mercredi 24 avril 2013

pour celle (2)

Pour vous dire que je travaillais parfois en ligne. Ainsi le poème précédent avait déjà changé et je le trouvais meilleur - j'avais trop fait de théâtre et de musique pour savoir que sans le point de vue de l'autre, il fallait demeurer dans l'insécurité, ce qui était un prix à payer et aussi un des aspects intéressants du blog (car les autres blogs, soyons clair) étaient ceux des cinglés. Court aussi, je vous le concédais. Mais à vous dire tout ce que je pensais en sus, vous n'auriez pas lu, pas vraiment réfléchi, pas vraiment ressenti . Et moi, écrit à la hâte, pas tâché de transmettre ou pire, avoir cru le faire. Dehors, dehors ceux de nous qui pouvions. Enfin du soleil sur Paris et pardon à Ushuaïa ! Pardon aux austraux, chacun son tour : on avait les églises romanes, vous aviez les forêts primaires.

lundi 22 avril 2013

POUR CELLE. (Au parc ; décisif et imaginaire).

Un peuplier est devant toi, il chante.

Tu dors avec tant de violence...

De minces nuages nous oublient, 

Je te regarde, je te regarde depuis toujours.

mardi 16 avril 2013

PLACE PUBLIQUE / DE FORO

Entre autres imprudences, j'avais commis celle de quitter mon confortable vieux Blogger pour les nouveautés, gogol chrome et tout ça, les cercles de tout poil, moi qui me réconfortais à quitter le bruit du monde pour ma petite tourelle. C'était si peu conforme à mon projet initial : être à la fois sur la Toile et déconnecté. Navrante contradiction ! Et je ne nourrissais pas la moindre rancoeur, je serais heureux de circonvenir les empêcheurs de mondialiser en rond à Alep, Téhéran ou Lhassa. Je n'avais toujours ni format ni taille, sans doute ma première punition. Oh, sûrement une manoeuvre simplissime à faire... mais parmi mille autres. J'allais donc m'adresser en vitesse à mes deux ou trois geeks préférés. Comment ? Non, plus de poèmes, impossible de passer à la ligne. Ah ! il fallait aussi envisager la création de libellés, après deux ans et demi. Voire d'un glossaire. Un bon lifting s'imposait. Je ne devais plus être au centre de ma petite toile, mais perdu dans la grande. Mon chat abyssin se posait fort peu cette question. Rien de nouveau là-dedans : le forum désignait le centre de Rome, mais on retrouvait la racine dans "foreign".

dimanche 14 avril 2013

SANS TITRE VII

Disiez. Pendant que ma machine me défendait de disposer des vers correctement, j'en profitais pour vous demander, statistiques à l'appui, de cesser de vous retrouver tous stupidement sur la page Assemblée dans un parc / Watteau. Oui, c'était un de mes tableaux préférés et alors ? Il était au Louvre (de Paris ou de Lens, ou dans j'ignorais quel pays carbono-musulman), eh bien alliez le voir. Faisiez un effort, déplaciez-vous. Un très petit format, je vous en prévenais et je concédais presque tout, à propos d'image (non, non, pas de musique...) au numérique. Avec une bonne tablette, les bons tableaux n'étaient plus où ils étaient. Mais tout de même... juste pour l'émotion, quoi. Et pour se les rappeler,nos jambes, quand on les avait. Et puis il faisait beau sur Paris. J'attendais, moi, la prochaine photo-texte (il allait falloir trouver un mot pour ce genre nouveau où peut-être d'autres excellaient, mais le dépasseraient difficilement) de kwarkito. Pour Watteau, vous regardiez seulement l'image ou vous lisiez le texte ? Non, c'était parce que comme j'y passais du temps, j'aimerais savoir. Pas pour moi, je m'en foutais assez, de celui-là. Mais si c'était aussi pour le texte, exploriez le Blog, il y en avait d'autres.

samedi 13 avril 2013

AIMES-TU LE VENT OU LE CONTRAIRE / HAMELN

Pour Dominique.


Il est venu par les chiens invisibles 
A tourné par la rue devant le nom 
Est là révèle le mystère d'être l'autre 
D'être le sein plein des larmes du lait  

Il est venu aussi par les voleurs  

Par l'inaudible rire des vérités 
Ultra-son fifre insoutenable
On l'a chassé avec nos enfants et nos rats

samedi 6 avril 2013

CAHUSAC UN TRUC POUR VOTRE BLOG

Hum... C'était à moi ? Taisiez-vous, vous, l'interrogé. Si c'était pas un monde. Une fois de plus je ne savais pourquoi je ne disposais plus de police (que faisait-elle?) ni de format (je vieillissais). Hum tout cela me semblait bien fragile, pas à vous ? Ah bon. Il n'empêchait que quarante pour cent des apiculteurs s'étaient reconvertis en faux bourdons (plus on n'a rien à faire, plus on bourdonne), et les villes en -ange (ça devait être à l'est) se plaignaient à juste titre qu'on pouvait plus faire comme grand-père, à quoi grand-grand-grand papa réincarné ajoutait : " les vaches pètent, faut plus en manger ça fait fondre ". Fondre quoi ? La banquise. Et alors ? La banquise fondue nous réchauffera et du coup viendra soudain une ère glacière. J'étais fou ou mieux valait mieux rentrer dans ma langue afin d'en sortir avec les forces de la vie. Ainsi j'entendais ma fille travailler sa harpe. Etres supérieurs, fissiez qu'elle jouât longtemps. Longtemps encore. Ah, quant au truc : mettiez un nom connu (Watteau etc.) ajoutiez un espace supplémentaire et pan : plein de lecteurs. Recette simple. Partages, cercles, tout ça : de la daube.

vendredi 5 avril 2013

MADAME TRISTANE BANON II

C'était bizarre, la machine m'avait privé de polices et de tailles. Je me dépêchais alors, d'autant qu'on m'attendait au tournant (n'écoutiez pas, c'était ma phase paranoiaque. Pour le tréma sur parano, excusez-moi, je n'étais pas sur Apple. Et n'attendiez pas, enfants gâtés, l'oeuf dans l'eau : ce fût absurde puisque la raison d'être de l'oeuf, c'était de la contenir, l'eau. Mais je voyais que vous aviez du mal à suivre et loin de moi l'idée d'accuser qui que ce soit, par priorité moi le parano.) Bref, je voulais maintenir un jour de plus ce que j'avais dit à propos de Tristane Banon. Mais gaffe, Tristane ! J'allais pas continuer comme ça tous les jours. Ou plutôt ouf. L'actualité était ailleurs. Il paraissait qu'à Fukushima... pardon, il paraissait que Monsieur Cahusac... Voilà que je n'avais plus le présent. Je devais vieillir. (Ouais, devais : quelle saveur ces doubles sens).

jeudi 4 avril 2013

MADAME TRISTANE BANON

Ipsa Lingua n'observait pas madame Banon sous l'angle de sa médiatisation.

Ni de ses livres. Ni de sa figure. 

Mais de son aventure.

La médiatisation réussissait son affaire au point de nous attacher à l'étranger plus qu'au nôtre, de nous tromper dans nos priorités. En ce sens on pouvait dire, pour être concret, qu'une tempête à l'autre bout du monde pouvait pour peu qu'on regardât la télé retarder le changement de couche de notre bébé, la signature au bas du carnet pour notre adolescent ("notre ado", au passage, était une expression risible quand nos ados Philippe-Auguste et Richard Coeur de Lion avaient déterminé l'Histoire etc.) 

J'avais ce défaut de sortir du sujet : de m'en tenir à mes propres associations qui n'étaient pas les vôtres. Le cerveau droit, quoi. Enfin gauche, car j'étais logique aussi. Question d'équilibre ? Oui pour le confort, non pour l'apport (ce qu'on appelle le génie). 

J'étais médiatique puisque je consentais à l'exercice du Blog. J'avais été un tout petit peu journaliste, elle l'avait été beaucoup.

Moi c'était à pas de loup que je m'approchais d'elle. Pas pour la violer Mesdames Messieurs. Au moins sa sécurité, et elle le méritait, était qu'elle n'était plus violable. Mais on ne savait jamais et je me proposais, toute blessée et coquine qu'elle fût (mais pas menteuse). 

Jouer à être son papa était moins dangereux en apparence. En apparence, oui.    


Tristane Banon était la pire accusatrice de l'homme qui l'avait, fût-ce un instant - mais un horrible instant, un instant meurtrier - privée de sa liberté, parce qu'en même temps, elle était la femme qui l'avait le plus épargné. En même temps et sans l"avoir attaqué, elle s'empêchait de pleurer sur lui - ce qui évidemment était le premier soin à apporter au bourreau. Non. A soi. A la petite suite fragile.


Nous vîmes beaucoup son visage. Faute à elle si beaucoup fantasmèrent ? Je vous rassurais, Madame, votre beauté était réelle, celle de Nafissatou, à mon sens, non. C'était quand même clair, non ? Moi d'ailleurs qui me mettais à vous parler, j'étais peut-être myope non corrigé, avec une mauvaise haleine, et gros - je faisais exprès de mettre gros en dernier parce qu'ils avaient toujours des complexes - mais dans ma jeunesse bien des gros m'avaient volé des filles (oh qu'ils étaient plus rassurants que moi, ces sales gros !).

Ipsa Lingua comprenait qu'elle était surtout NOCTURNE. Madame Banon, non, n'était pas que des yeux, des mots qu'il fallait bien proférer. 

Il arrivait qu'elle dormît. Que le sommeil lui délivrât, et nous délivrât, d'autres choses. Je pourrais développer, vous faire sentir. Je n'avais pas le temps aujourd'hui. Des clairvoyants comprendraient, et même mieux que moi.

Comme je commençais à déconner j'arrêtais, d'autant que le risotto m'attendait. 

J'espérais continuer. Ne cédiez à rien. Vous étiez qui je ne connaissais pas. Mais inutile de résister à qui donnait pour IPSA LINGUA