jeudi 3 décembre 2015

COP 21 : PAS DE RASSEMBLEMENTS







Où est le temps où je parlais à l'imparfait ? Passions à la suite. Moi-même je pensais encore que Marine Le Pen déclarerait son fascisme plus tard. Elle me déçoit presque, elle allait faire le plein aux régionales oui bien sûr. Ah, encore une qui ne sait pas attendre. Sinon, euh sinon... Je suis un monsieur chaleureux mais à relire mon blog mal tenu, je me dis qu'un instinct chez moi risque de saper le moral et que les mots qui tournent autour de moi sont parfois à faire frissonner un ours polaire. Je voudrais simplement vous dire aujourd'hui que sous ces pauvres gros poils, il y a la soie : des poils très serrés, très près du cœur et, vraiment, quelqu'un sans manières. 

lundi 30 novembre 2015

13 NOVEMBRE





A culture trouée, passoires.



*



(Ce jardin vient de ma naissance. Une fée cousine. Petite fille, petite pelle, tu te rappelles ? Quand on réeenterrait les vers. La nuit se souvenait mal du soir. Mémé ne voulait pas que pépé en parlât. Des tranchées.)


*

La peur ? Ah ! Ailleurs n'est qu'ici en un peu.





mardi 17 novembre 2015

GUERRE ? D'ACCORD

N'étant sur aucun réseau social, j'exprime à mes lecteurs mon deuil pour ce qui atteint une communauté, la France, et des personnes, victimes et proches des victimes. J'espère que nul d'entre vous n'a été atteint. Personnellement et vérification presque faite, non.

J'ai à dire, ça ne sort pas encore. Une forme glacée de violence, l'envie de surprendre au gîte. Envie... de faire la guerre et de la gagner ?

Paris, tiré comme un lapin par un îlôt pirate ?

J'ai plus à dire, ça ne sort pas encore.








samedi 24 octobre 2015

PROMENADE












Trois dames déjeunent, elles sont douces et détruites. Le vent est passé par le passé. Je connais, j'aime, quelque chose. De lassé parmi nos paroles. D'ardent, de réel, comme entre nous. Comme deux chemins bifurquent par le silence. Pour arriver là, eux aussi. 

*

Et je parle par le vent et je parle par la bouche étrangère, et soudain l'oiseau tient la note est je suis le grand poète. Exilé du grand poème.

*

La promenade c'est du temps appelé comme ça. Tu t'assois je m'assois. Si on repartait ? Ce banc devient plus lourd que le froid.

*

Quant à mon ciel, il y poussait une branche si douce que s'y posait la foudre.

*

Linges d'air, entre le bleu et l'oubli. Les soirs d'été, la parole est une herbe sans le souffle.

*

Tes bras tes longs seaux, tes seaux sans puits où puiser, tes bras autour du cou du monde, qu'est-ce qui me détache de tes bras ? Et me fait tomber au fond de moi-même comme au fond d'un sac ?

*

Entre tes doigts, un peu d'air, très joli et mince, un bon millier de cordes de harpes.

*

Viens à moi en sabots de soie, en mendiante en sandales de la mer, viens avec tes dix visages avec les quatre vents fous, viens avec mes propres mots qui me pulvérisent.

*

On devise par là, on en meurt par ici. Le parc ferme ses grilles. Le sosie du vent le remplace. Des hurlements de silence succèdent au silence.     


jeudi 8 octobre 2015

ADAM LALOUM

Responsable de ce genou
Si peu des chats et de mon âge
Monsieur Laloum ne soyez pas jaloux
J'aime Lise et lire et Lise
Aucun je entre nous
J'ai à vieillir et à aimer
Seuls ceux qui vous sont inconnus

Etrange lucidité soudaine
D'autant violente dans la Troisième
Que ce début rageur d'une fugue
En la marche funèbre
Et le début de la Septième
Encore une promesse non tenue
Parlant des symphonies des seules

Impossible de ce genou
Et de la fouine qui couine
Oui elle est là hors du jardin
Et Lise est là sage et sauvage
Monsieur Laloum loin d'un piano
Vous voici responsable
D'aucun d'entre nous deux














LISE BERTHAUD.

ADJECTIF. Ne serions-nous pas plus cela que nos noms ?

ALTO. Instrument inutile. Mais roi. Comme les rois le sont.

ARABE. Femme, homme, terme à terminaison ambiguë, surtout l'adjectif.




BEETHOVEN. Dire Bétove ou Beethoven. Donc être sourd aussi.

BERTHAUD, Lise. Voir ci-dessus.

BRAS. Tendu, ressemble à l'arrière d'un genou, prolonge le corps d'un alto.

CESAR. Franchir un grand fleuve, le Rubicon.

FRANCK, César. Inventer la musique en marchant dans le froid pour aller donner une leçon. Puis l'écrire pendant ses pauvres vacances.

FUMER. Pour Lise Berthaud, avoir un peu le trac à la nuit tombante avant d'attaquer l'opus 135 de Beethoven. Ou est-ce 138 ? En tout cas, pas "la Grande Fugue".

KIWI. 1. Se cultive bien en Italie. 2. Se transporte mal de Nouvelle-Zélande / 3. Sans parler de ce pauvre oiseau qui ne vole pas, connaissant mal les Maoris et les Anglais.

MOA. Vieux gigantesque oiseau assassiné par les Maoris. Ou est-ce Réa ?

ORANGERIE. Reste d'un château. On se bourre ailleurs de vitamines C, mais le mot demeure joli et l'acoustique excellente. Lise y passe. Y passe magnifique, comme ailleurs.

QUATUOR. Se dispute. Parce qu'Acide Barrett est mort et était né tout seul. Franchement il n' y avait pas de quoi se disputer en plus, les deux autres (cf. Pink Floyd).

REA. Non, lui, c'était en Afrique. Assez géant aussi.

THYLACINE. Marre des animaux disparus.

VIOLA.  all. cf alto, dernier instrument à cordes frottées que peut tenir un bras.

VIOLONCELLE. Bel instrument à voix d'homme, bien qu'il écarte les cuisses. Mais faut le planter, le piquer, le mettre en terre quoi. Le bouter et  le rebuter. Chaque automne. C'est chiant.

WAGNER, Richard. Si "vague" s'écrivait comme ça, je tiendrais mon double vé.

ZELANDE. N'est que nouvelle, à part pour les Maoris, les Moas,  quelques Anglo-Hollandais  et essais nucléaires de la langue que je vous présente / cf Le Seigneur des Anneaux.

HELAS : Lise commence par un Elle.

mercredi 7 octobre 2015

QUATUOR STRADA





Pour Madame Lise Berthaud, qui, d'après sa sœur, s'est souvenue de moi, qui fermais les yeux pourtant. 




Prier n'est que prier
Dire Lise n'est que dire Lise
Etre l'alto de la colombe
Est impur et moins pur
Vous lisez vous lirez
Lise à travers la vie
La vôtre non la mienne

Vous n'étiez que vous êtes
Ce n'était que le soir
De la tombe d'une colombe
Franck clope et Beethoven
Vous Lise et vos éclisses
Rien n'aura vous ni moi
Trop rares ou trop nombreux

Altistes vont ainsi
C'est vous qui l'avez dit :
Seuls les rois sont les rois
De la Chambre du roi
Mais ainsi est la reine
Qu'elle a sa petite sœur
Dont je me suis enfui

Et de l'Artiste alto -
Prière ? Prier sans doute
Où est l'Orangerie
Est-ce épuiser qu'aimer ?
S'il vous plaît Beethoven
Ou partout ou ailleurs
Toute pluie n'est qu'intérieure










ESSAYER DANS UNE HEURE / ME LE RAPPELER DEMAIN



Moi tu me tues tout de suite 
Sinon je ne te tuerai jamais
Mais ces mots-là c'est non 

mardi 6 octobre 2015

ESPECE DE TANKA SUIVI D'ESPECE DE HAIKU

Pour Lise Berthaud.


Etre grand parleur
Peu verbeux
Sans compétence
Serait-ce cela
Admettre
Etre poète ?

           *


O vieil érable,

Quel instant !
Tu insistes ? Soit.



lundi 5 octobre 2015

ALEN CHLOE 4





Keine kleine Chloé
Wo lebst du wohl dahin ?

Brust meiner Brust entgegen
Harte verlorenen Busen

Die mein Herz noch weint
Keine Kleine du Meine

Mich du abgehandelt
Keine kleine

Hat der Andere dir 
Was gutes gebracht

Ich weiss, wir Beiden
Bittere Tränen geweint haben

Dafür sende Ich dir einen Dank
Aber hat der Andere dir

Was gutes gemacht
Dir keine kleinen ?





SUBSTANCE DU LABYRINTHE 2





Veiller ou endormir
Un autre que ce soi
Est même qu'être le même

C'est une tombe de colombe
J'y suis mon violon mort
Ai un peu de silence

Me voici être à toi
Tu es partie profonde
Trop de l'autre côté

Et un arbre a beau l'être
Un peu immense ici
Et abattu là-bas

Je sais que tu n'es rien
Néant si mal parti
Ma leçon bien apprise

J'ai donné des nouvelles
Là c'est de l'absolu
Ici un cil par là son œil

Endormir est dormir
Et surveiller des angles
Aigus obtus aigus

Restés violents
(Un angle est violent)














dimanche 4 octobre 2015

SUBSTANCE DU LABYRINTHE





C'est prière que prier
Prier le manque de soi
Parmi une anémone
Une anémone des monts
Les anémones connues
N'appartiennent qu'à ces mers
Des rêves finis vulgaires

C'est faire rentrer le chat
Que faire rentrer le chat
Et quant à l'alcoolique
Un buveur d'eau distrait
Lui sert lui serre un verre
Espèce de fausse promesse
Rien n'est inépuisable

C'est épuiser qu'aimer
Aimer parmi soi-même
Croyant croire on y croit
Vous parmi les chemins
On n'a eu que sa mère
Obtenu que soi-même
Tenu de pauvres mains

Quant à mon chien il pend
Par la langue du jardin
Depuis longtemps aveugle
Est l'aveugle aveuglé
Je n'ai pas de voisin
Il est mort depuis lors
Tu connais un voisin ?

Niais est naître. Non ?
Exister pas question
Alors être peut-être
Je conseille un quatuor
Vous parmi César Franck
J'aime un être lointain
Me souviens peu lequel

Vous parler de l'aimée ?
Elle dort et elle dort bien
Vous vous entretenir
De quelques catastrophes ?
Il pleut et ne pleut plus
On n'a guère eu son père
Etre mère  : se vous plaindre

Je veille parmi la pluie
Ou la pluie veille en moi
Je prie parmi prier
Je sais bien que ma mort
Ne pend que par ma langue
Qui dépasse du jardin
Oh chaque langue de chaque chien

Age ? Vieux par mon grand-père
Perdu parmi les sages
Connaissez-vous du rire
Au milieu d'une jeune fille
Je veux dire le rire fou
Comme elles en ont toutes
Les herbes en plus de l'herbe

Que mon garçon s'en aille
Est vrai et impossible
Faut que cette pluie s'y fasse
Cet intérieur des pluies
Oh aucun mot n'est là -
Echoue à être encore :
Non un ordre un conseil

En plus une catastrophe ?
Appelons-la catastrophe
Mais l'herbe court dans l'herbe
Je maintiens cette enfance
Il est vrai il est faux
Qu'un dauphin croise un autre
Qu'ils parlent aux déesses

Echoue encore un peu
Que ton verbe appeler
S'appelle "appelle appelle"
Age par lequel tu n'es
Ni né, ni née, Nina
Oh toi par qui je suis
Espèce d'aimée, mélange

Ne l'appelons que la nuit
Elle l'est elle le mérite
Ne l'appelons d'ailleurs qu'elle
Se souvenant soudain
Si on lui donne un nom
On se l'interdira
Car elle n'est qu'elle et belle

Il va aimé ou mal
On l'appelle l'alcoolique
Tout chien pend de sa langue
Il va un peu ou mal
Sans faire le revenu
Du Viet-Nam par exemple
Sans faire l'Américain

Ni Nina ni elle-même
Pourtant vraiment profonde
Age ? Vieille comme l'inconnu
A Dieu comme ma promise
Peu comme un autre soir
Aimant ceux devant elle
En allée pour Bordeaux


Tu sais je suis perdu
Assis parmi les sages
Suis petit et petite
Me tais parmi mes mots
Escalade cette montagne
Puisqu'elle est devant moi
O neiges neiges intérieures

Prier ce n'est personne
Juste une substance si mince
Une d'être avec toi
Oui une jouissance de l'être
Cette espèce de secret :
Moi ou la Certitude
Ma mère est obtenue de moi

Qui s'est suffi de peu
Ne parle qu'à plein souffle
Inutile d'être utile
La guerre ne répète que
Des mots et donc des guerres
La guerre la poétesse
- Mais elles, l'herbe rêveuse

Donc l'alcoolique dont il
A un chien qui pend là
D'une langue et du jardin
Prie et reprie quelconque
Amis pardonnez-lui
Et son fils ne s'en aille
Car cœur et mots sont tendres

Nina dis-moi je suis perdu
Assis là seul parmi les sages
On me dit que prier n'est rien
Etre seul n'est-il rien ?
Je maintiens mon enfance.
La tienne. La tienne à jamais.
Puis ce quatuor. 






















dimanche 20 septembre 2015

JE MONTE, JE VALIDE

Qu'ai-je à faire, franchement, qu'ai-je à faire que ce jour-ci soit le même ou un autre ? Ça ne marche pas comme ça et je vous reparlerai des oiseaux, j'ai je crois  avoir commencé par là à propos de perruches inadaptées, au jour où j'ai initié ce blog. Franchement, vérifiez, ça se compte maintenant en années.

Voilà, comme dirait kwarkito le magnifique. Alors, pour ne pas le plagier, voici.

C'est peut-être, si je parle, que je ne supporte pas que TU me dises JE.

Je suis d'une époque où j'ai appris.

Chance !

NON, ON NE DIRA PAS JE A LA PLACE DE JE.

Je suis Parisien. J'ai très envie de monter et de ne surtout pas valider, parce que je n'aime pas ces DEUX JE.

"Attention, tu peux te faire pincer très fort". C'était avec un petit lapin, c'était juste hier, c'était pour les enfants et on disait TU avec un petit dessin.

Aujourd'hui ON me dit JE.

Veut-on me rendre fou ou le suis-je ?

Je n'ai tellement pas envie de valider que je n'ai même plus envie de monter.

D'UN HOMME HONNETE, SCRUPULEUX,  CITOYEN FIER D'APPARTENIR A LA REPUBLIQUE FRANÇAISE, QUI NE POUVAIT PLUS PARLER D'AUTRE CHOSE QUE DE LA GUERRE QU'ON LUI A FAIT FAIRE, VOICI LE PETIT-FILS.

Lui-même devenu vieux, vous aurez réussi à ceci, cellezetceux du politicly correct :

à ce qu'il monte tant qu'il peut,

à ce qu'il valide... vaguement.

PARCE QUE TOI, A MOI, TU NE DIS PAS JE A MA PLACE.








OISEAUX OISEUX

Sous forme d'hommage à Madame Claire Laffay.


J'aurais pu appeler ça aussi : L'OISEAU L'ARCHANGE II.

Certainement pas à Fernand.


Voilà pour la présentation du concert de ce soir.


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Hum, hum (je m'accorde). Donc faites exprès de tousser. Après, défendu, les vieux. Et ne mourez pas au milieu de l'adagio, ça ne se fait pas. Entre l'adagio et le scherzo ? Non. Non plus.

(Cher public, les vieux sont chiants alors il faut leur indiquer la voie à suivre. A peu près la même que la nôtre, d'ailleurs, à cela près qu'un vieux ou une femme, de nos jours, ça se croit tout permis.)

Hum, hum (nous nous accordons, ce qui réalise un progrès).

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Le silence.

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Les petits traits, il y en a bien eu six ? 
(Merci.)





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Rare est l'oiseau.
Il suffirait qu'il ne soit rien.

Très suffisantes sont les oiselles,
Qui passent,
Comme tous les oiseaux.

On ne dit pas d'un ami qu'on a choisi car on choisit toujours un ami, jamais un amour.

On ne dit pas, dis-je, d'un ami, c'est un mammifère, on est comme un, lui et moi,

On se trait à l'aube et, croyez-moi, ça fait très mal d'être trait.

Non, on dit de quelqu'un qu'on aime ou qu'on déteste en général, 

(il est fréquent d'être indifférent)

Mais en général : celui-là c'est un oiseau rare. Mieux, c'est L'oiseau rare.

Il y a une oie rare dans Sherlock Holmes. Lisez Conan.

Mais il y a peu d'oies rares. Si peu, qu'elles sortent de partout, là, tout d'un coup, aujourd'hui. Pourquoi aujourd'hui ?

Mon petit gars, dans la vie, tu apprendras que les choses t'arrivent toujours aujourd'hui. Jamais jamais. Je voulais dire jamais, virgule, jamais.

On les appelait, distraitement, les oiseaux. Tiens ! Un oiseau.

Sans doute ma petite faut-il être à peu près distrait pour voir un oiseau. Jamais complètement. Sinon on ne l'a pas vu. Et puis être complètement distrait, ça n'existe pas.

Surtout en guerre. Quand les autres ne sont plus rien d'autre que les autres. Sauf ta maman si tu en as eu une. Je veux dire une qui est connue, qui est célèbre pour toi.

Quand on tombe, et si on tombe, c'est dans ta tombe 

car je te parle.

D'une voix qui m'est à moi-même étrangère. Une affaire venue, compliquée, des oiseaux. Car les oiseaux, très compliqués de leurs ailes, sont du temps. Du temps un peu plus compliqué que du temps.

Oui. Les oiseaux sont du temps un peu plus compliqué que du temps.

Dit le paléontologue : très rares sont les fossiles des oiseaux. 

Ossature, mais si presque que le vent.


On trouve des becs et j'en ai un et je l'ouvre. On ne trouve rien d'autre et je n'ai rien d'autre et je la ferme.

On trouve, rarement, des couilles. Des couilles d'oiseaux. 

On se les met où on met tout : dans sa collection.

Oui très rares sont les fossiles des oiseaux. Un ours de mes amis, qui fut lourd, comme tout bon ours, me le disait récemment.

Les oiseaux c'est le contraire de l'ours, dit l'Inuit.

C'est le contraire de la baleine.

Dit l'in-nuit.

C'est ça de creuser un trou dans la glace quand il n'y a plus de glace, plus de glace. Plus de grâce, plus de grâce.

C'est ça quoi de taper du pied dans l'inutile.

D'écouter un quatuor, un jour, avec des gens. De se taire ensemble devant la bonne odeur du violon.

Même les vieux se taisent avant de se taire.

Même les femmes oublient de disposer de leurs cuisses.

Même les oiseaux oublient d'avoir des arbres. Les couilles s'oublient l'une l'autre. Tout est bien. 

















                      









jeudi 3 septembre 2015

SUPPLICATINES NOMINI PIERRE PEUCHMAURD









Presque riens, glissements à peine, clins d'yeux,
guerres lasses.


                                       Pierre Peuchmaurd

LA BERGERE EST UN LOUP POUR L'HOMME




Moi, sûrement encore moins poète que lui, Pierre Peuchmaurd, que je viens de citer, vouliez-vous un autre titre d'un film non filmé par lui, ah, il est cinq heures du mat...  un film de qui déjà, je n'ai que son nom à la bouche, là, avec Bernard Blier et tous les autres que même mes enfants ils ont l'air de préférer à leur époque celle de juste avant que je bosse encore, j'avais à me méfier de ces surchauffes et de ces heures-là. Ben me le fais pas dire. 

Un autre : DONNER LA VIE, C'EST GONFLER LES STATISIQUES DE LA MORT. En ôtant la virgule, encore un titre de film. Pas de Bergman, c'est sûr. 

Oh, et là. L'ANGOISSE DE LA PAGE BLANCHE QUI LE SERAIT BIEN RESTEE.

FORMULER UNE ROQUETTE.

CETTE OBSCURE CLARTE QUI TOMBE DU VASISTAS.

Ouah la filmographie !

LE BEAU BRUN DE FILLE *

lundi 31 août 2015

LA RENTREE




Automne
Pas d'enfant sur mes genoux
Pour regarder la lune

                            (Bashô)

vendredi 26 juin 2015

DJIHADISTE ATTENTION !

Tu peux aller chez Allah là
Décapiter ? La France se l'est fait.
Choisis ailleurs pauvre malade.

Va à Allah là-bas
Il va très bien chez nous
Nos filles sont fières sont nues
Nos gars sont fiers sont retenus

Ah là là Allah
Crucifie tu te crucifies
Expose tu ne t'exploses

Va à Allah là-bas
Son attentat t'attend
Quant à la France, bébé,
Elle est la mère du monde













Tu ve


ALLEZ LES BLEUES

     Pourquoi soudain connaissais-je toutes les règles ? D'ailleurs quand les avaient-elles chacune ? Etait-ce que  la lune marquait un but ? Moi je me souvenais du martyr de jouer au foot, d'avoir le talent de me prendre un ballon dans la gueule, même de loin. Moi qui étais joueur (pas de foot), je détestais ce sport non violent en théorie mais qui faisait des blessés graves, et qui, pour un seul chiffre, se jouait au jugé de l'arbitre ou aux tirs au but. Sans parler du fric. Insatisfaisant pour le joueur comme pour le lutteur comme pour le paresseux que j'étais. C'était, je le savais  aujourd'hui, que j'étais  le petit maigre trop chouchouté et trop peu chouchouté par sa maman. Prems à la corde, bon au sprint, tricheur à l'endurance. Mais le foot, la voilà la blessure inguérissable. Rien que voir un stade avec une pelouse bizarrement parfaite et des rayures blanches ; d'entendre le public et de le voir crêté, tatoué, alcoolisé, peint aux couleurs de sa nation ou de son club  : c'était bien la seule chose qui me fît  accepter d'être témoin à un duel d'honneur, à l'aube dans un silence de rigueur,  c'est-à-dire en toute illégalitė, à l'ancienne. Quand je dis témoin, j'espère seulement témoin. Je me demandais juste pourquoi quand les filles jouaient, JE PLEURAIS. C'est encore le journal de la veille, puisque je veille sur elles et elles n'ont pas encore gagné ce soir.
   Sinon vive  le rugby où on ne fait pas semblant de croire que l'enjeu est tout rond.


lundi 15 juin 2015

BEN...

Ben on va peut-être un peu se détendre, hein, après tout ça ? Ça fatigue. Que c'est violent de se calmer ! Merci, et promis je ne dis plus rien avant deux jours. 

OH PÈRE GOOGLE

Oui oui, j'ai bien saisi mon nouveau code de validation. C'était vraiment inutile de me téléphoner. Trop de chiffres et mon père a dû me fâcher avec eux, grâce lui soit rendue. Je suis contre le principe de précaution pour moi-même, je suis pour le principe de danger sinon on devient fou. Mais merci quand même, père Googlestore, toi au moins, t'as l'air d'être un papa. N'empêche que tu me réveilles dans ma sieste et ça me donne des palpitations. Ce qui colle avec le principe de danger, donc on est d'ac. Et même avec le principe charmant. Cela dit, côté chiffres, j'aimerais bien que mon fils ait son brevet avec mention, mais sinon qu'il vive adorablement ces seize ans-là, au milieu des milliards des années. Et que ma fille reste liée non forcément à sa harpe, mais à la belle harpe de sa vie.

dimanche 14 juin 2015

BASHUNG / SUPPLICATIONES NOMINI

La, réveillez pas, laissez-la

L'horloger, ses minutes sont comptées

La, réveillez pas, laissez-la

                                 et


Comme les herbes folles, tu peux courir

La, réveillez pas, laissez-la

Faudra se serrer
Comme une forêt vierge

La, réveillez pas, laissez-la

Et les lianes infinies, faudra s'en mêler

Là, réveillez pas, laissez-la



samedi 13 juin 2015

Slam. sur un vers de Musset

J'écris beaucoup quand j'vais mourir
Et la bergeronnette en attendant l'aurore
Et les seins de Cloé sont serrés à s'enfuir
Et toujours à demain si c'est déjà la mort

Je cherche un buisson pur où veut le vent mourir
Et la bergeronnette en attendant l'aurore
Seins de quelqu'un inventés du désir
Un peu une dernière fois avant le port

J'écris par à-coups
 quand je vais vers le pire
Mais si j'aime c'est ton corps et ton corps et ton corps
Et les seins de quelqu'un c'est très se souvenir
Bateau n'est que fragilité et même au port

Et si tu nais jamais, mais ce n'est que vieillir,
Simplement d'être né c'est déjà être fort
Et les seins de Cloé c'est très souvent frémir
Qui a peur de la mort n'est que celle qui a tort


Je n'écris moi que par la peur et faisant rire
Car si on est vivant avant on était mort
J'ai bien connu des saints je n'ai rien d'autre à dire
Et ce très prochain vers ne peut être qu'un leurre

Et la bergeronnette, en attendant l'horreur
Cherche un buisson par où se souvenir
Je me tais c'est ma mort c'est ma mort et c'est ma mère
Et aussi c'est mon fils, et tous enfants par qui je peux mentir

Maman, maman, maman pute, maman pure
J'écris beaucoup quand j'vais mourir
Et c'est violent quand je me venge du pauvre dur
Qui a éjaculé seulement pour m'interdire

Oh mon vieux chien c'est par là pour sourire
Je cherche un buisson pur où oublier l'amour
Et la bergeronnette par où se souvenir
J'ai un prochain pays, au secours les secours

Ces seins sont oubliés et je ne sais plus lire
Je suis devenu fou et je cherche de l'or
Lors que je vais mourir et n'ai plus rien à dire 
Ouais on est là on n'est pas né pour être à l'heure

Chérie je cherche et en vain je soupire
Pleurer serait fatal au milieu des efforts
Mais non, mon nom, pas question de souffrir
Et la bergeronnette, en attendant l'aurore


jeudi 4 juin 2015

AMATHEMATIQUE

Déjà que je ne suivais pas en français où j'étais prems, que je ne m'intéressais que rarement, alors t'imagines les maths. Une (bonne) formatrice a essayé de me montrer, à moi une fois adulte, prof, seul garçon dans un poulailler de dames "littéraires" effrayées à l'idée poétique que x ne fût x qu'à un certain prix (f) de x, et que cela pût engendrer une droite, que les maths " étaient la matière pour paresseux puisqu'il ne s'agissait toujours que de simplifier ". Mais elle, elle était gentille, c'était une vraie adoratrice et des maths et des élèves. Elle en a sauvé plus d'un de la marée amathématique. 
C'est étonnant d'avoir un fils de seize ans rejeté des maths par sa prof, qui non contente de ce piètre rôle le juge incapable de la moindre manifestation d'intelligence également en français, en histoire, en langues. C'est étonnant comme, mal baisée qu'elle est, elle n'a pas la culture historique, littéraire et artistique de ce jeune homme, l'élégance de sa plume et son aisance orale. En (euros) de x, je donne la représentation sur repère orthonormé plutôt basse, et même tombante... vous allez voir qu'elle va lui trouver une nouvelle déficience. " Bien sûr, à seize ans, x c'est X. Ha! ha ! " 

Un bon élève est celui qui déteste tous les profs sauf un, ou une, qu'il n'oubliera jamais.

L'Education Nationale est un leurre, bouteur de guerre, de pensée unique, d'années de malheur, de labeur démotivé. Heureusement comme on a le même âge, on se fait copains et copines en séparation malsaine du monde adulte. 

Va, choisis ton domaine, choisis ton maître, et obéis-lui aveuglément. Va, mon fils.

C'EST FERME

Entre ou va-t'en mais ne reste pas comme ça.  

On te dit que C'EST FERMé. 













mardi 2 juin 2015

PLAT DU JOUR

"Tout jardin sera public. "
               Salah Stétié, L'être, p.52                
                                                




Là le haïku m'échappe
Je rentre dans mon nom
Pour y tourner en rond
Fût-il et y danser

Et qui est aux abois
Sinon ce joli gouffre
Non lui, moi, être,
Fût-il et y danser

J'ai vu chez mon aveugle
Petit os de mon âme
Les mains serrer les choses
Fût-il et y danser

Toi voici les déserts
C'est pour ta petite main
Que je tiens pour quoi faire
Fût-il et y danser

Mon vieux chien tu oublies ?
C'est la fin du jardin !
Ta langue n'y pend pour rien
Fût-il et y danser

Et le merle et le moi
Mais que faire du printemps
Qui sautille seul à seul
Fût-il et y danser

Qui suis-je et sans cela
O mère illimitée
Pour mon bateau petit
Fût-il et y danser

Mon ventre n'est formé
Que d'un ancien cheval
Crevé sous moi guerrier
Fût-il et y danser

La forêt on dirait
Elle abrite un ennemi
On s'y cache ou on rase ?
Fût-il et y danser

Mais qui a refermé
La main de cet enfant
Enfant aux écureuils ?
Fût-il et y danser

Mais faut-il les laisser
Et ce chemin et moi
Nous en aller encore ?
Fût-il et y danser

Là le haïku m'échappe
Je rentre dans mon nom
Pour y tourner encore
Fût-il et y danser

















vendredi 22 mai 2015

PRENDRE SA RETRAITE

     Ces trois mots, obscurément, m'avaient toujours gêné. Quand j'avais vingt ans, avec l'apogée du plein emploi, je les entendais autour de moi et, n'ayant presque pas travaillé, à part apprendre en apprenant, apprendre en vivant, vivant en apprenant, flemmardant en apprenant, m'angoissant de choses ridicules, attentif à mon paraître et, beau que j'étais alors, repoussant par ma timidité les filles qui me fussent tombées dans les bras, attirant irrémédiablement les garçons qu'il m'a fallu toujours détromper - dégoûtant que m'est ce sexe à la fin -, fatalement aimé par les possiblement lesbiennes, les amatrices plus de David Bowie que de Johnny Halliday, j'avais été et j'étais encore capable de terminer une phrase complexe.

    Etrange de la part de la République d'avoir choisi le mot "retraite" pour entretenir ses "invalides". "Prendre sa" aussi était étrange. La retraite est un ordre, un calcul, quelque chose de choisi par un supérieur. C'est un terme militaire : le "sa" ne collait pas avec, sauf cour martiale.

   Loin de moi l'idée de contester l'idée de répartition, la vieille - et non nouvelle - idée que, jusqu'à un certain point, une personne qui avait vécu et travaillé 

  1) contribuait à l'efficacité des plus jeunes ;

  2) méritait l'inactivité ; méritait d'être entretenue dans son inactivité ;

  Mais, par les temps qui couraient, j'eusse compris, non qu'on m'assassinât, mais qu'on me laissât être mangé par un ours, ou un microbe inédit, ou par l'un de tous les crabes tapis en nous tous. Ou par une bagnole.

  Si je prends quelque chose, ce n'est pas la retraite, sauf ordre. Ce n'est ni je, ni il/elle/on. Ce ne peut être que TOI. 





 " L' Etre n'exulte qu'à l'épreuve de l'Autre. "
                     
                                    Dominique Autié, Royaume pour ses doigts.

mercredi 20 mai 2015

EHRLICHES GEDICHT / PAUL CELAN

ZUVERSICHT



Es wird noch ein Aug sein,
ein fremdes, neben
dem unsern : stumm
steinernem Lid.

Kommt, bohrt euren Stollen !

Es wird eine Wimper sein,
einwärts gekehrt im Gestein,
von ungeweintem verstählt,
die feinste der Spindeln.

Vor euch tut sie das Werk,
als gäb es, weil Stein ist, noch Brüder.




CONFIANCE

(Je n'offrirai la traduction, qui n'est pas la mienne sauf pour le passage à la ligne, que des deux derniers vers.)



Il fait devant vous son ouvrage, comme si, parce que la pierre existe, il y avait encore des frères.



  


lundi 18 mai 2015

YVES BONNEFOY (supplicationes nomini)

(pour mon oncle et pour moi)                                    



LE NOM PERDU 


             I


Un vieil homme, à même le sol
Devant l'hôtel, à deux pas de la plage,
Il dit qu'il va mourir,
On se penche vers lui, il se détourne.

Il dit encore
Qu'il voudrait que tout vaque à son ordinaire
Autour de lui, dans ce lieu de hasard,
Que les gens entrent et sortent,

Que les servantes chantent en dressant les tables,
Qu'elles rient avec les clients.
Et pourtant, à l'adolescent qui s'agenouille :

" Ah, prends ce livre, dit-il,
Un nom est là.
Dis-moi ce nom que je cherche. "


    Yves Bonnefoy, L'heure présente.



samedi 16 mai 2015

DEPOT D'UN REVE

(très, très simplement)


Un mot sur Alen Chloé. Je parlais d'un rêve. De ceux tu sais, qui arrivaient parfois à se faire plus saillants que la réalité. Oh, rien d'un cauchemar. Quelque chose d'important auquel on ne comprenait à peu près rien. C'était vexant. Je m'étais résolu à le noter, ce que je faisais rarement avec les rêves. Je m'y pris à trois fois, pour le tenir tout en laissant infuser, ou évaporer. 

Un peu codé, avec des raccourcis, deux repères laissant un lecteur sans armes 
- voire ! - 
mais fixant pour moi un troisième repère intact. Par urgence de ne pas perdre. Un sms crypté, un sms pour moi seul.

Je crois n'y décrire aucune scène. Des bouts de phrases où domine un allemand fautif, troué (ça, l'allemand, au moins c'est clair pour qui me connaît). 

Certaines phrases me renvoyaient à des scènes. J'avais besoin de noter les phrases pour faire remonter les scènes. 

Pourquoi pas ici ? Des phrases ! Ipsa lingua était indiqué. En plus, dans la vie quotidienne  je perdais tout, pas seulement les rêves. Alors voilà, c'était rangé.

Ah, "Chloé". Elle était très gentille, bienveillante, intelligente. Avait peut-être une vingtaine d'années. Je ne la connaissais pas du tout. Quel âge avais-je moi-même ? Qui était-elle ? Nous nous "étions aidés", rien de tel qu'un de ces mots vagues pour évoquer,

introuvable, exaspérant, 

un probable nez au milieu de la figure.





  

jeudi 14 mai 2015

ALEN CHLOE 3

La règle c'est

Ohne das Wörterbuch,
Das noch steht
Weit dahin,
Von zahlreichen leeren Büchern begrenzt

C'est

Nur aus einer alten Meer einfaches emporragendes Felsen
Für alle ganz unnützlichen Schäume

C'est
Parce que

Es gab plötzlich auf deutsch
Chloés
Warum auf deutsch
Das werd' ich weder wissen noch verstehen noch vergessen

Warum auf deutsch
Warum auf deutsch und bevor eine andere Nacht mich
     - consentant-
Zumache



  

 
 

mercredi 13 mai 2015

ALEN CHLOE 2

Deutsch ?

Keine Muttersprache.

Keine Heimat oder die Einzige, dort, so, so weit von mir dass ich diese Sprache, wo ist ...,  beheiratet, weisst du  ?

Und, wir beiden, en un temps impossible et à oublier,

Sozusagen Uns

mit deiner drei Uhr und so was, place de la Bastille

Deutsch.

und, weiss ich alles das, mein Leben, so geliebten Frau, Kinder,  mich selbst

so lebendig sind sie und ich

Deutsch ?

Dieses Kind sein, für immer, und es noch nicht erkennen
Das kann ich nicht mit meiner Muttersprache sagen

O zu wenige Wörter

Chloé, sicher sicher, sicher sehr, sehr dahin in die Nacht
Un petit peu impossible mais venue

Un peu impossible mais venue
Et moi peu impossible et mais, surgi

Kleine kleine,  Chloé,  hoffentlich der Jûnger der Anderer
Dir etwas gutes gemacht hat

- "Gegeben", wirst du leicht verstehen, ist für mich schwer auszusprechen.

Viele.

Viele und viele Fehler.

Einig.

Deutsch.

Keine keine Muttersprache
Eine eine mütterliche Sprache





ALEN CHLOE

Chloé, ich bin Alen. Ja, der Alen,
Glaub, es gibt kein anderer.
Es dauerte kurz und lang.
So toll !

Diese Sprache wozu ?

Wozu ja.
Wir, heimlich, haben einander
Die Moment,
Inzwischen,

So ein so kurzes Dasein.

So bin ich, dass
Vorgestern war Ich
Kann sein
Um dich aufstehen zu tun

Und...

Nein, es wäre nicht rein und nicht
Und nicht
Wenn ich ein W



mercredi 6 mai 2015

FOR A FATHERLESS SON / SYLVIA PLATH II

You will be aware of an absence, presently,
Growing beside you, like a tree,
A death tree, color gone, an Australian gum tree -
Balding, gelded by lightning - an illusion,
And a sky like a pig's backside 

- an utter lack of attention.

vendredi 10 avril 2015

SYLVIA PLATH



1.


The air is a mill of hooks -

L'air est tissé d'hameçons




2.




                    For a fatherless son



You will be aware of un absence, presently,
Growing beside you, like a tree,
A death tree, color gone, an Australian gum tree -
Balding, gelded by lightning - an illusion,
And a sky a pig's backside, an utter lack of attention.

But right now you are dumb,
And I love your stupidity,
The blind mirror of it. I look in
And no face by my own, and you think that's funny.
It is good for me

To have you grab my nose, a ladder rung.
One day you may touch what's wrong
The small skulls, the smashed blue hills, the godawful hush.
Till then your smiles are found money.



3.



                                                     
                                                          Lyonnesse









jeudi 9 avril 2015

DOMINIQUE AUTIÉ II / SYLVIA PLATH

SUPPLICATIONES NOMINI SYLVIA PLATH





Oui la boutique est fermée (cf FERME MAIS) mais toi... bon allez entre. 

C'est juste parce qu'un connard m'a dit qu'aucune femme n'écrirait ce que j'écris. A quoi je réponds qu'un jour (il y a longtemps) une lesbienne m'a dit que je faisais l'amour aussi bien qu'une femme. Et je ne crois pas avoir reçu meilleur compliment. Mais c'était il y a longtemps et sans doute cette performance n'est-elle plus de mon ressort.

Le connard est le déclencheur comme d'habitude. Grâce lui soit rendue ainsi qu'à Dieu et à son Prophète. Maintenant citons Sylvia, il suffit presque d'ouvrir au hasard.



You come in late, wiping your lips.
What did I leave untouched on the doorstep -

(Tu rentres tard, essuyant tes lèvres.
Qu'ai-je oublié sur le seuil -)


Je cherchais d'autres citations. J'ai relu. Je me suis dit : inutile, tu vas lire tout Sylvia Plath. Le rapport avec Dominique, oui, oui, un feuilleton, un roman. Si ce blog durait et s'organisait enfin, vous comprendriez ou non, par imprégnation ou non, comme on apprend les langues. Avec une grammaire de l'âme et avec



(Tu rentres tard, essuyant tes lèvres.
Qu'ai-je oublié sur le seuil -)

             Sylvia Plath, Arbres d'hiver,
                          Traductions de Françoise Morvan et Valérie Rousseau,
                          Edition bilingue, Poésie/Gallimard








jeudi 19 mars 2015

SENTENTIA x

De nous jours les nouvelles vont si vite que nos enfants se croiraient tous les jours plus vieux d'un jour. 

Or la jeunesse est de ne se récupérer pas plus vieux le lendemain. D'ailleurs même en croyant recommencer, on commence autre chose.


mardi 3 mars 2015

FERMÉ MAIS

juste pour cause d'inventaire. Ce blog exploitait une technologie à la mode, soit. Mais qu'il me sollicitât de venir à lui, c'était non. J'avais bien assez d'addictions. Fournir mon poème à date fixe, réagir à l'actualité comme j'y avais pensé en janvier dernier, vous livrer au laser la dernière de mes élucubrations, non non non. 

Ecrire ici le roman qui m'occupait actuellement, en feuilleton puisque l'exigence du genre avait pondu de grands romans et des bd magnifiquement construites, eût un sens. Et ce fût une excellente thérapie à ma procrastination habituelle. 

Je me gardais de m'y engager : mieux valût dans mon cas une première étape, comme ouvrir le courrier...

                                  -------------

(et c'est ainsi que le lendemain)

A me relire, il y avait du vrai là-dedans. Donc je vous le publiais. 

SURTOUT POUR SALUER QUI ME FAIT L'AMITIE DE ME LIRE ET LUI DIRE A BIENTOT. BREF ALEN N'EST PAS ENCORE MORT, ET TOI ? 

mercredi 21 janvier 2015

OCEAN MORAL *



     Chaque fois qu'oralement ou par écrit je m'étais lâché dans le genre "bête et méchant" (comme dans mon pénible post Culture et dialogue II), une bride m'avait retenu d'y poursuivre. Je n'aimais ni le mode paillard, ni le mode désespéré de faire passer des messages. 

     Nous étions nombreux, je l'avais constaté en lisant et en échangeant, à flairer le piège, le terrain miné de la nuance où nous trouvions coincés : il était bienséant ces derniers jours d'opposer moquerie et injure, parce que la liberté de la presse est un principe sacré. Mais on se soufflait qu'entre "moquerie" et "injure", l'opposition était bien fragile. Moquerie ou injure : de la part de qui, à l'égard de qui ? Et pourtant il n'y avait pas un pouce à céder à la barbarie et à la lâcheté.

    Charlie-Hebdo fleurait bon (ou mauvais, comme chacun voudrait) les années 70, un consensus sous-entendu par la jeunesse massive du baby boom, où le débat pouvait se résumer à la provocation parce qu'on restait, même avec ses ennemis, entre soi : bien des mots, comme "mondialisation", ne s'imposaient pas donc n'existaient pas. Certaines frontières nous étaient plus fermées comme l'Europe de l'Est, d'autres plus ouvertes comme le Sahel. 

    Eussions-nous aujourd'hui inventé exactement le concept de ce journal qui donc, il y avait si peu, était encore un hebdomadaire ? On ne voyait que lui dans les kiosques avec sa grande caricature de  une qui tranchait avec les titres des autres. Souvent, à cause de son format, il s'insérait parmi les quotidiens et cette une en devenait obsédante. Il était du paysage. Mais l'eussions-nous, aujourd'hui, inventé ?

   Eussions-nous appelé Enfoirés les Enfoirés, loin de Coluche et des années 80, dans une France où, avec la disparition officielle de "mademoiselle" par exemple, l'exécutif forçait la langue, pour la première fois je crois depuis la Révolution française avec ses éphémères calendrier et villes rebaptisés ?  

   De tous côtés, figés sur place par le stand by de nos modes de vie et de pensée face aux bouleversements du monde, souhaitions qu'une tragédie nous servît au moins à bouger, et plutôt pour avancer que reculer.


* Ce titre peut surprendre car il ne présente pas de rapport direct avec ce seul texte. Je le tiens depuis longtemps, et pour un essai - que j'écrirai ou non.

lundi 19 janvier 2015

EXERCICE DE DICTION

HUMANITÉ ET UNUNANIMITÉ CONTRE L'UNANIMISME.

D'abord, respirez avec le ventre. Buvez un thé vert avec une dose d'hammamélis. Répétez le plus vite possible. Et si vous vous plantez c'est bien, c'est que vous en avez besoin. Vous êtes-vous endormi avec des pensées positives ? Avez-vous fait une sieste de plus de vingt minutes ? Ah, j'en étais sûr. Chronométrez-vous. Choisissez un confident hors vos proches auquel vous direz toute la vérité. N'hésitez pas à vous confier à moi : c'est simple, ou c'est payant ou je suis cinglé. 

CULTURE DU DIALOGUE II

Aujourd'hui j'étais une femme, comme l'autre jour j'avais été Charlie, alors que je ne l'étais ni l'un ni l'autre, c'était ça les saltimbanques et m'installer dans cette catégorie n'était pas me dédouaner, mais penser à ma maman, juste défunte. Enfin non mais pour moi elle était toujours juste défunte. 

Donc, oui :

- Enlève ton tchador.
- Mais Madame, je l'ai enlevé.
- Ça ne se voit pas. Il est encore plus sur ton visage quand ton visage est nu.
- Vous heurtez ma conscience, vous allez trop loin.  Tu me cherches, quoi.
- Toi aussi tu heurtes ma conscience de femme, de féministe et de laïque.

(au fond de la classer, deux garçons)

- Elles sont bonnes hein toutes les deux, quand
 elles se bastonnent.
- Tu es malade.
- Branle-moi sinon t'es mort. Vite. 



Tout est réel, avec collages. Témoignage tantôt direct, tantôt non. Mais les citations sont exactes. Certaines ne datent pas d'hier. Les "journées", révolutionnaires ou consensuelles (14 juillet 89 ou 14 juillet 90, fête de la Fédération), sont dérisoires, mais répondent par l'instant au poids de la paresse et, ce n'est pas négligeable, à un remerciement obscur et on ne sait pas toujours à qui ou à quoi d'être en vie, d'avoir un espoir touchant. Mai 68 est venu sur une France qui avait bien le droit d'être enfin tranquille et prospère, de la part de jeunes pour qui tranquillité était hibernation. Choc de génération. La guerre d'Algérie, un million de morts je crois, n'a pas changé les sociétés. Mais ce mai, presque rien en soi à côté de règlements de compte à Marseille ou ailleurs, a fait changer de siècle. A levé les femmes. Il est possible que les 7 à 11 janvier aient aussi bouleversé les donnes. L'histoire est à renifler. Trop tôt pour ne pas dire des bêtises. Trop tard pour rester paresseux. Par où que nous saisissions notre pensée, elle abdique parce qu'une paresse de trente ans ne peut aboutir qu'au silence devant les paradoxes accumulés. Identité et mondialisation (un exemple !) : Libre circulation (des grains, des hommes, des idées), et identité (famille, village, couleur, langue, nom, blason- je pense à mon ami Marc - et je vais trop vite car, royaliste sans doute quelque part, je crois pérennes les différences entre pays d'état et pays d'élection  : mais les rois eux-mêmes ont doucement ou violemment effacé la différence : les rois de France ont été les premiers Jacobins). Faut-il donner priorité à l'une, quand on a deux exigences ? La deuxième que je cite (identité) est la plus ancienne, la plus facile en apparence, la plus réflexe. La première, celle de Voltaire, disons, a joint dans le panache la France et la naissance des Etats-Unis, pendant que l'Angleterre, où c'était déjà fait, plongeait la Terre dans le monde industriel. De tout cela ressortent de curieux voisinages (pour la pensée) : Chevènement - Soral ? Que mets-tu en premier, Andalou : Schengen, l'Espagne, ou l'Andalousie ? Plus, moins de fonctionnaires ? Où l'argent, comment l'impôt ? Où l'argent, où la guerre, où l'argent de la guerre ?

Je m'essouffle pour aujourd'hui.

Déjà que je n'avais plus l'habitude de parler au présent. 

Ah ! J'avais beaucoup de lecteurs mais pas assez de commentaires. Pour la poésie je comprenais, seul Guillaume possédait l'art de commenter poétiquement un poème. Mais là, alliez-y. 










vendredi 16 janvier 2015

CULTURE DU DIALOGUE

- C'est faux.
- Je m'exprimais.
- Oui mais c'est faux.
- S'exprimer c'est forcément vrai.
- Ta ta ta, mon cher. Pardon : TA TA TA TA TA TA TA TA TA TA TA TA

vendredi 2 janvier 2015

POUR L'ANNEE A VENIR



Und wenn dich das Irdische vergass,
zu der stillen Erde sag : Ich rinne.
Zu dem raschen Wasser sprich : Ich bin. 

Et si t'ont oublié les choses terrestres,
à la terre immobile dis : Je m'écoule.
A l'eau impétueuse dis : Je suis.

                                Rilke, Sonnets à Orphée, XXIX. Trad. Alen Leoz.




heureuse année à tous !