mercredi 30 mars 2016

SUBSTANCE DU LABYRINTHE XVII



Cuisses que voulez-vous
Si écartées de l'impossible
Au matin total du matin
A tout ce désordre de l'être
Ou se chuchote tout et oubli

Enigme ne va qu'en silence
Ne cherche pas ta sœur l'énigme
Son petit pied muet la mer
Vois son nom joue encore au nom 
La nuit la réponse restera

Moi à la main de mon chemin
J'irai par ici de la vie
Créer et décréer le labyrinthe
Me défaire devant la musique
Où le nom est centre mais cuisse


samedi 26 mars 2016

SENTENTIA

Du genre de la Bruyère.

Le problème du bavard ou de sa compagnie, est qu'il lui faut répéter beaucoup la même chose pour qu'on croie, que dis-je, entende enfin qu'il a quelque chose à dire, peu importe que ce soit important ou non, mais dit. On ne s'écoute qu'entre gens qui se taisent.  En fait, le problème du bavard est qu'il est le bègue de son existence.

vendredi 25 mars 2016

SUBSTANCE DU LABYRINTHE XVI



Oiseaux affolés dans le crime
Tes seins pointés en cormorans
Ignoré ignoré tout cela
Viens nos doigts sont entre eux
J'aurais ignoré - ignoré tout cela ?

Ta plaine est ton ventre éventré
Perdu par ses propres corbeaux ?
Printemps pinson coupé de cruauté
Ouvre tes seins aux grands vents d'ouest
J'embrasse de chaque langue ma barbare

Le dé c'est le dé des démons
Et demain le volcan géant
Ma charrue pèse le poids des astres
Mais  viens nos doigts seront entre eux
Qu'ils se desserrent je vous présente :

Monsieur le monstrueux Madame la monstrueuse 

SENTENTIA

A notre âge, au nom de quoi refuser ce beau mot : "Destin" ?

mardi 22 mars 2016

SUBSTANCE DU LABYRINTHE XIV




Ecoute rigidité de l'informe
O ciel découpé en pinsons cruels
Je tiens cette petite main de mon chemin
Jamais je ne la lâcherai jamais
Même quand nous serons mots

Ou autres morts moins oubliés
Assez ridicules face au nom
Des femmes sortent des tours
On a subtilisé la mariée
La jeune sœur invisible pouffe

Je regrette c'est la loi des cœurs 
Pauvre vieille devenue
Qui a regardé sans rien voir
Assimilé un satellite à une étoile  
Au plus proche du volcan sans mot









lundi 21 mars 2016

SUBSTANCE DU LABYRINTHE XIII

Bien sûr tu es de la fratrie
Malheureuse sœur toi l'inconnue
Et à la garde des Mystères
Abdeslam est à massacrer - toi,
Dont les yeux absents prouvent le sang

Tu dis, allez, ce qu'on t'a fait ?
Silence ô silence du silence
Tout a décidé de faire tout
Papyrus est brûlure brûlure totale
Ma meute décide de gronder en le nom 

Pardonnez à la meute la meute 
Cernée de mots sans sens 
Voici : il va mourir sans une vierge
Qu'il a tuée tuée encore
Mais par l'épée d'un autre labyrinthe







samedi 19 mars 2016

SENTENTIA

Surgissent parfois des êtres qui vous empêchent de rester des gros cons. Je pense en faire partie. Et des êtres, et des gros cons.

jeudi 17 mars 2016

SUBSTANCE DU LABYRINTHE XIII

`




On parle d'âme en une épée ou un violon
On y suit le même mot ou fil ou âme
On prétend brusque l'accident
Cessant sa vie durant de parler d'elle
Mon père malheureux minotaure

Pourquoi absente du labyrinthe
Seule sœur qui n'est jamais allée
Absolue promeneuse de l'absolu silence
Chantonnant le néant au centre
Cueilleuse de fleurs bien trop distraites

Curieuse de fleurs bien trop abstraites
Ma main n'est autre que ton sang
Tu la saisiras dans le vol des âmes
Petite béquille avant de naitre
Cessant ta vie durant d'être le soi



mercredi 16 mars 2016

DEPUIS SA MORT ELLE MEURT

En immense hommage bien sûr à M. Jaworski. Cette fois les paroles sont de moi mais la musique reste la sienne : mille pages de cet acabit, mazette. Merci Monsieur le grand monsieur, j'ose m'installer dans le ton. Je me dis qu'après tout vous avez régné sur des jeux de rôle, donc qu'à l'exercice du "role-playing," vous ne hurlerez pas au plagiat. Ah, oui, quelques noms propres : ça porte même un nom cette activité aujourd'hui, il ne me vient pas. Très à vous dont vient que je m'exprime, là.

- Gemini, Gemini, même si je ne suis rien, personne, personne, personne...
    Etienne Daho

- Unwissend trugvoll,
Untreue übt'ich,
band durch Verträge,
was Unheil barg.

(Déloyal à mon insu,
j'ai usé de perfidie,
j'ai enfermé par des traités
ce qui cachait le malheur)
   Richard Wagner
      

        

  - Moi, me battre ? ai-je dit. 
 Les deux mandales de l'illettré m'avaient convaincu que je n'avais pas eu la bonne manière, en tout cas pas ce soir-là. Je repris : 
 - Un mauvais pari, c'est tout. Tout ce foin pour deux ratiches dans le caniveau... 
 - Tu plaisantes, don Convenuto, ou tu as vu ta gueule ?
  Alors j'en crachai, c'est le mot, sûrement un peu trop et trop vite, mais avec les aristocrates si vous voulez jouer au poète avec du sang partout, mieux vaut savoir quoi dire. Ou ne pas   le savoir mais le faire. Donc, vite, une illustre phrase. A tenter, quoi :
 - Moi, patron, du moment que vous me les  remettez... même en or ! Parce que ma nouvelle gueule, comme vous dites vulgairement, c'est quand même un peu pour vous.  
 - Je te reconnais bien là, don Convenuto, et je t'apprécie. Tu deviens seulement, ah comment dire, un peu visible.
  La façon qu'il eut de se gratter l'ongle avec l'ongle d'à côté tout en baissant les yeux, je l'appréciai à sa juste mesure.             
   "Visible" ? Bizarre comme les lettrés ont l'art de dire un seul mot alors qu'on leur a appris les phrases. J'y comprendrai jamais tout. Sauf qu'il fallait que je dégage du terrain et vite. 
 En plus mon équivalent était posté en ma présence, debout l'air d'une vierge à qui on a replacé l'hymen, armé du bas jusqu'au cortex, et plutôt prêt à me succéder qu'à me remplacer, l'espèce de pute.
 - Daho et Wagner c'est bien un peu la même chose, votre Seigneurie ? lançai-je au hasard, comme j'aurais pu parler du Tintoret et d'Andy Warhol.
  La phrase désespérée qui sauve des situations - assez rarement quand même. Par chance je connaissais les manies musicales du Proconsul et je vous jure, quand on ne dispose pas de tout son temps, avoir idée des goûts d'une personne imbue d'elle-même, ça sauve votre serviteur. Une fois de plus, parfois.
  - Mon temps m'est précieux. T'en es-tu aperçu, Don Convenuto ?
    Son temps ! Et le mien, donc. Il ne croyait pas si bien dire l'enfoiré. Je sentis que je lui avais coupé la chique mais il avait les moyens lui, de se recoller l'ivoire alors qu'il avait toutes ses dents, avec anesthésie et joueuse de harpe. Moi malheureusement non. 
  Soit, la rencontre inespérée de Richard W. et d'Etienne D., de ces deux trous du cul, et que celui de l'un fût plus fréquenté que celui de l'autre, ça n'était pas mon histoire. Mais j'avais à peu près gagné deux secondes. 
  Tout ça à cause d'un putain d'elfe qui m'avait révélé ses vérités tordues de bellâtre qui vieillit d'un jour en trois mille ans. 
  L'elfe ! On m'y reprendra, à fréquenter  l'immortel ! Nous dans la famille, depuis la préhistoire, pas un réflexe de survie qui résiste à une lune et je me fais large, pour employer ce mot rêveur, la lune. Sans doute songeais-je déjà au poète avec qui j'avais rencard, le soir même. Sinon c'était à la nanoseconde. Un elfe ! Et puis quoi encore ? On croit croiser un ange au coin de la rue, pas le temps de se plonger dans son regard qu'il t'a niqué. Très Daho. C'est ça les elfes.
  Mais souvent, le Proconsul, il avait raison avant la question qu'il posait, m'ajoutai-je inutilement avant de trouver l'ombre d'une réponse.
  Je cherchais d'autant plus inutilement alors qu'il allait clamser avant de dire ouf. Certes, j'anticipe. C'est à vous lectrice - de nos jours il faut changer de genre pour changer de style et ni le style ni le genre n'y gagnent -un chiasme, un beau- bref, à vous lectrice que je m'adresse, car le et/ou me met mal à l'aise ; un  mot important comme ça, il aurait dû y avoir un signe exprès pour lui sans le slash depuis les mains négatives des grottes magdaléniennes, non ? On doit en avoir besoin seulement maintenant. Et une lectrice, ça se respecte. Il n'y a  qu'elle qui comprend un peu même temps que vous ce qu'on lui écrit. Ah, comment continuer ?
  Le temps de sortir de ma méditation,  je revins à l'instant.
  Pardon d'y insister mais au cas où on m'a lu sans l'attention requise, un mot m'avait un poil déconcerté. Je courus à l'information.
  - Comment ça, "visible" ? 
 Et là, je ne sais pas, ç'a dû être à cause de ce petit cru de l'ancien royaume qui nous mettait habituellement en rapport, le proconsul Celibeldo et moi. 
  En tout cas, j'étais en  ma savoureuse éternité pleine d'abandon que j'identifiai l'éclair particulier d'une dague.
 Genre d'une dague qu'on connaît. Qui vous remet au temps de cet éclair, mieux chanté que par Daho, mieux dressé que la bâtisse de Bayreuth. Sans parler des peintres. Bref un haï.  Et un haineux. Dans l'œil, dans les deux. Ou peut-être les quatre, d'accord. Mais le propre d'un picrate est de vous enlever certains réflexes pour vous en filer très peu d'autres, mais rapidement.
 Parlant d'instant, Celibeldo n'en a guère profité. Le temps de me corriger du vin d'Illevanzo, des giclées rouges me parvinrent de sa trachée sur les lèvres à une régularité encore plus fiable que tous les godets que je m'envoie, avant que j'eusse le temps de songer à l'abstinence. J'ai essayé de recueillir ses dernières paroles tout en prenant une chaise dans la gueule. 
  Allez savoir : les derniers mots de quelqu'un sont souvent les seuls qu'il a à dire,  et justement ceux qu'on n'entravera jamais. Haute philosophie. 
  J'ai bien suivi le majeur, l'index, ils sont  retombés bien sages, l'un après l'autre. Avec plein de sang de proconsul. Voilà. Qu'ajouter pour une fois que je n'y étais pour rien ? 
  Après, une enquête à la con, ou on se contente de suivre les volontés du défunt ? Oh, juste le temps qu'il se rigidifie, rassurez-vous, Monsieur. Le jeunot s'est assis très fier, peut-être satisfait de mes sous-entendus. On a rangé nos petites aiguilles. 
  Ça s'est passé comme d'habitude. "Comment ça quelles dernières volontés ? Est-ce bien à vous d'ouvrir l'enveloppe ? C'est vrai, pas de descendant, enfin... à l'heure qu'il est. Vous savez nous sommes seuls. Faut décider, ça décide de nos vies comme ça a décidé de ce tas de viande. " 
  Et il m'a cru, le nouveau-né ! Alors que j'avais mes gars dans l'entresol. J'en avais presque envie de lui faire un bisou alors que moi les garçons ça s'est arrêté à treize ans.
 Encore que ces phalangistes ne me servaient plus à rien, parce que quand on a un chef et qu'on décide de ne plus obéir... eh bien, le chef il n'est plus rien. 
  La jeune recrue avec laquelle, hélas, j'avais partagé quelques secrets, elle avait plus d'un atout dans son jeu. Vipère sans cou à tordre ! C'était à examiner.
  N'empêche, savoir qu'on s'est redécouverts le temps d'un mauvais souvenir, qu'on parle d'un macabé tout proche dont on s'est disputé la fin, qu'on ne se reverra jamais... ça fait quelque chose, même à  moi. 
   Curieux, comme de voir couler le sang d'un salaud riche dont on aurait dû hériter, ça vous rend juristes. Le vieux con comme l'apprenti. Seul avantage, c'est que ça rapproche. Enfin la main dans le dos avec quelque chose de tranchant.
  Or, on n'avait plus rien tous les deux. Alors on allait se mettre à parler. D'accord mon gars. On va parler. 
  Le meurtrier de celui que j'allais dès lors taxer de "mon pauvre seigneur Celibeldo qui m'a honoré de son amitié", avait prévu son coup avec tous les détails d'une tarlouze imprévisible. Car il s'assit tranquillement et reprit la conversation où elle était morte. Il est vrai que les présentations auraient été un brin sordide. 
   Que j'ouvre ma gueule parce que j'aurais dû la fermer ? Dans le genre dents de lait, c'est la  famille papi que tu cherches ?
 Les chicots... Ça tombait mal vu mon petit accident. Continue comme ça, les 1000 deniers de l'incisive numéro deux ils vont partir dans l'autre sens avec supplément excipients, clous de geôle et coups de girofle. 
  - Voyons ouayon. Hein ? AO. AER. AO. AER.
  Qu'on ne me dise pas que je n'aurai pas tout essayé.
  Il est donc mort lui aussi, le damoiseau. Pressé, pas assez poli. Mort, comme Celibeldo.  
  "Tu disais ?" me dis-je in petto, essuyant  ma lame.  Ne sachant même plus si je parlais à moi-même ou à un improbable entourage.
  Avec moi on meurt vite quand on se met à parler d'autre chose.
 D'accord, besoin du lecteur que l'auteur revienne un poil en arrière.
  En gros j'avais continué distraitement, sur Etienne Daho et Richard Wagner, un peu comme on bat les cartes, histoire d'augmenter l'ambition du faux muet qui fait l'angelot, assis de l'autre côté de la table. Du temps, il faut toujours du temps. Battre les cartes, quoi. 
  Mais j'en connaissais un qui s'agaçait : le poignard que je traînais derrière l'oreille comme un épicier son crayon au marché de Cimebucca. J'ai dû céder. Court moment d'inattention. Soyons honnête :  à moitié prévu, comme les choses prévues.
  Le temps de m'essuyer à moi-même et de décarrer, m'est restée l'impression qu'Etienne et Richard m'avaient servi deux fois. Pas mal mais encore un quart d'heure et leurs états d'âme, saudade ou Lohengrin, ne me serviraient plus à rien. 
  Ah, et une bourse traînait sur un guéridon.  Avec ça et dans d'autres circonstances, j'aurais  honoré la nuit chez une copine, et pas la mienne je vous jure.  
 Passons, comme on dit aux cartes, surtout quand les partenaires ont trépassé.
  Me voilà riche d'une théorie qui passera mal à la pratique, le cul dans la neige avec deux dents toujours en moins et deux cochons sauvages qui me reniflent çà et là, sans parler de toute la République aux trousses. J'ai même oublié d'emporter le pinard de l'ancien royaume. Celui-là juste pour un glouglou il coûtait cent  jeunes filles mal baisées qui s'ennuyaient de leur bonne éducation. 
 Dire que tant de belles choses auraient dû passer d'abord à moi puis à femme et enfants. Côté glouglou j'avalais mal. Notamment parce que j'avais du mal à avaler, me soufflaient deux incisives perdues que le patron n'était plus disposé à me refaire. Si encore c'était moi qui l'avait refroidi. Ce qu'allait bien sûr répercuter tout ce que j'avais d'ennemis. Non, il avait fallu que ce fût cet oisillon tombé du nid, que nul ne soupçonnerait. 
   Une petite voix me chuchota : " Maintenant tu passes à autre chose. Tu n'es plus le seul dans l'affaire."
  Facile, fée Clochette, quand on est justement une petite voix. Mais elle avait raison.   
   Alors, pour passer le temps,  j'agitai le chiffon qui régnait chaque soir entre mes doigts opposables et l'âme de l'épée d'Acrisacre. Sifflotant ce qu'en d'autres temps et lieux on aurait nommé un blues. Un vieux blues. Un blues est toujours vieux, vous avez remarqué ? C'est que ça vient du père du père du père de l'esclave. Qui ne l'est plus, d'accord, encore que. Si ce n'est plus lui c'est un nouveau dans la vie, qui croit n'avoir rien demandé avant de la vivre. 
 Mon point de vue est qu'on a toujours demandé ce qu'on fait, même ce qu'on subit.     
   On pense assez à dire merci ? En ce qui me concerne je n'en suis pas sûr, bien que mon dernier "inspirer expirer" à lui seul fut un miracle.
   Qu'on ne me parlât plus d'elfes, ni de moi, ni d'un salopard comme moi, ni de patron, ni d'argent, ni de filles, ni de cartes, ni de musique.
    - Ce petit peu de la nuit qui fait et fera toujours  la nuit. Le fil de cette épée et puis te taire. Laisser ululer la chouette, chacun son job et son moment.
    Ah, cette voix. 
    Au moins le copain était au rendez-vous. Les paroles reproduites ci-dessus, ça ne pouvait qu'être de lui. Prévu, ça aussi. Refiler à un poète la situation où je m'étais fourré ! 
    - Tu as sûrement raison, soufflai-je. Moi je suis crevé. 
     Mais il me sussura des révélations que je vous sussurrerai plus tard, sinon ceci ne serait plus un roman.
   " Hein ? me repris-je aussi mollement que la trique qui m'était interdite par le gel. Comment ça chacun son job ? Quand même pas le naïf que j'ai repassé tout à l'heure ? 
   - Pour tout te dire...
   - C'est une blague ?
   - Non. C'est trop tard, mon vieux. 
 - Faute à qui ? On avait pourtant fait le nécessaire.
   - Faute à une greluche. Enfin si on peut dire.
   - Et qui s'appelle ?
   - Convenuta.
   - La mère la femme ou la fille ?
 - La grand-mère selon toute apparence. Il semblerait qu'elle tient à se montrer encore vivante, beaucoup plus que toutes ses statues. Dont, comme tu auras remarqué, toi l'esthète, que pas une ne ressemble à l'autre. Il paraît qu'elle aime se dissimuler sous plusieurs apparences, la viocque.
   Une ultime insulte à mon vieux pote me plongea dans un demi-sommeil. Avec soulagement. Me disant qu'un sanglier me léchant les orteils dans la neige, ma libido s'en trouverait mieux le lendemain matin.
  - La nuit. La seule morte. Qui ne dure pas assez pour se refaire une conscience. Disons, il faut deux nuits et demi.  Tu vois ce que je veux dire ? Les Mystères.
  - D'Eleusis ? Quoi encore ? Ah,  des Chrétiens  ? Ouais. Eh bien tu me le rappelleras demain.
      
       

ZWISCHENMUSIK





Ich fühlte mich erregt, sozusagen berührt und eingenommen, also zu kompliziert geworden, nur zuviel in der Nähe von Mallarmé schreibend ("Missbewaffnet", schöner Name fur einen Dichter), als ein schwarzer Mann mir sagte, es sehe wie ein Blues aus. Zunächst  wusste ich, ich hatte dieses Wort wirklich ausgesprochen, aber an dasselbe dann nicht mehr gedacht. Sind wir so trübe und so schwer, wenn alles, was in unserem Herzen schon lange liegt, plötzlich so lange schon aufstehend steht ! Übrigens lagen hiervor arabische,  japanische Gedichte. O Tag, als Frankdeutschreich, dieses Einszweiland, endlich sprechen wird, er alle seine selben Toten und Tauben in Ruhe lasse.                                                                                                                

SUBSTANCE DU LABYRIINTHE 12e PRISE

Pourquoi déjà un crocus ma femme pas
Il est des labyrinthes où c'est tant pis
J'entre à chaque pas je te jure lampe 
On l'a dit alors on y va y va
Si le chat s'en fout tu répètes ?

Des dédales où on chante tellement

On pioche vraiment très mal
Et puis même ceux quand on décide
Ce dessin si nul que j'ai esquissé
"Un chat s'en fout" s'appelle un chat

Mon labyrinthe voici le chêne

Je te présente les millénaires
Marcher ? Quelle drôle d'idée moi et les deux
Aller pour où sinon
A ce terminus de ce chêne marcheur ?




mardi 15 mars 2016

INTERLUDE

J'étais très ému parce que je croyais être trop compliqué faire du Mallarmé (quel beau nom de poète) et un monsieur noir m'a dit vous savez on dirait du blues. Je savais que j'avais prononcé ce mot et qu'écrivant oui j'étais sous blues. Mais que j'avais sur ma table aussi des poètes arabes et japonais. Et françallemands le jour où ce deuxpays comprendra.

lundi 14 mars 2016

SUBSTANCE DU LABYRINTHE XI

Pour MA femme, V..


Moi de l'Aveugle je dirais
C'est lui qui continue

D'une fille là c'est facile
Qu'elle est beaucoup trop jeune pour elle

De l'océan ? Eh bien plein de belles choses
Remplies de mots de mouettes

De moi ?  (marquer l'effort) Qu'absolument
Aucun de chaque mot n'existe

SUBSTANCE DU LABYRINTHE X




Tu es ma fille la plus sauvage
Je dresse l'esprit à ton approche
Il nous arrive que tu me voies
J'en fais silence à mes bêtises
Ce qui sauve quelques-unes des proies

Tu es mon chemin le plus long
Le plus vrai celui sans le puits
Ou où paissent les bêtes des autres
Si la plus belle fille n'est qu'un fil
A moi de manger devant elle

Saxo c'est l'heure et toi sois noir
Faut que ça brille un instrument d'un noir
Tu es mon chêne depuis longtemps
Juste prêté à Georges Brassens
Ça fait poète d'être chanson ?





SUBSTANCE DU LABYRINTHE IX




Non l'arbre est inégal aux pluies
Je me disais ça moi l'étrangère
Ce poète oh ronron parmi les autres
Oui tout se perd partout même soi
Les nés trop nés sont nés cette année-là

La griffe du chat est d'un ennui !
Que je m'en ferais moi le lynx une vraie mésange
Sorte de chêne ô surgi du dehors
Mais puisqu'on est entre nous toi
Laisse-moi te raconter l'absence d'un pauvre

En fait l'enfant gâté c'est lui l'enfant
Pas lui quand il franchit les murs
Ça toutes les fleurs le savent
Non je me disais moi l'étrangère
Arrivée dans la merde - j'peux faire ?














dimanche 13 mars 2016

SUBSTANCE DU LABYRINTHE VIII




Il va comment le peuplier à vent
A la croisée du sans chemin
Un voyageur s'appellerait qui ?
Destin du marcheur sans étoile
Mâcher longtemps de ce silence

D'abord trouver la bouche
Où s'envahir de ses dents froides
Adopter le nom solitaire
Dormir trois jours ne pas claquer de temps
Alors on trouve née la beauté

Etre peut-être mort
Mais comprendre tout de même
Que certains mots sont là
Qu'ils veillent bien sur eux-mêmes
En une vie de disparition

vendredi 11 mars 2016

SUBSTANCE DU LABYRINTHE VII








Monsieur je perds mon labyrinthe
Chaque mot tue son voisin
Tu connais l'aigle au ciel glacial 
Papa le mur et moi nous savons nous confondre 
J'ai la bouche envahie de mes dents froides

Tu es bien jeunette pour un chêne
Monsieur c'est que mon père
Je sais la même chose la même chose
L'histoire issue de ses aïeules
Belle femme dont je suis née aînée 

Que craindre pour toi-même ?
Rien ou ces dents nées aussi moi
Je crois vous entendre l'écho
Chevaucher tous ces chênes 
Et puis ces larmes encore mon âme







(j'y pense. Comprendre que c'est un blues. Vous voyez ?)

SUBSTANCE DU LABYRINTHE VI




J'ai j'ai bien connu mon non-moi
Moi d'ailleurs je l'ai rencontré
Peu importent les importuns
Mais j'ai fait mieux encore
J'ai rencontré mon moi l'horreur

Et connu quelques christs
Dont l'un face à face dans la glace
Et qui n'est que moi le soleil
Pauvre pauvreté froide
Et qui n'est que moi le soleil

Je n'en aurais que mieux écrit
Un de mes mots parmi les autres
Mais que j'aime les divers oiseaux
Dont le gazouillis zinzoline
Alors je continue je continue



jeudi 10 mars 2016

SUBSTANCE DU LABYRINTHE V





Pour Equinoxe ma chatte actuelle et pour mon espèce de géniteur, donc forcément pour moi. Et puis après, quand c'est prêt,  eh bien pour toi, lecteur.

Vaillante statue de ma peluche mais joue 
Ma chatte avec ceci avec cela
Le tout rassemblé en un œil
Espèce d'animal d'astronome
Joue joue à m'empêcher les mots


Le moindre d'eux tue son voisin
Alors qu'autrefois à la source
Je m'abreuvais au mélange de mes mains
A dire ma nouvelle façon de me taire
Je deviens chat pluvieux que mâle

C'est qu'elle se vautre sur l'ordi
Cette chatte réelle comme la réelle
Alors on me gêne le vélin
Madame l'animale ? Lequel des mots
Madame pour vous équivaloir












SUBSTANCE DU LABYRINTHE IV

Bonjour le chêne fragile des siècles
Fillette de chêne croirais-tu que tes larmes
Ont coulé sur ma brièveté 
Comme tes cuisses avant de sourire
C'est impossible avant ton sang

Bonjour bouleau que j'ai planté
Planté puis enterré
Etre homme n'est qu'enterrer des arbres
Le chat ne fait que vérifier
Pauvre femme perdue pour les anges

Et la pierre que dire d'elle 
On peut faire d'elle un œil
Au contraire un tire d'ailes
Enorme la norme des normes 
Je dis au contraire au contraire












mardi 8 mars 2016

SUBSTANCE DU LABYRINTHE III





J'habite la pluie et son aspect têtu
Abrité de l'os de mon âme
Ajoute le moi le silence et les siècles
Et l'histoire sera issue de ses aïeules
Comme crient les vertèbres des chênes

Je marche longtemps sur la route
Où je longe le long chien perdu
"Qui de nous deux quitte qui, 
Singe informé loup misérable ?"
Nuage, chasse l'autre ou deviens-le !

Ce chêne est l'égal de mille pluies
Dur au néant d'y nidifier
Le cerf est l'arbre plus visible
Il court de nombril en nombril
Puis se dérobe juste à sa mort 






lundi 7 mars 2016

SENTENTIA

"... Quelle est cette mer dont le rivage est la parole ?"

                      Mahmoud Shabestari

samedi 5 mars 2016

SUBSTANCE DU LABYRINTHE II






Je te connais, mal habitant l'oubli
Moi c'est chaque pas qui me sépare
Au moins dehors ce n'était rien
Ici il règne un papillon subtil
Nuit multicolore de la vie

Mère l'enfance est méandre du réel
Puis viennent les angles et les angles et les angles
Voici que je deviens ma propre lampe
J'avance pour penser à mes mains
Qui croient toujours tout impossible

Il va comment le peuplier sans vent ?
La croix à la croisée des vrais chemins
Je crois me souvenir de cette croix
C'est qu'un rien de moi me rejoint
O mère réel méandre du réel