dimanche 4 octobre 2015

SUBSTANCE DU LABYRINTHE





C'est prière que prier
Prier le manque de soi
Parmi une anémone
Une anémone des monts
Les anémones connues
N'appartiennent qu'à ces mers
Des rêves finis vulgaires

C'est faire rentrer le chat
Que faire rentrer le chat
Et quant à l'alcoolique
Un buveur d'eau distrait
Lui sert lui serre un verre
Espèce de fausse promesse
Rien n'est inépuisable

C'est épuiser qu'aimer
Aimer parmi soi-même
Croyant croire on y croit
Vous parmi les chemins
On n'a eu que sa mère
Obtenu que soi-même
Tenu de pauvres mains

Quant à mon chien il pend
Par la langue du jardin
Depuis longtemps aveugle
Est l'aveugle aveuglé
Je n'ai pas de voisin
Il est mort depuis lors
Tu connais un voisin ?

Niais est naître. Non ?
Exister pas question
Alors être peut-être
Je conseille un quatuor
Vous parmi César Franck
J'aime un être lointain
Me souviens peu lequel

Vous parler de l'aimée ?
Elle dort et elle dort bien
Vous vous entretenir
De quelques catastrophes ?
Il pleut et ne pleut plus
On n'a guère eu son père
Etre mère  : se vous plaindre

Je veille parmi la pluie
Ou la pluie veille en moi
Je prie parmi prier
Je sais bien que ma mort
Ne pend que par ma langue
Qui dépasse du jardin
Oh chaque langue de chaque chien

Age ? Vieux par mon grand-père
Perdu parmi les sages
Connaissez-vous du rire
Au milieu d'une jeune fille
Je veux dire le rire fou
Comme elles en ont toutes
Les herbes en plus de l'herbe

Que mon garçon s'en aille
Est vrai et impossible
Faut que cette pluie s'y fasse
Cet intérieur des pluies
Oh aucun mot n'est là -
Echoue à être encore :
Non un ordre un conseil

En plus une catastrophe ?
Appelons-la catastrophe
Mais l'herbe court dans l'herbe
Je maintiens cette enfance
Il est vrai il est faux
Qu'un dauphin croise un autre
Qu'ils parlent aux déesses

Echoue encore un peu
Que ton verbe appeler
S'appelle "appelle appelle"
Age par lequel tu n'es
Ni né, ni née, Nina
Oh toi par qui je suis
Espèce d'aimée, mélange

Ne l'appelons que la nuit
Elle l'est elle le mérite
Ne l'appelons d'ailleurs qu'elle
Se souvenant soudain
Si on lui donne un nom
On se l'interdira
Car elle n'est qu'elle et belle

Il va aimé ou mal
On l'appelle l'alcoolique
Tout chien pend de sa langue
Il va un peu ou mal
Sans faire le revenu
Du Viet-Nam par exemple
Sans faire l'Américain

Ni Nina ni elle-même
Pourtant vraiment profonde
Age ? Vieille comme l'inconnu
A Dieu comme ma promise
Peu comme un autre soir
Aimant ceux devant elle
En allée pour Bordeaux


Tu sais je suis perdu
Assis parmi les sages
Suis petit et petite
Me tais parmi mes mots
Escalade cette montagne
Puisqu'elle est devant moi
O neiges neiges intérieures

Prier ce n'est personne
Juste une substance si mince
Une d'être avec toi
Oui une jouissance de l'être
Cette espèce de secret :
Moi ou la Certitude
Ma mère est obtenue de moi

Qui s'est suffi de peu
Ne parle qu'à plein souffle
Inutile d'être utile
La guerre ne répète que
Des mots et donc des guerres
La guerre la poétesse
- Mais elles, l'herbe rêveuse

Donc l'alcoolique dont il
A un chien qui pend là
D'une langue et du jardin
Prie et reprie quelconque
Amis pardonnez-lui
Et son fils ne s'en aille
Car cœur et mots sont tendres

Nina dis-moi je suis perdu
Assis là seul parmi les sages
On me dit que prier n'est rien
Etre seul n'est-il rien ?
Je maintiens mon enfance.
La tienne. La tienne à jamais.
Puis ce quatuor.