mercredi 26 octobre 2016

DESEFFACER


La dernière fois ma mère était déjà morte mais je l'avais moins compris. Le comprendrai-je ?

Je n'aime pas par exemple l'expression, pléonastique pour ce que j'en sais : LA QUESTION RESTE EN SUSPENS.

Le comprendrai-je ?

Si une question n'est pas en suspens, qu'est-elle ?

Surtout, s'il te plaît une réponse ou un beau ciel, bleu froid de silence. Mais pas l'aménagement d'une réponse parce qu'il y a eu une question.

La dernière fois il n'y avait pas eu l'horreur à la Fête de la République (et de la Fédération, ce que le 14 juillet commémore et non la prise de la Bastille) française.

La dernière fois mon fils n'était pas majeur, ma fille n'avait pas quitté le foyer pour si longtemps.

Mais qu'est-ce que je raconte, qu'ai-je à dire, moi qui ne suis pas aux portes d'Alep, de Mossoul, de Damas ?

Villes les premières villes du monde, villes MIGRANTES....
Pionnières de la SEDENTARITE !
Saleté d'Histoire.

C'est avec beaucoup de Syriens sous les armes que la division du Général Leclerc, remontant la Nationale 20, a abrégé la dernière insurrection parisienne à balles réelles. Le Café des Sports à Antony, sans le savoir, j'y déjeunais une fois par semaine quand j'ai appris un jour, de la bouche de la propriétaire des lieux, qu'elle y était petite quand c'était le QG allemand. 

Suggestion : pourquoi ne pas installer les migrants de Syrie (ex "mandat français" après la 1e Guerre Mondiale) et d'Afrique francophone (ex colonie) sur tout le trajet de la Division Leclerc ?

Ce serait symbolique. Oui. Fort.

Et pour les Sénégalais ou les Anglais, la Somme s'ils ont envie : il y a de bonnes terres et une baie à protéger. Et l'Anglais peut être un Paki, qu'en ai-je à foutre ?

La dernière fois je parlais peut-être à l'imparfait. Peut-être parce que je savais que ça arriverait des trucs comme ça, la mort de ma mère, l'Etat islamique. De jeunes catholiques qui iraient là-bas nier leur corps et se faire trier à l'arrivée comme une petite famille à Auschwitz.

Oh je n'aime pas ce qui divise.

Il y a dix ans encore on ne parlait que mondialisation,

et regarde aujourd'hui. LE MUR est tombé... pour faire ses petits : USA-Mexique, Jérusalem (des matériels ceux-là), Europe ici ou là, Hongrie, Vintimille, Calais etc.

Et le Mur liquide (eau et fric) qui noie combien de gens par jour en Mare Nostrum ?

La mondialisation c'est celle de la  Haute Finance (elle l'a prouvé), et qui nous fout dedans. Tout le reste c'est de l'identité, de l'identité  encore de l'identité.  Besoin, oui. Mais trop d'identité ça débouche sur Hitler alors on fait quoi ?

La Haute Finance est un pays.

La mondialisation, on a cru que c'était Internet,  rappelle-toi. Non c'est le pays de la Haute Finance. C'est Veau d'Or et Babel en même temps, pour ceux qui se rappellent Le Livre, enfin le premier imprimé.

Veau d'Or = Richessse. Babel = com, pub, spécul etc. démultipliés par ce pauvre Internet qui n'y est pour rien.

L'identité est égale à l'identité. Elle n'a pas besoin de se dire. C'est quand on est en manque d'identité qu'on devient nazi, c'est-à-dire djihadiste.

(Le mot "nazi" est entré dans le lexique, comme tout le monde je m'en m'en sers pour d'autres que les purs).

L'extrémisme de l'identité n'existe même pas,  le mot "identitaire" devrait être considéré comme non-sens.

Identité ! = non.

Identité = inutile de le dire.

Mot agressif pour prouver "moi".

Ou "eux". Parce que pour prouver "moi" il faut éprouver l'autre. D'accord ?

Pour que l'Empire romain se sente Empire romain, faut les Barbares.

C'est comme ça.

Les Barbares en question n'avaient rien contre l'Empire, au contraire, ils voulaient s'y faire accepter parce que derrière eux il y avait des barbares encore plus autres (par exemple les Germains étaient sédentaires et les Huns, non).

On croit en Odin ou à Chrestos tant qu'on bouffe. Si on les prie pour bouffer, pour avoir un moteur auxiliaire, prier les dieux n'est que frapper aux portes, c'est comme prier les autres hommes. (Je parle de la faim au sens de manger, et je parle de la Faim, de toutes les faims.)

Croire en. Croire à. On croit en Dieu, on croit au Christ.  On croit à rien.

Non ce n'est pas qu'on ne croit à rien mais il est inutile de croire. Ce qu'on appelle Dieu ne réclame pas ce qu'on appelle croire. 

Conserver comme progresser sont croyances, si ces deux beaux verbes ne s'épaulent pas. La preuve, ces verbes se sont fait deux camps en politique. Deux camps d'un autre âge aujourd'hui.

J'ai l'impression un peu vertigineuse que chaque chose que j'écris je l'ai déjà écrite ou qu'elle a déjà été écrite.

Maman, le comprendrai-je ?

Et au bout du compte, écrire c'est peut-être déseffacer.