samedi 30 novembre 2013

AUDIENCE



Et le roi est le cul du Trône
Et il en est le cul

Allez dis les mille mots appris
Pas ce seul, non

Le peuple est ta vieille merde
Dis "c'est mon or"

Allez dis les millions
Les mots

"Les abeilles, les abeilles"

Mais vas-y c'est à toi

dimanche 24 novembre 2013

AIMES-TU LE VENT OU LE CONTRAIRE 12/13



Pour Jean-Bernard Huygues.

Les oiseaux les vastes oiseaux
Ceux qui sont leurs propres adieux -
Le bouquin du ciel est fermé.
Eh lève le menton d'une pauvresse:
Son non-regard est ton non-toi.
Tu vas sur le trottoir bouclé ?
Sur la Terre close des satellites ?
L'accordéon pend de ton cœur
Tu n'es que nue sur la terrasse
Nue comme du cinéma
Voici tes mots ils sont tes lèvres





Pour Charlotte Gainsbourg, oui, beaucoup pour elle.

Tu n'es que nue sur la terrasse
Nue comme du cinéma
Voici tes mots ils sont tes lèvres
Ta vie est ton gravier nu-pied
Tue nue encore plus nue que nue
Alors tu descends vers le fleuve
En calmes plis de ta vieillesse
Vent ! O rochers arrachés loin




vendredi 15 novembre 2013

AIMES-TU LE VENT OU LE CONTRAIRE 11



Tu sais soudain ma peau ce n'est
Que pour m'abriter de mon sang
Il va à légers fleuves mortels
Je brûle d'une lune laquelle ?
Sa patte fait la louve louve
Ouvre au vent tu ouvres à une folle
Une absolue qui danse pour toi
Nue - et ceinte de l'ombilic


vendredi 8 novembre 2013

BLOGATION

Juste une parenthèse dans ces pages et dans le temps dont je disposais. " Les mots s'envolent, les écrits restent ", oui. Mais on parlait aussi de feuilles volantes. Tel père tel fils / A père avare, fils prodigue. A notre époque angoissée, anxiogène, mais cynique aussi, je cherchais les moyens du bord : ainsi, oublier les réseaux sociaux, ne pas refaire le monde en cent quarante-deux caractères. Mais sans bouder. Il fallait bien que ces aspects de la Toile existassent, puisqu'ils le pouvaient. Quant au Blog, il était justement le mélange intéressant de ce qui reste et de ce qui vole. Vous saviez que je l'appelais "inactuel" et que je m'y tenais : ceci n'était pas un journal, pas une éphéméride. Une règle, une paresse ? Quelle importance! Parfois quand même une promesse : il y aurait une suite plus sérieuse au texte Deux et trois si rien ne s'y opposait. Mais c'était vrai que j'aimais travailler directement en ligne, quitte à effacer, ajouter, parfois longtemps après le geste d'écrire. Tout comme j'aimais sortir un fond de tiroir vieux de plusieurs années et le présenter. Un peu l'inverse de l'exercice, magique pour moi, de kwarkito - magique non seulement par sa régularité, ses pas solitaires qu'il nous donne, mais pour la coïncidence sans faute de son image et de son texte. Ma cohérence (si elle était) était autre, je ne suivais pas un temps linéaire : par exemple, effaçant sans vergogne un travail fait en ligne, je m'apercevais que j'avais supprimé une dédicace à Fernand Chocapic. Je venais de corriger cette incorrection, mais sur une autre page. A bon entendeur (ah oui, j'oubliais de vous dire que j'avais une sainte horreur des points de suspension sauf dans la BD). J'invitais donc l'ami - non, le lecteur, ce mot contient l'amitié - à lire d'anciennes pages quand il n'en venait pas assez vite de nouvelles. Je penchais sans doute du côté de l'édition plutôt que de celui de l'instant, tout en consacrant l'instant. Ça devenait compliqué, j'arrêtais ici. A bientôt, en temps ("et heure", ajoutait-on pour se rassurer mieux encore).