mardi 3 décembre 2013

DIV KANAOUENN




si tu dors tu mourras
alors le vent chante

paroles pour personne
les mots les meilleurs

il n'y a que des morts
des guetteurs et des vrais





vous parlez de la pluie
qui tombe de ma face ?

où se mordent mes lèvres
où se forment les loups

toutes les eaux sauvages
vous passez par ma bouche


samedi 30 novembre 2013

AUDIENCE



Et le roi est le cul du Trône
Et il en est le cul

Allez dis les mille mots appris
Pas ce seul, non

Le peuple est ta vieille merde
Dis "c'est mon or"

Allez dis les millions
Les mots

"Les abeilles, les abeilles"

Mais vas-y c'est à toi

dimanche 24 novembre 2013

AIMES-TU LE VENT OU LE CONTRAIRE 12/13



Pour Jean-Bernard Huygues.

Les oiseaux les vastes oiseaux
Ceux qui sont leurs propres adieux -
Le bouquin du ciel est fermé.
Eh lève le menton d'une pauvresse:
Son non-regard est ton non-toi.
Tu vas sur le trottoir bouclé ?
Sur la Terre close des satellites ?
L'accordéon pend de ton cœur
Tu n'es que nue sur la terrasse
Nue comme du cinéma
Voici tes mots ils sont tes lèvres





Pour Charlotte Gainsbourg, oui, beaucoup pour elle.

Tu n'es que nue sur la terrasse
Nue comme du cinéma
Voici tes mots ils sont tes lèvres
Ta vie est ton gravier nu-pied
Tue nue encore plus nue que nue
Alors tu descends vers le fleuve
En calmes plis de ta vieillesse
Vent ! O rochers arrachés loin




vendredi 15 novembre 2013

AIMES-TU LE VENT OU LE CONTRAIRE 11



Tu sais soudain ma peau ce n'est
Que pour m'abriter de mon sang
Il va à légers fleuves mortels
Je brûle d'une lune laquelle ?
Sa patte fait la louve louve
Ouvre au vent tu ouvres à une folle
Une absolue qui danse pour toi
Nue - et ceinte de l'ombilic


vendredi 8 novembre 2013

BLOGATION

Juste une parenthèse dans ces pages et dans le temps dont je disposais. " Les mots s'envolent, les écrits restent ", oui. Mais on parlait aussi de feuilles volantes. Tel père tel fils / A père avare, fils prodigue. A notre époque angoissée, anxiogène, mais cynique aussi, je cherchais les moyens du bord : ainsi, oublier les réseaux sociaux, ne pas refaire le monde en cent quarante-deux caractères. Mais sans bouder. Il fallait bien que ces aspects de la Toile existassent, puisqu'ils le pouvaient. Quant au Blog, il était justement le mélange intéressant de ce qui reste et de ce qui vole. Vous saviez que je l'appelais "inactuel" et que je m'y tenais : ceci n'était pas un journal, pas une éphéméride. Une règle, une paresse ? Quelle importance! Parfois quand même une promesse : il y aurait une suite plus sérieuse au texte Deux et trois si rien ne s'y opposait. Mais c'était vrai que j'aimais travailler directement en ligne, quitte à effacer, ajouter, parfois longtemps après le geste d'écrire. Tout comme j'aimais sortir un fond de tiroir vieux de plusieurs années et le présenter. Un peu l'inverse de l'exercice, magique pour moi, de kwarkito - magique non seulement par sa régularité, ses pas solitaires qu'il nous donne, mais pour la coïncidence sans faute de son image et de son texte. Ma cohérence (si elle était) était autre, je ne suivais pas un temps linéaire : par exemple, effaçant sans vergogne un travail fait en ligne, je m'apercevais que j'avais supprimé une dédicace à Fernand Chocapic. Je venais de corriger cette incorrection, mais sur une autre page. A bon entendeur (ah oui, j'oubliais de vous dire que j'avais une sainte horreur des points de suspension sauf dans la BD). J'invitais donc l'ami - non, le lecteur, ce mot contient l'amitié - à lire d'anciennes pages quand il n'en venait pas assez vite de nouvelles. Je penchais sans doute du côté de l'édition plutôt que de celui de l'instant, tout en consacrant l'instant. Ça devenait compliqué, j'arrêtais ici. A bientôt, en temps ("et heure", ajoutait-on pour se rassurer mieux encore). 

dimanche 20 octobre 2013

MANUEL D'ENFANCE


                                                                                                                                                                             




1. Pour moi.


Vous-même, votre soeur naguère, je marche dans la douceur de mon pays. Dans l'enfance des arbres.




2. Pour mon sous-main de Paul Delvaux. Pour Fernand Chocapic.


Dehors, il pleut, elle tient debout par les tresses. Elle coince ses cheveux dans les trains qui s'enfuient.




3. Pour un instant. Enfui bien sûr. Enfui seulement pour moi.


Jardins toujours, la chambre bleue, l'agonie dans les tourelles. Votre serment dans ma gorge écourte ces tourterelles.








J'aurais aimé que Pierre Peuchmaurd ait lu ces choses et les ait trouvées dignes.



vendredi 18 octobre 2013

MARINE LE PEN / LOUP MERCANTOUR / SA FEMME LUI AMENE SON FILS DE QUATRE ANS AU PARLOIR POUR QU'IL PUISSE CONTINUER A LE SODOMISER / FILLON / TONY PARKER CHOISIT LA FRANCE / SONDAGE : LES BLEUS SONT AU MEME NIVEAU QUE LE CHEF DES ARMEES / AL ASSAD RECLAME LE PRIX NOBEL / VICTOR HUGO / POUR LA PETITE MACHIN ON SAIT PAS SI C'EST SA MERE OU UN INCONNU, D'AILLEURS CONNU DES SERVICES DE POLICE / SARKOZY

Non, rien aujourd'hui. Juste pour le référencement. Tout dans le titre donc, pardon, l'article.  Avez-vous remarqué, il devient de plus en plus dur d'accéder à son propre blog. Soit je suis parano, soit je suis vieux, soit je suis en avance. Bien à vous tous, et gaffe quand même. Bon, je ne parle que d'Orange, je suis fatigué. Et control + pour y voir plus clair. A control +, amis.

mercredi 16 octobre 2013

DICTA XX / ALEJANDRA PIZARNIK

à Colo, à kwarkito, auxquels je dois la lecture d'Alejandra Pizarnik




expliquer avec des mots de ce monde
qu'une barque s'est détachée de moi et m'emporte

            

             (L'arbre de Diane, 1962)  


mardi 15 octobre 2013

SENTENTIA XVI

Le poète est celui qui dit : " C'est vous qui avez inventé les mots, et qu'en avez-vous fait ? C'est moi qui me fatigue à les réutiliser. La colère est rentrée ou sortie; ou on prend un air béat et on dit "c'est joli, c'est bien trouvé". Ou "on n'y comprend rien". Mais tout poète, qu'il écrive ou non, reste cette colère, ce feu, ce peu de feu même, s'il vient à vieillir. Ce peu de feu que l'ennemi, en face, utilise aussi. Et qui n'est quand même pas le même feu. Le poète, d'abord, propose la paix absolue; puis accepte la présence de l'ennemi. 

jeudi 10 octobre 2013

AIMES-TU LE VENT OU LE CONTRAIRE 9 / 10

9

Les flûtes les doigts de nos ancêtres
Il fait trop froid chez d'autres gens
C'est ma fille assise à la harpe
Comme un adieu d'un aux multiples
Et les doigts dispersés dans l'être
Oser n'est oser qu'avec peine 
Chez nous le silence est guéri
Empli du poids de sa colombe


10

Acheminé vers le silence
Ecoute j'ai effrayé du vent
Je te vois temps à temps perché
Monsieur l'oiseau de l'oeil
Vous avez peur des cloches ?
De ces choses qui s'imitent
Lourdes demain lourdes d'hier ?
J'aide à être perdu au monde 



mardi 8 octobre 2013

dimanche 6 octobre 2013

DEUX ET TROIS

                                                      pour Philippe Martel


Mesdames, Messieurs, Mes Trans,

L'officielle disparition de Mademoiselle me causant la perte simultanée d'une tante qui pique, d'un délicieux péché et d'une espèce de libellule ; item, le rythme ternaire apparaissant essentiel à mon organisation ainsi qu'aux gnostiques et aux catholiques romains; item, appartenant politiquement au centre dur et entêté plutôt qu'aux gauches et droites molles et gouvernantes; item, le Nombre d'Or réglant la nature entière étant quelque part entre les deux-tiers et la moitié (donc plus près des deux-tiers automatiquement ; mais enfin réfléchissiez) ; item, les petits cochons étant trois; item, étant assez peu carré; item, la Grande Mademoiselle ayant canonné le roi depuis la future Bastille détruite; item, croissance et décroissance étant pour moi des mots d'une égale et insupportable violence commise à l'encontre de la nature humaine car il ne convenait que de prendre le temps d'être sage, de conserver (beau mot) et de changer (beau mot) - contre-exemples d'une navrante et mortifère paresse d'esprit (les dé-, les re-) 

- je décidais donc, car il en était ainsi, Mesdames, Messieurs, Mes Trans, que j'arrêtais ici ce prologue primesautier à une suite toute prête mais qui viendrait à son heure; et me marrais, souhaitant à Madame, Monsieur, M(e) Trans la férocité à condition d'être civilisé, l'humour à condition d'être bon, disponibilité et indisponibilité honnêtement réglées et à des fins utiles, le travail et la détente à égalité et en conjugaison, à condition que l'un comme l'autre nous rendissent plus humains encore, c'est-à-dire dieux, certes un peu handicapés. 

Vive le Blog ! Vive la Connection ! Vive la première partie !










  

lundi 23 septembre 2013

CINQ PREPARATIONS





1. Barque à l'amarre je me suis coulée, reins et exil 

(non je ne me suis pas coulée 

malgré les rames
malgré la marée)



2. L'été, les pétales, et comment vous vous appeliez. Mais j'ai soufflé sur tous ces mondes.



3. L'eau elle fut gardée pendant des siècles. C'est pour ça que les chiens la déchirent au fond de l'âme.




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5. (Sonnet à la manière de qui ?)
           
         

    COURRIER DE DELPHES A CUMES


Toi, ma pauvre Sibylle, et l'île volcanique

Où tu perdis ta voix, et l'enfant d'Eurotas
A la lèvre troublée, la coupe d'hypocras...
Mais qui ne l'eût aimé, cet ange laconique ?

Pour lui je ranimai le souffle du Portique.

Je saisis à mains nues -comme le vieil Atlas-
La Terre des Aïeux. Un songe seul, hélas,
Me permit d'accéder à l'antre prophétique.

Déjà l'Orient blême attarde ses lueurs.

Qui se rendrait encore au festin de Cybèle ?
On rembarque la pierre arrachée à ses ailes.

Est-ce Toi ma Sibylle ou mon prince rêveur ?

En vain ai-je éprouvé, sous le secret d'une yeuse
Et le myrte tremblant, vos épaules soyeuses. 



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(a l'ugolienne e troppo e troppo ed ancora e sempre al tempo)

5. Enfant ! Au moment de la mer, récite par coeur !




  


vendredi 30 août 2013

DOMINIQUE AUTIE / LES ETATS DE LA LUMIERE I



" REGLE 1 - Ne pas traiter le mal comme on le fait, de nos jours et sous nos climats, de l'étranger. Ces cellules monstrueuses, migrantes, qui n'en font qu'à leur tête, elles sont miennes. Je les ai élevées. Elles sont mes filles prodigues. Congédier toute image ordinaire : l'hôte importun, l'intrus, le crabe - que sais-je encore. L'étranger partage ma table depuis la nuit des temps. Quiconque pénètre dans la maison nous confond. Ce n'est pas le moment de rompre nos habitudes de commensaux. "

          Dominique Autié (1949 - 2008), Les états de la lumière (2008, inédit)








vendredi 12 juillet 2013

TROIS PREPARATIONS



Le parc. L'oeil du corbeau est aussi l'autre, et la statue faite pour s'écrouler est écroulée, maintenant ses deux côtés sont son visage, non? Alors dans l'oeil humain il y a un cerveau crevé.

  
La rivière j'y ai noyé l'eau. Puis mon coeur. Puis le creux de mes mains qui noyait ces choses.


Et Carole aux mains folles c'était quel automne? Un bout d'air plus personne c'est ici qu'est Carole mais

dans quel vent l'enfoncer son cou perdu? Pour le double d'une promenade (pour l'infini d'une promenade)


lundi 8 juillet 2013

AIMES-TU LE VENT OU LE CONTRAIRE 7, 8



7

Cette nuit mon amour il fait nuit
Pleines sont les lunes et les louves
Tes cils ne te brûlent qu'avec peine
Je pèse tes doigts qui disparaissent
Il y a bien la cloche du lointain
Alors pourquoi cet orgue près de toi
Pourquoi ce hibou de paupières
Le convoi tourne où tourne le convoi



8

Ceux qui ont de leur corps la lampe

Explorent avec sang le linge
Empilé au pied de la tragédie
Il faut la ville il faut la place du centre
Avec la durée nue des mendiants
Pour que toute nuit se consume
Pour que tout invisible brûle
Voisine, nous saluer est rosée




        




dimanche 16 juin 2013

PROVERBE DU HUREPOIX II

Pour Mme de, de, de... (enfin on l'a oubliée, celle qui prétendit qu'on se moquait d'elle pour la première fois de sa vie - la pauvre, en tout cas ce n'était pas la dernière et surtout pas depuis sa mort) et quand même pour M. Ravel qui à l'occasion fut traité de "sale Juif " (pour mémoire M. Ravel était mi-basque mi-suisse, mais les choses n'étaient pas encore achevées, donc ça se faisait de dire ça),

ce Blog célèbrait les 100 ans de la " bataille du Sacre "... 

Quant à Stravinski, l'auteur, alliez donc savoir d'où il venait. On ne savait jamais s'il fallait mettre "i" ou "y".

Ah oui, le proverbe... C'était que dans le Hurepoix, nous étions gens sages. Je vous le citais donc :

CREVé POUR CREVé, SOYONS CELEBRE AVANT.

samedi 15 juin 2013

SUPPLICATIONES NOMINI FRANCOIS CHENG



Chemin creusé par les mains,
Chemin creusé par les pieds.
Chemin de vie qui serpente
Des entrailles jusqu'à la crête,
Où un cheval, muet, s'attarde,
Humant les nuages, puis aborde

L'autre versant de la montagne.


(François Cheng, Cantos toscans, éd. Gallimard)

dimanche 9 juin 2013

DICTA XIX

"Je suis monothéiste car je crois en moi. "

(Hermione, douze ans, avec son autorisation)

vendredi 7 juin 2013

ONDINES (NON) / ONDINE / RAVEL / SAMSON FRANCOIS


Vous avais-je jamais parlé de musique ?


C'est que la musique c'était comme le cinéma : d'un film sortaient bavards consensuels ou polémiquant, un réveillé qui avait dormi, un sensible resté dans le film, en larmes, fuyant toute conversation, un spécialiste critique se rapportant à d'autres films. Et puis celui qui était venu pour un acteur. Pour un réalisateur. Celui qui répétait la critique d'un journal. Celui qui avait dit oui (ou non) dès la première séquence, voire le générique, et qu'une première minute avait conditionné pour deux heures ; mais qui se ferait autant avoir, pour la prochaine fois, par une bande-annonce : celui-là, le gourmand, était d'avance dans une autre séance.  


Eh bien je vous reparlerais de musique avec toutes  précautions requises. Elle était la moitié de ma vie et le meilleur de mes traitements. La pendule dans l'oeuvre d'art, digne sujet de réflexion, non ? Disiez-moi, n'hésitiez pas. Suggère, lecteur. Sinon blog n'est que plastron ridicule ou journal perdu.


Quoi qu'il en fût le journal perdu resterait, c'est-à-dire serait perdu. Attente béante d'être trouvé, déchiffré, lu. Manuscrit trouvé dans une bouteille.

(Désolé les fillemen, jour masculin ; loi du Blog était la loi : l'alternance - euh la vraie. J'étais avec vous surtout chez vos soeurs, pas seulement musulmanes (trop fado) mais calabraises, chinoises, japonaises etc.) En France il y avait un débat mal situé. Droite et gauche, par exemple, ça me faisait baîller. D'ailleurs je m'endormais. A plus tard les gars. A demain les filles. En tout cas à jusqu'à ce qu'on soit moins con(nes.) Non, mon problème qui est celui de nos enfants, vous le connaissiez :
ALUMINIUM   et spiritualité.
       LE LOUP ET L'HOMME ou ni l'un ni l'autre.


       LA MUSIQUE ensemble ou aux écouteurs-pilules. 

     

Je ne vous  indiquais pas les dates de ces intéressants débats. Qui n'auraient jamais lieu avant la sanction de la réalité. Je m'adressais aux quelques courageux d'avance et aux désespérés doués.

Mais, oui, nous nous reparlerions de musique ; en tout cas voilà qui me plaisait.



       


   
           


         

         

       





         

mercredi 5 juin 2013

AUGURE / ZAGORA


à la mémoire de Jean-Pierre Giusto








Peut-être au centre du désert
Du côté d'un point pur
Je m'appuierai, pauvre nom,
Et tout cédera, tout

Mes pas sont sandales de sable 
Et chacun d'eux est Dieu





vendredi 24 mai 2013

AU PARC DE SCEAUX

On en mourait on en mourait d'être une fille, d'aller lentement le long de l'autre.

L'oiseau ? Mais tu n'es plus on s'est tous souvenus,
 
Plus besoin de rien au ciel.

L'arbre semblait depuis cent ans, il semblait

(Tout arbre est chose mi-vivante qui semble.)

Aller sans les allées ? Sinon tu étais toi, vraiment.

Et aller avec les allées ? Oui  toi le silence :  je te souris.  

mercredi 8 mai 2013

DICTA XVIII / SUPPLICATIONES NOMINI JULIEN GRACQ

" Il sentait battre en lui une petite vague inerte et désespérée qui était comme le bord des larmes. " 


 Julien Gracq, Un balcon en forêt, éd. José Corti, p. 32

mardi 7 mai 2013

APIS MELLIFICA

Oh, j'écrivais, oui. Et je m'attaquais à un roman, ce que la poésie n'appréciait guère. Mais vous ne pouviez pas imaginer à quel point "la plume me tombait des mains" quand je ne voyais pas une abeille dans mon minuscule jardin où la lavande les accueillait depuis dix ans. Pourtant, veniez acheter ici ce qui restait de miel : ce n'était pas une zone de culture, vous risquiez moins l'empoisonnement qu'avec le "millefleurs" de Beauce. Inexorable surmortalité des abeilles aux Etats-Unis, venais-je de lire dans le Monde sur la Toile. Et c'était quoi ? Un entrefilet dans le bavardage mondial. Il n'y avait aucune crise économique, aucune. Aucun lien entre croissance et emploi, aucun. Aucun besoin de croissance d'un pour cent par rapport à UNE année précédente : intenable système exponentiel. Aucun intérêt à fabriquer des portables en programmant leur mort. Maudite fût la croissance, à part celle des enfants. Bénie fût la durée. Quant à mes enfants, horreur tenace face à l'idée que notre fosse pût être commune. Plus un passereau ici, non plus, près d'une forêt de banlieue parisienne. Seulement ces stupides perruches échappées d'une soute à Orly, voici quelques années, et solidement implantées, qui continuaient obstinément à faire tomber les cerises sans pouvoir les attraper de leur bec recourbé : comme un de ces supplices dans les Enfers de la Grèce ancienne. Certains d'entre nous savaient maintenant ce qui se passait dans le lobe frontal de l'humanité. Parfait. Mais ces perruches ! Je vous renvoyais ici à mon tout premier post.

mercredi 24 avril 2013

pour celle (2)

Pour vous dire que je travaillais parfois en ligne. Ainsi le poème précédent avait déjà changé et je le trouvais meilleur - j'avais trop fait de théâtre et de musique pour savoir que sans le point de vue de l'autre, il fallait demeurer dans l'insécurité, ce qui était un prix à payer et aussi un des aspects intéressants du blog (car les autres blogs, soyons clair) étaient ceux des cinglés. Court aussi, je vous le concédais. Mais à vous dire tout ce que je pensais en sus, vous n'auriez pas lu, pas vraiment réfléchi, pas vraiment ressenti . Et moi, écrit à la hâte, pas tâché de transmettre ou pire, avoir cru le faire. Dehors, dehors ceux de nous qui pouvions. Enfin du soleil sur Paris et pardon à Ushuaïa ! Pardon aux austraux, chacun son tour : on avait les églises romanes, vous aviez les forêts primaires.

lundi 22 avril 2013

POUR CELLE. (Au parc ; décisif et imaginaire).

Un peuplier est devant toi, il chante.

Tu dors avec tant de violence...

De minces nuages nous oublient, 

Je te regarde, je te regarde depuis toujours.

mardi 16 avril 2013

PLACE PUBLIQUE / DE FORO

Entre autres imprudences, j'avais commis celle de quitter mon confortable vieux Blogger pour les nouveautés, gogol chrome et tout ça, les cercles de tout poil, moi qui me réconfortais à quitter le bruit du monde pour ma petite tourelle. C'était si peu conforme à mon projet initial : être à la fois sur la Toile et déconnecté. Navrante contradiction ! Et je ne nourrissais pas la moindre rancoeur, je serais heureux de circonvenir les empêcheurs de mondialiser en rond à Alep, Téhéran ou Lhassa. Je n'avais toujours ni format ni taille, sans doute ma première punition. Oh, sûrement une manoeuvre simplissime à faire... mais parmi mille autres. J'allais donc m'adresser en vitesse à mes deux ou trois geeks préférés. Comment ? Non, plus de poèmes, impossible de passer à la ligne. Ah ! il fallait aussi envisager la création de libellés, après deux ans et demi. Voire d'un glossaire. Un bon lifting s'imposait. Je ne devais plus être au centre de ma petite toile, mais perdu dans la grande. Mon chat abyssin se posait fort peu cette question. Rien de nouveau là-dedans : le forum désignait le centre de Rome, mais on retrouvait la racine dans "foreign".

dimanche 14 avril 2013

SANS TITRE VII

Disiez. Pendant que ma machine me défendait de disposer des vers correctement, j'en profitais pour vous demander, statistiques à l'appui, de cesser de vous retrouver tous stupidement sur la page Assemblée dans un parc / Watteau. Oui, c'était un de mes tableaux préférés et alors ? Il était au Louvre (de Paris ou de Lens, ou dans j'ignorais quel pays carbono-musulman), eh bien alliez le voir. Faisiez un effort, déplaciez-vous. Un très petit format, je vous en prévenais et je concédais presque tout, à propos d'image (non, non, pas de musique...) au numérique. Avec une bonne tablette, les bons tableaux n'étaient plus où ils étaient. Mais tout de même... juste pour l'émotion, quoi. Et pour se les rappeler,nos jambes, quand on les avait. Et puis il faisait beau sur Paris. J'attendais, moi, la prochaine photo-texte (il allait falloir trouver un mot pour ce genre nouveau où peut-être d'autres excellaient, mais le dépasseraient difficilement) de kwarkito. Pour Watteau, vous regardiez seulement l'image ou vous lisiez le texte ? Non, c'était parce que comme j'y passais du temps, j'aimerais savoir. Pas pour moi, je m'en foutais assez, de celui-là. Mais si c'était aussi pour le texte, exploriez le Blog, il y en avait d'autres.

samedi 13 avril 2013

AIMES-TU LE VENT OU LE CONTRAIRE / HAMELN

Pour Dominique.


Il est venu par les chiens invisibles 
A tourné par la rue devant le nom 
Est là révèle le mystère d'être l'autre 
D'être le sein plein des larmes du lait  

Il est venu aussi par les voleurs  

Par l'inaudible rire des vérités 
Ultra-son fifre insoutenable
On l'a chassé avec nos enfants et nos rats

samedi 6 avril 2013

CAHUSAC UN TRUC POUR VOTRE BLOG

Hum... C'était à moi ? Taisiez-vous, vous, l'interrogé. Si c'était pas un monde. Une fois de plus je ne savais pourquoi je ne disposais plus de police (que faisait-elle?) ni de format (je vieillissais). Hum tout cela me semblait bien fragile, pas à vous ? Ah bon. Il n'empêchait que quarante pour cent des apiculteurs s'étaient reconvertis en faux bourdons (plus on n'a rien à faire, plus on bourdonne), et les villes en -ange (ça devait être à l'est) se plaignaient à juste titre qu'on pouvait plus faire comme grand-père, à quoi grand-grand-grand papa réincarné ajoutait : " les vaches pètent, faut plus en manger ça fait fondre ". Fondre quoi ? La banquise. Et alors ? La banquise fondue nous réchauffera et du coup viendra soudain une ère glacière. J'étais fou ou mieux valait mieux rentrer dans ma langue afin d'en sortir avec les forces de la vie. Ainsi j'entendais ma fille travailler sa harpe. Etres supérieurs, fissiez qu'elle jouât longtemps. Longtemps encore. Ah, quant au truc : mettiez un nom connu (Watteau etc.) ajoutiez un espace supplémentaire et pan : plein de lecteurs. Recette simple. Partages, cercles, tout ça : de la daube.

vendredi 5 avril 2013

MADAME TRISTANE BANON II

C'était bizarre, la machine m'avait privé de polices et de tailles. Je me dépêchais alors, d'autant qu'on m'attendait au tournant (n'écoutiez pas, c'était ma phase paranoiaque. Pour le tréma sur parano, excusez-moi, je n'étais pas sur Apple. Et n'attendiez pas, enfants gâtés, l'oeuf dans l'eau : ce fût absurde puisque la raison d'être de l'oeuf, c'était de la contenir, l'eau. Mais je voyais que vous aviez du mal à suivre et loin de moi l'idée d'accuser qui que ce soit, par priorité moi le parano.) Bref, je voulais maintenir un jour de plus ce que j'avais dit à propos de Tristane Banon. Mais gaffe, Tristane ! J'allais pas continuer comme ça tous les jours. Ou plutôt ouf. L'actualité était ailleurs. Il paraissait qu'à Fukushima... pardon, il paraissait que Monsieur Cahusac... Voilà que je n'avais plus le présent. Je devais vieillir. (Ouais, devais : quelle saveur ces doubles sens).

jeudi 4 avril 2013

MADAME TRISTANE BANON

Ipsa Lingua n'observait pas madame Banon sous l'angle de sa médiatisation.

Ni de ses livres. Ni de sa figure. 

Mais de son aventure.

La médiatisation réussissait son affaire au point de nous attacher à l'étranger plus qu'au nôtre, de nous tromper dans nos priorités. En ce sens on pouvait dire, pour être concret, qu'une tempête à l'autre bout du monde pouvait pour peu qu'on regardât la télé retarder le changement de couche de notre bébé, la signature au bas du carnet pour notre adolescent ("notre ado", au passage, était une expression risible quand nos ados Philippe-Auguste et Richard Coeur de Lion avaient déterminé l'Histoire etc.) 

J'avais ce défaut de sortir du sujet : de m'en tenir à mes propres associations qui n'étaient pas les vôtres. Le cerveau droit, quoi. Enfin gauche, car j'étais logique aussi. Question d'équilibre ? Oui pour le confort, non pour l'apport (ce qu'on appelle le génie). 

J'étais médiatique puisque je consentais à l'exercice du Blog. J'avais été un tout petit peu journaliste, elle l'avait été beaucoup.

Moi c'était à pas de loup que je m'approchais d'elle. Pas pour la violer Mesdames Messieurs. Au moins sa sécurité, et elle le méritait, était qu'elle n'était plus violable. Mais on ne savait jamais et je me proposais, toute blessée et coquine qu'elle fût (mais pas menteuse). 

Jouer à être son papa était moins dangereux en apparence. En apparence, oui.    


Tristane Banon était la pire accusatrice de l'homme qui l'avait, fût-ce un instant - mais un horrible instant, un instant meurtrier - privée de sa liberté, parce qu'en même temps, elle était la femme qui l'avait le plus épargné. En même temps et sans l"avoir attaqué, elle s'empêchait de pleurer sur lui - ce qui évidemment était le premier soin à apporter au bourreau. Non. A soi. A la petite suite fragile.


Nous vîmes beaucoup son visage. Faute à elle si beaucoup fantasmèrent ? Je vous rassurais, Madame, votre beauté était réelle, celle de Nafissatou, à mon sens, non. C'était quand même clair, non ? Moi d'ailleurs qui me mettais à vous parler, j'étais peut-être myope non corrigé, avec une mauvaise haleine, et gros - je faisais exprès de mettre gros en dernier parce qu'ils avaient toujours des complexes - mais dans ma jeunesse bien des gros m'avaient volé des filles (oh qu'ils étaient plus rassurants que moi, ces sales gros !).

Ipsa Lingua comprenait qu'elle était surtout NOCTURNE. Madame Banon, non, n'était pas que des yeux, des mots qu'il fallait bien proférer. 

Il arrivait qu'elle dormît. Que le sommeil lui délivrât, et nous délivrât, d'autres choses. Je pourrais développer, vous faire sentir. Je n'avais pas le temps aujourd'hui. Des clairvoyants comprendraient, et même mieux que moi.

Comme je commençais à déconner j'arrêtais, d'autant que le risotto m'attendait. 

J'espérais continuer. Ne cédiez à rien. Vous étiez qui je ne connaissais pas. Mais inutile de résister à qui donnait pour IPSA LINGUA


jeudi 28 mars 2013

DE CARMINE / SUR LA POESIE / SALAH STETIE

" Pointe avancée du langage, la parole poétique se trouve être en avance sur l'homme, dans la mesure où celui-ci est, pour l'essentiel, corps verbal... Parole en incessante recherche, homme en perpétuelle naissance.
Elle seule, la poésie, garantit la parole qui la précède, l'usuelle, et qui, langue, croit lui avoir frayé le chemin vers le jour. Toute langue est morte que la poésie, à la crête de cette langue, n'anime pas. "
                            
                        Salah Stétié, La Unième Nuit.


Avec Stétié, la poésie prétend d'office à la spécificité irréductible qui l'arrache aux déterminismes mécaniques ou procéduraux de la langue courante. Il va même, fort de cela, jusqu'à en faire la justification presque vitale du langage commun (...) A la limite, la langue courante serait de la poésie vieillie qui ne laisse plus derrière ses anciennes fulgurances que de pauvres scories linguistiques.

                  Mohamed Boughali, Salah Stétié, un poète vêtu de terre. Ed. Publisud, 1996.


plénitude à la fois évidente et invérifiable 

                        Salah Stétié, Archer aveugle.

  



mardi 26 mars 2013

DICTA XVI, XVII. RABI'A, LA BRUYERE.




DICTA XVI


On vit un jour Râbi'a courir, tenant dans l'une de ses mains un seau plein d'eau et agiter dans l'autre un brandon enflammé. " Où cours-tu ainsi, maîtresse ? ", lui demandèrent de jeunes disciples qui passaient par là. Elle répondit : 

" Avec l'eau je veux éteindre l'Enfer et avec le feu je veux brûler le Paradis. Ainsi Dieu, hors de toute crainte de l'Enfer de la part de sa créature et de toute espérance du Paradis, sera-t-Il aimé comme il le mérite : pour Lui-même. "




DICTA XVII


" Un dévot est celui qui sous un roi athée serait athée. "
                                                           
                                                           La Bruyère.

lundi 18 mars 2013

AIMES-TU LE VENT OU LE CONTRAIRE 5, 6




Ma robe ma margelle disent ces filles
Assises au centre de leur sang
En linges de profonds mondes
Eparpillées par le coeur
Le je au fond du puits là-haut
Ma très amie ma très jolie sanglante
Voit quelques lunes voit quelques autres 
O hibou ô tic-tac de l'oeil pur 



*


Pour Lydie. 


Mais le silence ne viendra pas
En silence en trouant les mots
Et mon accordéon le pauvre
Il va où va le train du monde
A la gare Déraillement 
Heureuse rengaine, veille mon esprit ! 
Le chant s'exile où la brodeuse
Reprend les larmes décousues


vendredi 1 mars 2013

DICTA XV

"Ce n'est pas la réponse qui me rassure, c'est le questionnement qui m'émerveille. "

LUC.  (Pas l'Evangélistste, l'autre. Mais aussi porteur de la Bonne Nouvelle.) (Je remercie aussi Vincent, sans qui peut-être cette phrase n'aurait ni été dite par Luc, ni retenue par Ipsa Lingua, la Langue qui a pour seule prétention d'être Elle-même.) (Et Monsieur Laurent, sans lequel nous n'eussions pas, hélas, trinqué - dans la vie, et l'autre jour).

mercredi 27 février 2013

AIMES-TU LE VENT OU LE CONTRAIRE 4

Tu vois la Création et son pinson 
Moi prisonnier des mélopées
Les seuls cils peints le sont
Par six mille ans de pleurs
Les seuls toits de la pluie
Sont les toits de la Chine
Où de violents papillons volent
Aimes-tu le vent ou le contraire

jeudi 21 février 2013

DICTA XIV

Tu es paisible ? Exerce-toi à la colère. Tu n'en seras  que davantage un homme de paix.

(Tao)

mercredi 20 février 2013

SANS TITRE VI

J'aimais certes que ma vérité fût enfin entendue par une personne obtuse que j'avais beaucoup estimée. Mais à présent la page qui avait occupé cette place avait été lue ; et elle détonait avec l'esprit de ce blog. Qu'elle expirât donc, comme une amitié avait expiré. 

mardi 19 février 2013

DICTA XIII

Sage est 
qui n'a point besoin d'interloculeur.

Mais qui sait écouter.

Donc, qui ose dire.

(anonyme, apatride faute d'information).

lundi 18 février 2013

AIMES-TU LE VENT OU LE CONTRAIRE 3

Et nous vivons la longue saison
De ne pas s'attendre à l'autre
Et le poème est là si difficile
Au temps où se place ce récit
Surgis-tu de ta vie sauvage
Parfois le jardin dort au jardin
J'y vais le fantôme est là je le trompe
Un chien est absent et - et je rentre

jeudi 14 février 2013

ELLE N'EUT PLUS FAIM

Pour C.H., et d'autres, mais surtout pour elle.

Le pays où elle est 
Est partir sans partir en repartant
Filles pleurons notre autre
Elle est reperdue
Et n'a même pas la foudre
Que nous lancions 
Au jeu du rire de la foudre

Le seul mot pays lui va
Lui seul et étranger contre elle
Serrons-nous serrons-nous filles
Le sein contre importance
Le premier sang voilé de sang 
Quant au sexe encore perdu  
Il se cache devant il se cache
Cet amour ce coquin ce malheur 
N'importe elle n'a pas su
Où était l'eau et où était la lune

O pays de nos corps
Montrons nos nuits trop nuits
Nos salives nos liquides
Mieux rythmiques que nos coeurs
Souvenons-nous de sa fièvre
Elle que l'enfance (la fausse)
N'a jamais, jamais, quittée


je n'étais pas médecin, il fallait que je réfléchisse au trouble et à l'amour non sans retour - ce n'était pas ainsi qu'il convenait d'en parler - que les anorexiques suscitaient souvent chez les autres ; plusieurs qui furent soustraites à mon enseignement (donc de douze à quatorze ans) ainsi qu'à leurs familles, et l'une, l'année dernière, de vingt-cinq ou plus, dans une clinique, avec qui j'avais entretenu une conversation des plus aimables et des plus intelligentes (mais je n'étais pas naïf, j'étais averti), qui était morte deux jours plus tard : je n'avais pas mesuré sa faiblesse. 


 

mardi 12 février 2013

PALIMPSESTE







horreur  nécessité guerre manie     d'outre-Roses
 Ceci était donc un de ces mélanges encore mal maîtrisés qu'on pouvait encore appeler lettre ou déjà publication.

 Notre temps, prise de tête et d'otages : ne jamais céder.


 





jalouses, mes soeurs               
                  à tripoter mes cousines                                                                                                                                                                          CORPS
  
Je m'engageais ici à ne plus boire une goutte d'alcool pendant trois mois pleins.

                                                                                                                                                                                  teniez une piste.


 (Le poème chinois de Li Po, maladroitement scanné ici, est traduit par François Cheng dans le livre Poésie chinoise, orné de calligraphies de Fabienne Verdier, et publié dans la très belle petite collection Les carnets du calligraphe d'Albin Michel).
















 

mercredi 6 février 2013

AIMES-TU LE VENT OU LE CONTRAIRE 1, 2




A Valérie, pour son anniversaire.


Accordéon   on dirait que l'air n'est que l'air
Que nos vies n'ont balancé que nos vies
Mais l'Un le multiple du silence
L'Un l'Un le multicolore ta couleur
Nous éloigne tous deux vers lui-même
Au vent très doux des lampions
Soufflets où traîne accrochée
A mille souvenirs, l'aventure

O un peu de vin ô colombe
Ce soir la louve est pleine et jaune
Un peu de pure fièvre mon âme
C'est du silence qu'il faut femme
L'Un le multiple jouent nous jouons
L'eau l'autre l'eau à nous poisser 
Dans le néant qui se trouve
Etre déesse et appauvrie déesse 





  



SANS TITRE V

Le Blog demeurait inactuel.

Voilà ce qui restait d'un précédent message qui, j'espérais, avait fait son travail. 

jeudi 31 janvier 2013

MIROIR X




tire sur soi se décoche son coeur se met des oiseaux partout (sur les épaules etc.



*


(j'ai été l'autre côté mort
cherchant l'autre fenêtre cherchant l'autre fenêtre moi qui n'ai rien respiré
je n'ai trouvé qu'ongles que mes ongles j'ai gratté -
j'ai été l'autre côté mort)



*



il approche l'aveugle il approche il entre dans la zone glacée

du chien qui n'est pas le sien


lundi 28 janvier 2013

SUPPLICATIONES IV / HENRI MICHAUX II

                                                     Pour se reposer d'une gué-guerre sur le noble site de Marc Mosnier. Ici les gué-guerres, en effet, donnent des médailles.

l'espace a toussé sur moi
                  et voilà que je ne suis plus
les cieux roulent des yeux
des yeux qui ne disent rien et ne savent pas
     grand'chose
de mille écrasements écrasé
    allongé à l'infini
    témoin d'infini
            infini tout de même
                mis à l'infini


 patrie qui se propose
qui n'emploie pas mes deux mains
                 mais me broie mille mains
que je reconnais et pourtant ne connaissais
qui m'embrasse et par brassage
à moi me soustrait, m'ouvre et m'assimile

à l'essaim je retourne
des milliers d'ailes d'hirondelles tremblent sur ma vie


(Henri Michaux, Moments VI : Paix dans les brisements)


      

vendredi 18 janvier 2013

SUPPLICATIONES NOMINI PURPLE SPIDER

Ce bruit tombant sur les cordes d'une harpe, mais que, ou quelque chose comme ça, seules sauraient faire des gouttes de pluie.

mercredi 16 janvier 2013

DICTA XI ET XII

" Le silence éternel des espaces infinis m'effraie. "
Blaise Pascal.

" Le vacarme intermittent des petits coins me rassure. "
Paul Valéry (oui, lui).

Comme vous le constatiez ici, si la culture française avait raté son tour du monde face à l'anglaise, elle avait fait le tour de bien des questions. Nous trouvions normal de nous passer une maladie très désagréable et sans conséquence, qui n'existait pas quand on avait peur des fièvres et des dysenteries - que probablement le paracétamol avait propagées ailleurs que chez les Djihadistes (loué fût sincèrement le Prophète) -  maladie qu'on appelait  distraitement gastro en riant ou  en se plaignant, en allant bosser et contaminer nos propres enfants, ce qui faisait partie de l'automne ou de l'hiver, en somme. De même qu'il était scandaleux que deux flocons de neige se fracassassent sur l'autoroute A 10 le 15 janvier, mais que la banquise pouvait enfin fondre compètement en été dans quatre ans pour enfin diminuer la route des pétroliers. Quant aux ours polaires, qu'on les transportât en Antarctique afin qu'ils dévorassent les manchots qui certes manquaient de prédateurs. Mais, voyiez-vous, un mien survécut plus longtemps, et proféra des mots utiles, grâce à la bile d'ours. Je vous laissais - non vous laisse, c'est pressé.

mardi 15 janvier 2013

DUNES D'HIER DUNES D'AUJOURD'HUI V

  

                                AUGURE


Ceci un peu l'hiver
Forcément Profondément Toujours
Au rythme du vieux noyer
 qui coude une dernière branche de  la foudre

Doucement
Sous le ventre du loriot
Sous le petit ventre du petit loriot
Invisiblement jaune

Ceci  plus rien maintenant
Sous oui sous un ventre
Envolé de longtemps

Sous le ventre de cette écriture
De la main quelconque
D'un oeil en retard
D'une langue certaine - pauvre

D'une main d'une écriture
Qui  montrent - Qui ne montrent qu'à toi




dimanche 13 janvier 2013

DICTA X

En comprenant une machine, on comprend qu'on est vivant. 
                                                               (anonyme qui tient à  le rester)

1.0, 1.0  ad libitum comme disent les petits musiciens et les petits latinistes, du genre mon genre.

mercredi 9 janvier 2013

SANS TITRE IV


tu penses à ta fille



Peu à peu tu mues ta mémoire
En étrange pluie ignorante
Chemin devenu dévoré
Petit pur moment de pluie

Du rire le rire devient
Es-tu encore en toi en elle
Vous voici tous deux aller
Sous vos deux pluies on sait où 




lundi 7 janvier 2013

SUPPLICATIONES III / H. MICHAUX


I

Ils font des arbres avec mes pensées
mais moi je ne puis plus rien en faire

Henri Michaux, Moments

mardi 1 janvier 2013

DICTA IX


BONNE TRAVERSEE 2013 A TOUS !


DICTA IX

" Le conflit israélo-palestinien risque de s'éterniser. " 
(Un Maya frustré)