mardi 7 mai 2013

APIS MELLIFICA

Oh, j'écrivais, oui. Et je m'attaquais à un roman, ce que la poésie n'appréciait guère. Mais vous ne pouviez pas imaginer à quel point "la plume me tombait des mains" quand je ne voyais pas une abeille dans mon minuscule jardin où la lavande les accueillait depuis dix ans. Pourtant, veniez acheter ici ce qui restait de miel : ce n'était pas une zone de culture, vous risquiez moins l'empoisonnement qu'avec le "millefleurs" de Beauce. Inexorable surmortalité des abeilles aux Etats-Unis, venais-je de lire dans le Monde sur la Toile. Et c'était quoi ? Un entrefilet dans le bavardage mondial. Il n'y avait aucune crise économique, aucune. Aucun lien entre croissance et emploi, aucun. Aucun besoin de croissance d'un pour cent par rapport à UNE année précédente : intenable système exponentiel. Aucun intérêt à fabriquer des portables en programmant leur mort. Maudite fût la croissance, à part celle des enfants. Bénie fût la durée. Quant à mes enfants, horreur tenace face à l'idée que notre fosse pût être commune. Plus un passereau ici, non plus, près d'une forêt de banlieue parisienne. Seulement ces stupides perruches échappées d'une soute à Orly, voici quelques années, et solidement implantées, qui continuaient obstinément à faire tomber les cerises sans pouvoir les attraper de leur bec recourbé : comme un de ces supplices dans les Enfers de la Grèce ancienne. Certains d'entre nous savaient maintenant ce qui se passait dans le lobe frontal de l'humanité. Parfait. Mais ces perruches ! Je vous renvoyais ici à mon tout premier post.