samedi 24 octobre 2015

PROMENADE












Trois dames déjeunent, elles sont douces et détruites. Le vent est passé par le passé. Je connais, j'aime, quelque chose. De lassé parmi nos paroles. D'ardent, de réel, comme entre nous. Comme deux chemins bifurquent par le silence. Pour arriver là, eux aussi. 

*

Et je parle par le vent et je parle par la bouche étrangère, et soudain l'oiseau tient la note est je suis le grand poète. Exilé du grand poème.

*

La promenade c'est du temps appelé comme ça. Tu t'assois je m'assois. Si on repartait ? Ce banc devient plus lourd que le froid.

*

Quant à mon ciel, il y poussait une branche si douce que s'y posait la foudre.

*

Linges d'air, entre le bleu et l'oubli. Les soirs d'été, la parole est une herbe sans le souffle.

*

Tes bras tes longs seaux, tes seaux sans puits où puiser, tes bras autour du cou du monde, qu'est-ce qui me détache de tes bras ? Et me fait tomber au fond de moi-même comme au fond d'un sac ?

*

Entre tes doigts, un peu d'air, très joli et mince, un bon millier de cordes de harpes.

*

Viens à moi en sabots de soie, en mendiante en sandales de la mer, viens avec tes dix visages avec les quatre vents fous, viens avec mes propres mots qui me pulvérisent.

*

On devise par là, on en meurt par ici. Le parc ferme ses grilles. Le sosie du vent le remplace. Des hurlements de silence succèdent au silence.     


jeudi 8 octobre 2015

ADAM LALOUM

Responsable de ce genou
Si peu des chats et de mon âge
Monsieur Laloum ne soyez pas jaloux
J'aime Lise et lire et Lise
Aucun je entre nous
J'ai à vieillir et à aimer
Seuls ceux qui vous sont inconnus

Etrange lucidité soudaine
D'autant violente dans la Troisième
Que ce début rageur d'une fugue
En la marche funèbre
Et le début de la Septième
Encore une promesse non tenue
Parlant des symphonies des seules

Impossible de ce genou
Et de la fouine qui couine
Oui elle est là hors du jardin
Et Lise est là sage et sauvage
Monsieur Laloum loin d'un piano
Vous voici responsable
D'aucun d'entre nous deux














LISE BERTHAUD.

ADJECTIF. Ne serions-nous pas plus cela que nos noms ?

ALTO. Instrument inutile. Mais roi. Comme les rois le sont.

ARABE. Femme, homme, terme à terminaison ambiguë, surtout l'adjectif.




BEETHOVEN. Dire Bétove ou Beethoven. Donc être sourd aussi.

BERTHAUD, Lise. Voir ci-dessus.

BRAS. Tendu, ressemble à l'arrière d'un genou, prolonge le corps d'un alto.

CESAR. Franchir un grand fleuve, le Rubicon.

FRANCK, César. Inventer la musique en marchant dans le froid pour aller donner une leçon. Puis l'écrire pendant ses pauvres vacances.

FUMER. Pour Lise Berthaud, avoir un peu le trac à la nuit tombante avant d'attaquer l'opus 135 de Beethoven. Ou est-ce 138 ? En tout cas, pas "la Grande Fugue".

KIWI. 1. Se cultive bien en Italie. 2. Se transporte mal de Nouvelle-Zélande / 3. Sans parler de ce pauvre oiseau qui ne vole pas, connaissant mal les Maoris et les Anglais.

MOA. Vieux gigantesque oiseau assassiné par les Maoris. Ou est-ce Réa ?

ORANGERIE. Reste d'un château. On se bourre ailleurs de vitamines C, mais le mot demeure joli et l'acoustique excellente. Lise y passe. Y passe magnifique, comme ailleurs.

QUATUOR. Se dispute. Parce qu'Acide Barrett est mort et était né tout seul. Franchement il n' y avait pas de quoi se disputer en plus, les deux autres (cf. Pink Floyd).

REA. Non, lui, c'était en Afrique. Assez géant aussi.

THYLACINE. Marre des animaux disparus.

VIOLA.  all. cf alto, dernier instrument à cordes frottées que peut tenir un bras.

VIOLONCELLE. Bel instrument à voix d'homme, bien qu'il écarte les cuisses. Mais faut le planter, le piquer, le mettre en terre quoi. Le bouter et  le rebuter. Chaque automne. C'est chiant.

WAGNER, Richard. Si "vague" s'écrivait comme ça, je tiendrais mon double vé.

ZELANDE. N'est que nouvelle, à part pour les Maoris, les Moas,  quelques Anglo-Hollandais  et essais nucléaires de la langue que je vous présente / cf Le Seigneur des Anneaux.

HELAS : Lise commence par un Elle.

mercredi 7 octobre 2015

QUATUOR STRADA





Pour Madame Lise Berthaud, qui, d'après sa sœur, s'est souvenue de moi, qui fermais les yeux pourtant. 




Prier n'est que prier
Dire Lise n'est que dire Lise
Etre l'alto de la colombe
Est impur et moins pur
Vous lisez vous lirez
Lise à travers la vie
La vôtre non la mienne

Vous n'étiez que vous êtes
Ce n'était que le soir
De la tombe d'une colombe
Franck clope et Beethoven
Vous Lise et vos éclisses
Rien n'aura vous ni moi
Trop rares ou trop nombreux

Altistes vont ainsi
C'est vous qui l'avez dit :
Seuls les rois sont les rois
De la Chambre du roi
Mais ainsi est la reine
Qu'elle a sa petite sœur
Dont je me suis enfui

Et de l'Artiste alto -
Prière ? Prier sans doute
Où est l'Orangerie
Est-ce épuiser qu'aimer ?
S'il vous plaît Beethoven
Ou partout ou ailleurs
Toute pluie n'est qu'intérieure










ESSAYER DANS UNE HEURE / ME LE RAPPELER DEMAIN



Moi tu me tues tout de suite 
Sinon je ne te tuerai jamais
Mais ces mots-là c'est non 

mardi 6 octobre 2015

ESPECE DE TANKA SUIVI D'ESPECE DE HAIKU

Pour Lise Berthaud.


Etre grand parleur
Peu verbeux
Sans compétence
Serait-ce cela
Admettre
Etre poète ?

           *


O vieil érable,

Quel instant !
Tu insistes ? Soit.



lundi 5 octobre 2015

ALEN CHLOE 4





Keine kleine Chloé
Wo lebst du wohl dahin ?

Brust meiner Brust entgegen
Harte verlorenen Busen

Die mein Herz noch weint
Keine Kleine du Meine

Mich du abgehandelt
Keine kleine

Hat der Andere dir 
Was gutes gebracht

Ich weiss, wir Beiden
Bittere Tränen geweint haben

Dafür sende Ich dir einen Dank
Aber hat der Andere dir

Was gutes gemacht
Dir keine kleinen ?





SUBSTANCE DU LABYRINTHE 2





Veiller ou endormir
Un autre que ce soi
Est même qu'être le même

C'est une tombe de colombe
J'y suis mon violon mort
Ai un peu de silence

Me voici être à toi
Tu es partie profonde
Trop de l'autre côté

Et un arbre a beau l'être
Un peu immense ici
Et abattu là-bas

Je sais que tu n'es rien
Néant si mal parti
Ma leçon bien apprise

J'ai donné des nouvelles
Là c'est de l'absolu
Ici un cil par là son œil

Endormir est dormir
Et surveiller des angles
Aigus obtus aigus

Restés violents
(Un angle est violent)














dimanche 4 octobre 2015

SUBSTANCE DU LABYRINTHE





C'est prière que prier
Prier le manque de soi
Parmi une anémone
Une anémone des monts
Les anémones connues
N'appartiennent qu'à ces mers
Des rêves finis vulgaires

C'est faire rentrer le chat
Que faire rentrer le chat
Et quant à l'alcoolique
Un buveur d'eau distrait
Lui sert lui serre un verre
Espèce de fausse promesse
Rien n'est inépuisable

C'est épuiser qu'aimer
Aimer parmi soi-même
Croyant croire on y croit
Vous parmi les chemins
On n'a eu que sa mère
Obtenu que soi-même
Tenu de pauvres mains

Quant à mon chien il pend
Par la langue du jardin
Depuis longtemps aveugle
Est l'aveugle aveuglé
Je n'ai pas de voisin
Il est mort depuis lors
Tu connais un voisin ?

Niais est naître. Non ?
Exister pas question
Alors être peut-être
Je conseille un quatuor
Vous parmi César Franck
J'aime un être lointain
Me souviens peu lequel

Vous parler de l'aimée ?
Elle dort et elle dort bien
Vous vous entretenir
De quelques catastrophes ?
Il pleut et ne pleut plus
On n'a guère eu son père
Etre mère  : se vous plaindre

Je veille parmi la pluie
Ou la pluie veille en moi
Je prie parmi prier
Je sais bien que ma mort
Ne pend que par ma langue
Qui dépasse du jardin
Oh chaque langue de chaque chien

Age ? Vieux par mon grand-père
Perdu parmi les sages
Connaissez-vous du rire
Au milieu d'une jeune fille
Je veux dire le rire fou
Comme elles en ont toutes
Les herbes en plus de l'herbe

Que mon garçon s'en aille
Est vrai et impossible
Faut que cette pluie s'y fasse
Cet intérieur des pluies
Oh aucun mot n'est là -
Echoue à être encore :
Non un ordre un conseil

En plus une catastrophe ?
Appelons-la catastrophe
Mais l'herbe court dans l'herbe
Je maintiens cette enfance
Il est vrai il est faux
Qu'un dauphin croise un autre
Qu'ils parlent aux déesses

Echoue encore un peu
Que ton verbe appeler
S'appelle "appelle appelle"
Age par lequel tu n'es
Ni né, ni née, Nina
Oh toi par qui je suis
Espèce d'aimée, mélange

Ne l'appelons que la nuit
Elle l'est elle le mérite
Ne l'appelons d'ailleurs qu'elle
Se souvenant soudain
Si on lui donne un nom
On se l'interdira
Car elle n'est qu'elle et belle

Il va aimé ou mal
On l'appelle l'alcoolique
Tout chien pend de sa langue
Il va un peu ou mal
Sans faire le revenu
Du Viet-Nam par exemple
Sans faire l'Américain

Ni Nina ni elle-même
Pourtant vraiment profonde
Age ? Vieille comme l'inconnu
A Dieu comme ma promise
Peu comme un autre soir
Aimant ceux devant elle
En allée pour Bordeaux


Tu sais je suis perdu
Assis parmi les sages
Suis petit et petite
Me tais parmi mes mots
Escalade cette montagne
Puisqu'elle est devant moi
O neiges neiges intérieures

Prier ce n'est personne
Juste une substance si mince
Une d'être avec toi
Oui une jouissance de l'être
Cette espèce de secret :
Moi ou la Certitude
Ma mère est obtenue de moi

Qui s'est suffi de peu
Ne parle qu'à plein souffle
Inutile d'être utile
La guerre ne répète que
Des mots et donc des guerres
La guerre la poétesse
- Mais elles, l'herbe rêveuse

Donc l'alcoolique dont il
A un chien qui pend là
D'une langue et du jardin
Prie et reprie quelconque
Amis pardonnez-lui
Et son fils ne s'en aille
Car cœur et mots sont tendres

Nina dis-moi je suis perdu
Assis là seul parmi les sages
On me dit que prier n'est rien
Etre seul n'est-il rien ?
Je maintiens mon enfance.
La tienne. La tienne à jamais.
Puis ce quatuor.