la rendre à ma main, ma main pour la rendre à ma pensée, ma pensée pour la rendre à ma langue. Cela, contre ce à quoi nous assistions. Je tremblais trop malheureusement, mais si je n'étais exempté, la calligraphie me fût obligatoire. Quelle jolie idée de voir s'y consacrer les journalistes d'une part, les malades de la croissance d'autre part, un petit bout de langue dépassant avec application. On réécouterait une foule d'oiseaux qui restENT là, oubliés.

* Pas question de latin pour ce titre : les doubles sens de notre langue au maigre vocabulaire sont souvent si beaux (sauf pour " homme ").  


lundi 17 décembre 2012

ASSEMBLEE DANS UN PARC, WATTEAU



On dit qu'il n'y a pas eu de vent dans ce pays
Que l'herbe n'a pas eu d'enfance

Il y a pour ombre de la forêt 
L'irrespirable

Pour absence les hardes
Pour silence les ruisseaux des autres mondes

Pour cri l'étouffé
Pour vol l'impensable 

(Imagine l'oiseau 
Que le ciel efface)

Il y a des robes elles se parlent, au choix, D'immatériel ou de pinceaux crasseux

Les dames sont en plus l'existence les imagine

J'aime le chien 
Qui ne vient de personne 
Et ne va à personne







vendredi 7 décembre 2012

mercredi 5 décembre 2012

SAINT-EX, ENFIN GENRE.

- Bonjour Monsieur, c'est ici le désert  ?
- Pour quoi faire ?
- Pour crier.
- Mais c'est un petit désert. Villeneuve machin.
- Alors je ne crierai qu'un petit peu.
- D'accord mais les autres ils ont des étoiles. Ça fait réfléchir avant de crier.
- Des étoiles ! (N.D.LA : faiblesse d'un instant de réflexion) Des étoiles, des étoiles : n'empêche que quand on crie, on crie toujours un peu la même chose.