vendredi 16 juin 2017

SENTENTIA x

Etre anxieux est de pas pouvoir attendre de ne plus l'être.


SYLVIA PLATH



(IMPRIMEZ, IMPRIMEZ. SACHEZ QUE DU JOUR AU LENDEMAIN GOGOL VIRE VOTRE OEUVRE ! CHAQUE JOUR GOGOL VIRE GOGOL)







Poème traduit par un poème




Now I am a lake. A woman bends over me,
Searching my reaches for what she really is,
Then she turns to those liars, the candles or the moon.
I see her back, and reflect it faithfully.
She rewards me with tears and an agitation of hands.
I am important to her. She comes and goes. Each morning it is her face that replaces the darkness. In me has drowned a young girl, and in me an old woman
Rises towards her day after day, like a terrible fish.


Là je suis lac une femme se penche
Pour fouiller se connaître 
Et ne voit que l'étale

Et se tourne au mensonge
Aux chandelles de ses lunes
Que de dos je reflète fidèle

Oh récompense ses larmes
Oh soulagement ses mains
Ce va-et-vient de la vie

Je me sens important
Plus de nuit le matin
Son visage son visage remplace

C'est tous les jours un lac
Moi une jeune noyée
Une vieille monte à elle

Comme un horrible poisson 












mercredi 31 mai 2017

LA SAUTILLANTE TWEET TWEET

 (menuet en rondeau)





Je joue à un jeu. Non. Si. Personne ne sait lequel.

*


Trop de tweets on dit ça. Trop de mots depuis toujours, trop de feu. Depuis que je l'allume.

*

Le troisième poème n'a rien d'intelligent, il se mire dans un platane. Non dans un chêne ! Le platane c'est futile ça se plante ça pousse à toute allure ça se taille ça abrite tout de suite. Non non un chêne. Comme un mot, quoi.

*

Toute loterie est ainsi faite que l'œil humain se dilate. Avec ou sans. Avec ou sans alcool est le sens. Ah il faudrait en serrer un autre. Un autre mot. Pour dire "loterie".

*

Assez russe tout ça. Assez russe. Vois-y la Vendée, les bleus les blancs, un sentier qui mène en Chypre et en cyprine. Seulement eh bien oui tes yeux, le temps qui se délasse, le romantisme.

*  

Depuis que je t'allume c'est le troisième millénaire. Alors oui mais... je recule, je recule. Donc ? 

*

Heureusement j'ai un chêne sur l'écureuil. Je croise une dame de vieillesse avec nos vieux yeux jeunes. J'aime son bâton de marche alors je marche. Elle disparue je ris à moi. Bon signe.

*

J'avoue avouer. 
Silence. 
Mais avouer quoi ?

*

Le jeu consistait à bifurquer. Nous le fîmes. Certains se retrouvèrent. Dont moi. Nous attendîmes les autres. (Au lieu de "nous attendîmes" j'aurais pu dire "il y eut un silence"). Observons ce silence. Et puis quand même, après l'écureuil... amour moi et le temps nous n'avions plus le temps.

*

- Je suis prétentieux.
- Vous êtes prétentieux.
- Oui, mais je l'ai dit le premier.

*

Je joue, ouais, si tu veux. Mes poèmes sont des creux mais j'aime trop tout, ne t'inquiète pas. J'ai besoin d'eux j'ai besoin de dire comme Trakl "les petites filles mortes sont couchées contre le mur du jardin"et "c'est la vie"comme ils disent aux Amériques...

Et à ce que je dise ça tu vas condamner qui ? Ravel, Faulkner, Kafka, Léger, Stravinski, Klee, Breton, Borges, Pessoa, Beauvoir ?

Homme du XXIe siècle.

Horrible XXe comme tous les siècles, je te comprends bien. Mais, tes épouses ? Beauvoir, Pessoa, Breton, Lee, Stravinski, Armstrong (trompette lunaire), Pink Floyd, David Bowie, Gainsbourg, Ottis Redding, Ravi Shankar, Ravel, Prokofiev, Saint-John Perse, Faulkner, Rothko, De Staël, Delvaux, Calvino, Bonnefoy, Nabokov, Caillois, Garcia Marquez, The Cure gna gna gna Borges, Borges, Borges, Borges, Borges, 

(pas Proust parce que non il appartient au XIXe et que je me suis fixé des limites)   

*

... Et qui Tu mets dans la liste. Les noms cités ne sont pas des affirmations. Ne sont pas moi qui m'avance. Qui essaie d'avancer, déjà ça. Justement le XXe a trop affirmé, le XXIe se doit non seulement d'inventer mais d'inviter. D'où le sens d'un blog.

*

Eh écureuille, loto des châtaigniers, dis-leur. Tweet tweet, joli cri. Je ne sais pas quoi, je joue. Je joue à la tout le monde. (Même aux tritons contre Monsieur Pascal Bruckner dans le Point la semaine dernière). Je joue à la toutes choses. Plus j'y vais plus tu m'es belle, première fille, souvenir venir. Tweet tweet. Imprimée absence du passé, léchage demain avec l'air bête de quand on lèche. Innombrables oublis. 

*

Devant est plus obscène que derrière et c'est tant mieux. Comme tu es obscène, ne t'accorde qu'un instant de ta vie, puis choisis devant. C'est pas du XXe siècle ça ?

*

Qui m'a laissé jouer ? Tout le monde. Sauf un et une. Père et mère. Voilà où j'en suis comme beaucoup.

*

N'allume nul feu l'écureuil, n'apprends jamais. Va noisette. Le feu n'existe pas.  Ce sont... des feux. Alcools multiples preuves. Amours. Amours nommés amours, amours nommés vices. Des feux, des faux, je joue à un jeu. Tweet tweet chut, pas un mot de plus.

mardi 23 mai 2017

L'ANGOISSE

Elle était de ne plus dire soudain ce qu'on avait dit ce qu'on aurait dû dire entendre.

Elle était un atroce courage. l'angoisse.

Victoire sur elle : un mot, un mot, un

Un mot ? 

Ou un produit ?

Elle était de se passer d'elle mais au bon moment qui, sans déranger.

Elle est au fond ce qui vient de nous, et de non.

Un mot ? Un produit, un prochain ?

Une victoire, une défaite ? Mais non. 

Oui, bien sûr, soyons nous, mais tout guerrier dira vous qu'elle était autre chose que LUI.




samedi 20 mai 2017

LA NUIT SEMEE D'ENDROITS VII

L'aveugle il brûle le pourquoi du vent. Il tisonne dans ce que nous ne savons pas. Ni pleurer ni appeler souvenirs. Il est, lui, l'aveugle.

Toi je t'aime même à jamais. 

Après notre dispute j'ai eu une chance d'oiseaux, je te répète donc, comme moi. 

Ah cet avion ce vilain passage en haut, le temps. 

Il tisonne dans ce que nous ne savons pas, même nous. Silence. Il demande ce qu'il sait, écoutons :

Est-ce que la nuit est semée d'endroits ? 

Est-ce que les arbres sont arrivés les derniers ?

L'aveugle. A ça nous, les abandonnés, notre réponse se perd dans la cécité.

Est-ce qu'être abandonné c'est voir trop ?

Est-ce que le jour est plombé de jour ? O frisson solitude,

J'aime, même à jamais.

    

dimanche 14 mai 2017

SENTENTIA ET POEME





LE CHOIX était rapide ou lent. Uniquement humain et, à savoir divin.

Puisque les animaux n'avaient pas trop le... choix, être prédateur ou proie est être instant. 

Mais, lent ou rapide,  à chaque instant, LE CHOIX c'était notre affaire. 

Toujours, c'est à dire tout de suite. Tout de suite, là, toujours.


*



UN OU DEUX DEUILS 


Tu te brusques, dans l'amour. Non l'ange s'enfuit, il laisse ses cuisses peut-être mais tu brusques. 

Et soudain, dans la fleur fanée, aussi espérée que manquée, tu pleurerais un instant ? 




 

mardi 9 mai 2017

IRLANDAISE

Pour Hermione,



Pour toutes les futures années
mortes pour les mots qui sont
d'autres mots volés pour les
silences qui sont des mots
sans bouches pour les furieux
habitants de tous les coeurs



vagues ici mêlées d'océans
de choses géantes penchées
et d'écritures tel mon oubli



j'ai dit des flûtes face au vent
creusé mes joues troué le néant
avec les notes montré chacun
à chacune cherché dans des prénoms
superstitieux de bateaux
des copains pour l'Irlande et
je suis resté déjà mort 
déjà moins infini 
que mon enfance





prenons le bac de là à là
charbon de corbeaux
de Lilrush à Tarbert
fumées de pauvreté
ou fillettes de charbon
manœuvrant l'estuaire
chants riants vêtus
de leurs ancêtres de leurs
cheveux déjà mêlés
à leurs musiques rousses 

 
et chantant qu'un jour
dans leur chant 
le vent sera
les cheveux absolus




c'est tout ce que je veux
que mes mots ne soient
pas empoisonnés mais
enivrés par le bout du monde
c'est tout ce que je veux





à force d'être absent me voilà
pendant que se déchire toute
l'Irtande déchirée où est le
vent s'il n'est pas ajouté 
à l'absolu




si le vent n'est pas ajouté à
ta joue je le claque
  


herbe herbe fine quel est
ton nom est-ce le nom
serré entre les dents de
la terre quel est ton âge
est-ce l'âge du torrent
est-ce la moitié de
l'âge du torrent




 



jeudi 4 mai 2017

4 mai 2017

Non moi autour de notre feu
J'étais j'étais renarde et je rôdais
Loin mais non loin - de vous

De vous dont j'ignore nous
Mâle bâtard et haï
Touchant ce genou du flou

Ne le touchant à jamais

M'enfuyant parfois

Dans un métro où de nouveau
Une dame, puis ses jambes
Une dame, puis ses bas

lundi 24 avril 2017

DISONS, TROIS TANKAS

Couché dans l'herbe
Sous la glycine
Mon mal de reins
A même la terre

Où dois-je signer ?




*




Moi, aimer le vent ?

Même dans ces déserts
Des périphéries
Où flottent des drapeaux

Des drapeaux de rien



*



Oui j'ai vu deux dames
J'ai vu deux gens d'âmes
S'aimer sous un porche
Poème meurs de mouille

Pas de jeu de mots















 





jeudi 20 avril 2017

JEUDI 20 AVRIL 2017





Je veux dire par des mains
Très ratées par les miennes
Le blé qu'on effleure peu
Quand on court en chantant

Je veux dire par les miennes
Celles qui m'ont pris la main
Feu mon adolescence
Que je cours en mourant

Fille réussie des miennes
Qui va prendre tes mains ?
Je suis feu mon enfant
Que je meurs en courant

lundi 27 mars 2017

REMARQUE SUR LA POESIE

pour Guillaume Bur



(Encore une fois quand je parlais à l'imparfait, c'était pour devenir le plus lourd possible, le plus mental, chasser le poète. Et si je pouvais vous le montrer mieux, je le ferais. Une discipline, quoi.)

Distinguer l'intellect et... cette ambiguïté de la poésie puisque elle utilisait les mêmes mots que l'intellection. Les couleurs, les sons etc. ? Oui, mais à travers les mots, et depuis l'aube de l'humanité "un ours" ne voulait pas dire "le ciel"... 

Alors célébrer son prince ou sa belle (lyrisme), exprimer n'importe lequel de nos sentiments (regretter par exemple, élégie) chanter les exploits de son roi, s'engager politiquement, jouer avec les mots (Oulipo), faire une musique de mots, rythmer, associer par des images inédites (surréalisme, je m'en sentais proche), glorifier sa langue maternelle, aller vers le plastique, vers le théâtre, aller vers le quotidien, le mystique, vers les mystères et le sacré (je m'en sentais encore plus proche), simplement n'en plus pouvoir, se déchirer,

ce n'était pas la question.

La poésie était l'ambiguïté faite art.

Depuis mes quatorze ans je n'avais pas arrêté, c'était important, j'allais mourir sinon. C'était le meilleur de mon travail au milieu des autres travaux. Indépendant après vérification des facilités et difficultés de ma vie.

Je le continuais donc, sans prétention ni modestie. Je ne me moquais jamais de mon écrit. Je n'y mettais aucune autre ambition que de juger moi-même si c'était bon ou mauvais, achevé ou inachevé. 

Et j'y revenais. Ainsi, LA NUIT SEMEE D'ENDROITS V s'était modifié aujourd'hui, à la virgule près. Il y avait de l'artisanat simultané à l'art. Ça se modifiait comme ça restait, pour ne pas exclure le fini du non fini, ni l'inverse. C'était souple et affirmé sinon rigide.

Le blog était une banque de dépôt. Je m'étais mis récemment à imprimer soigneusement certains articles, parfois les commentaires. Car je n'avais aucune confiance en la fée électricité et encore moins au fragile numérique dont l'Homme ivre de sa découverte avait fait sa panacée.

Croyiez que ces quelques lignes m'étaient plus ardues qu'écrire "en poésie".



    

vendredi 24 mars 2017

LA NUIT SEMEE D'ENDROITS V






Tête aux tenailles de vent, chant muré dans des écoulements de visage, c'est la berceuse violente, et c'est la solitude très à l'étroit dans l'infini, mes poèmes prisonniers loin loin dans le cœur

Ma dune tes pas dansent légers devant toi tu m'aveugle tu me traînes aveugle

- vers un instant hors de question




*




Rien, entre les seins, avec des doigts très doux

Avec la pluie avec le toit pour faire le bruit de la pluie sur toi

Rien, entre les seins, avec des doigts très doux 



 







lundi 20 mars 2017

LA NUIT SEMEE D'ENDROITS IV (bis)







Sœur d'impossibles jardins, traceuse d'oiseaux manqués par la guerre dans le ciel rouge, dans le ciel noir. D'oiseaux manqués par mes gestes d'arbre. Et d'oiseaux dans pas un ciel, de beaux oiseaux tous échappés au peintre de l'invisible. Et qu'on met à crier là, pour toujours.






*





Nue encore dans mon corps, traînée dans des nuits oubliées, morte, en haillons de peau et de souvenirs. Nue chaudement dans mon cœur. Nue dans de la soie, dans le pollen de la lune, nue dans le centre du centre du monde.






*






Sois douce, il y a trop peu d'ombre au monde, trop peu de nuit pour baigner la foudre. Sois dans mes mots le mot enseveli, sois le mot orpheline, sois la fontaine des profondeurs du cœur.
 






jeudi 16 mars 2017

LA NUIT SEMEE D'ENDROITS IV







Sœur d'impossibles jardins, traceuse d'oiseaux manqués par la guerre dans le ciel rouge dans le ciel noir. D'oiseaux manqués par mes gestes d'arbre. Et d'oiseaux dans pas un ciel, de beaux oiseaux tous échappés au peintre de l'invisible. Et qu'on met à crier là, pour toujours.





*





Nue encore dans mon corps, traînée dans des nuits oubliées, morte, en haillons de peau et de souvenirs. Nue chaudement dans mon cœur. Nue dans de la soie, dans le pollen de la lune, nue dans le centre du centre du monde.





*





Sois douce, il y a trop peu d'ombre au monde, trop peu de nuit pour baigner la foudre. Sois dans mes mots le mot enseveli, sois le mot orpheline, sois la fontaine des profondeurs du cœur.
 






mardi 14 mars 2017

RE






Qui de nous RELISAIT, aujourd'hui, à l'envers et à l'endroit, revenait de promenade par le même chemin, ou plus tard (juste demain) ne cherchait pas forcément un itinéraire nouveau ; afin de trouver la nouveauté en nous-mêmes ? Non, non, nous étions emportés, jeunes, vieux, par cette tempête mécanique, issue de l'humain, de plus en plus sans lui-même, qui passait sur lui-même, sur les bêtes, les plantes, les eaux, l'air, la Terre quoi, la Planète comme on disait depuis quelques années. Seule la roche, pas toute la roche, demeurerait se fractionnant peut-être. 

Pas le temps d'apprendre, pas le temps de retenir, même pas le temps d'oublier. 

Relire, faire lire et relire, et autant pour revenir, reprendre, recommencer, perpétuer, passer le relais, ces opérations de l'esprit étaient annulées par l'instantanéité des opérations des machines que nous avions créées, et tant que j'avais encore le temps de dire cela, je le disais. Car tout de suite fût déjà trop tard. 

samedi 11 mars 2017

SENTENTIAE

En latin, "sentence", ça veut seulement dire "phrase."






Les gens sont des gens bizarres.



*


Le fauteuil, c'est le début de l'égoïsme.


*


L'Homme ait un Loup pour l'Homme !


*


Un trésor est un trésor si je le laisse intact.


*


On n'arrête pas le progrès : que fait la police ?


*


Je propose qu'on hésite.


*


Marre du politiquement correct. Il faut appeler un mot un chat.


*


Ce que je voudrais avec mon premier roman, c'est qu'il soit moins prétentieux que le second. 







vendredi 10 mars 2017

LA NUIT SEMEE D'ENDROITS III

To Marian Mac Kay, anywhere she is today,  I hope here and there. 










Et c'est toi mes papillons, pauvres éblouis, toi que le néant froisse


Toi le grattement, 

seule à gratter aux portes du soleil qui vont par millions de portes 


Petite aveugle vers Dieu et je te pousse du pied et ta chanson chemine


Toi au regard aux météores qui crèves les  regards autres que leur chute de météores


Toi entre les arbres, 

mi-morte mi-souriante mi-enfuie entre mes pauvres gestes d'arbre vers ton instant le clin d'œil


Toi au bout de l'enfance en jupe de l'enfance en jupe de fou rire de la fin du monde


Et c'est toi

mercredi 8 mars 2017

LA NUIT SEMEE D'ENDROITS II

pour François Dureux








Merle mon voisin, flûte-moi le printemps au merle ton voisin. Hein, de jardin à jardin !



Mais oui le chat. Etre borgne c'est la loi des matous. Allez, on se bat pour ma caresse.



Crétin de téton. Tu crois que si je vieillis, c'est par la langue ?





 

mardi 7 mars 2017

LA NUIT SEMEE D'ENDROITS









Nue avec la pluie sa sœur, l'été dernier enfantine,

ruisselante ligotée dans du soleil,

ou bleue tout doucement, en invisible robe pour s'arracher l'enfance,

blottie rescapée

cœur qui piaille " cœur mon cœur "



dans le printemps au plus calme du rut, déjà pliée à jamais, exagérée par l'air...



ombrelle presque sans mots ni d'elle ni de moi (c'est le rôle des ombrelles)



jeune silence
admise 
au vieux silence








 




mardi 28 février 2017

SAGESSE DU 1er MARS



La patience du monde dépasse l'éclair d'une pensée, d'une vie, d'une ère.

                     (Roger Caillois, Minéraux)

*





Livre fermé ô vieux gardien du livre ouvert 






*






J'étais en colère je ne voyais rien. Il n'y avait un paysage que quand je brandissais ma foudre 







*







Si un jour on t'a abandonné ce jour n'existe pas. Abandonné est ton prénom ce matin à jamais



  


*







Ça de sauvé du silence, un mot, un seul, plus réussi que le silence







 

lundi 27 février 2017

RETOUR A QUEL CALENDRIER ?

 pour qui m'importe





Tu écoutes ton père l'écouter
Pourtant le vent n'a rien d'aîné

Et puis d'être toujours c'est faible

Un jour une biche se vit mourir
Avait-elle les yeux pour cela

Le vent n'est qu'une feuille qui remue le vent

jeudi 23 février 2017

FILLE, MERE, PERDUE





Nue et tremblante parmi peu d'arbres
Morte avec mon prénom joli

Très satisfaite de mes entrailles
Moi est ce mot abandonné

Nue d'être sale de faire limpide
Effrayée du dit des oublis

Moi colombe tressée de tigresses
Je vais ton labyrinthe perdu 








mardi 7 février 2017

JUSTE AVANT MERCREDI SI JE REGARDE




Que sombres sont ces inconnues
Que leur pas m'est violence

Que ce trottoir est éternel
Où pleurer sans le faire ?

J'ai un piano trois chats
Que ce trottoir m'est éternel

La sagesse c'est bien mais c'est long 
Violentes les inconnues vers l'inconnu


dimanche 5 février 2017

LUNDI JOUR OU L'ON DIT

Pour Secrète P.







Eh biche d'être perdue
Refuse ces mots ces tigres

Eh

Amuse-toi : être toi

Oublier les blessés
Qui s'appellent des enfants

Qu'on traîne main par la mort

Eh

Dernier tigre souffle
En effet ce qui manque de sang

A ta bouche est ce qui manque de monde

Eh

Biche si mâle
Sombre enfant d'être sombre

Espèce de tresse d'être perdue

Non

Aller où aller

Sans sorte de mot d'aucune sorte




vendredi 3 février 2017

3 FEVRIER ENCORE / MA FILLE EST LA ELLE ECOUTE PATTI SMITH





Je te salue nymphe ô mon arbre
Habitée de sauvage

Habitée et d'avoir dormi
Tellement la vie est courte

Sais-tu que leur paroi
Ça brûle les murs de n'être

Que des murs - que des murs

Que des murs

3 FEVRIER 2017 EXTERIEUR JOUR CETTE FOIS

Mon cheval est une fille
Arrivée hier jadis

En mon jardin ce labyrinthe

Venue elle partira
Chassera haut chaussée

De tous mes mots en trop

Mon cœur seul restera
Car l'habitation du cœur est la mort

jeudi 2 février 2017

3 FEVRIER 2017 DE JUSTESSE

pour Rivière Rivière






Tes larmes tes autres larmes
Ecoute ô engloutie

Un clitoris ça se travaille si long
Tant que que tout s'engloutit

J'ai frappé c'était ma maison
Et puis un monsieur de mon âge 

M'a ouvert la nuit où je suis
Soudain ma maison fut une autre

Alors c'est tant pis hein l'enfance







2 FEVRIER 2017





Chêne abattu près de l'autre chêne près de l'autre éternité 

Et à Gyslaine Le Gal être poète en deux langues comme seule la musique

Etre le 2 du mois des moi où ça meurt par habitude


*

SENTENTIA

Peut-être la poésie est encore concourir contre la poésie.









 

mercredi 1 février 2017

DEUXIEME PREMIER FEVRIER





Oui en effet enfant
Je ramassais

Le vent perdait des choses



Que je pleurais de mots
........................................

En fait le vent dormait



Alors je murmurais
Un secret mais secret

Très secret par exemple


Donc je me murmurais...
Impossible une espèce de jeune fille

Au cou froid d'une écharpe



En effet en effet enfant
Mais mais mais mais mais mais

Toi le vent... eh, ramasse 

FEBRUAR ERSTER TAG






Mais le ciel je ne le discute pas
A part ces aigles aux angles compliqués

Moi je me dispute mes plumes
Toi tu te rouvres mes plaies

Alors me voici ce poème
Ouais : aigle délivrant le courrier 






mardi 31 janvier 2017

31 JANVIER 2017









Eh !

Soudain c'est s'apercevoir.
Ne s'appeler rien sinon son corps

Sourire de combien d'autre dents
Etre un autre dans un autre bus

Et s'en aller mourir ailleurs,
Sourire.  D'un fou rire de jeune fille.

Eh !






30 JANVIER 2017


pour Valérie 






ETRE ! Ne convaincre de rien
Telle la loi du MOT pur

                                     
                   DIRE qu'aimer n'était
                   N'aimer ni qui ni quoi

               OR tu es. Et nous sommes encore.

           Même PRONONCER ne fut qu'AIMER












lundi 30 janvier 2017

FRAGMENTS DE JOURNAL IMPOSSIBLE / SENTENTIA

Ce qui est dur... Je n'aime pas "durable". Ce mot veut dire que ce qui est dur va durer.

Si c'est dans ce sens, non. Mais enfin les mots sont les mots, non ?

Ce sont nos mots qui nous traduisent. 

Pas nous qui traduisons les mots du voisin - ils sont les mêmes autrement.

Ce qui est dur... c'est de te parler. 

De me traduire moi-même. Dans une langue qui dès qu'elle quitte ma gorge (la gorge est plus près du cœur) n'est pas ma langue.

Là-dessus :

Si, étant poète, je quitte les mots, je dois utiliser une langue simple et normée.

Car les mots sont à la fois mon matériau et ce que, professeur de français, je dois et veux transmettre.

Les mots sont des sauvages. Et sont des civilisés.  

Dois-je dire LES mots ou MES mots ? C'est la question posée par "les" mots.

Les mots seraient-ils le fauve écoutant soudain ? (Tu vois son changement d'attitude, il a du sang à la bouche car il est prédateur ; il n'a plus de souffle car il est proie ; en tout cas il nous interroge. )

Quand je dis "fauve", je ne dis pas seulement loup, je dis biche.

Et ces deux fauves, soudain, s'arrêtent : écoutent L'HOMME.

$

LA LIBERTE N'EST PAS UNE STATUE.

$

lundi 23 janvier 2017

23 JANVIER 2017




Par manque d'air
Ma tour m'est étrangère

Ma maison se répand
Ma fiancée fissurée

L'escalier remonté
Par les mots harassés





















samedi 21 janvier 2017

22 JANVIER 2017



Que j'aime ce vieux cette vieille
Qui entrent tous les deux
Dans leurs doubles venteux

Comme ils sont beau et belle  
Main dans la main dans la poubelle
Leurs détritus sont leurs étoiles


 


 

jeudi 19 janvier 2017

AH C'EST DEJA LE 20 ?

Ici je lisais : " Allez à la rencontre de vos lecteurs". Là : "Dites ce qui vous passionne" etc. C'était la publicité des fabricants de blogs, pour qu'on devînt blogueur.

Qu'on entendît bien que je n'allais à la rencontre que de mon destin, comme chacun;  que je me déprenais de toute injonction de dire, parfois même vînt-elle de moi; et que, hors poème, me couler dans cette langue qui paraissait peut-être hérissée à certains était sensible et honnête. 

Allez, la langue parlait d'elle-même. J'étais elle comme être Mongol était porter un aigle sur son poing ou Indien des Grandes Plaines chasser le bison. J'étais un chasseur qui renonçait à la chasse parce qu'il fallait renoncer à la chasse; qui y allait pour se nourrir et nourrir les siens, priant le frère animal que j'abattais.  Oh je n'y allais que pour cela, et avec crainte ! Et, ami des chats - si ami d'eux - j'approuvais l'extermination de millions de chats en Australie parce que cette espèce invasive, à l'instar du dingo, chien ensauvagé, avait anéanti des fétiches, le loup marsupial, le wombat. Je n'acceptais pas, je n'accepterais jamais, cette extinction de la vie multiple; même pas au motif que l'homme avait besoin pour sa santé de la bile de l'ours ou d'autre chose. 

Qu'on ne se trompât pas sur ce blog.  Il était durable, enfin avait vocation de durer. Et n'avait pas vocation à relever les jolis détails dont ma génération pût encore faire son profit, sachant la promesse que l'Homme se faisait de la mort de la Vie sur terre. Qu'on ne comptât pas sur moi pour des joliesses. Même si je gardais parfois un  tic "années 70" - que je ne reniais pas et dont je tâchais de garder le suc avant de passer mon tour. 

Blog durable, j'en étais fier. Ainsi reportiez-vous ici en 2011. Depuis qu'un an les perruches avaient enfin émigré, paraissait-il dans le Val-d'Oise (j'avais un très jeune gamin qui vivait dans les forêts, et qui comme ceux de Sherlock Holmes à Londres, me servait d'agent) on réentendait nos piafs. 

Je commençais, en fait, à me méfier des blogs et de celui-ci.  

Ah, voyiez-vous l'heure ? Je mordais trop sur mon compte de sommeil. A bientôt. Je ne "justifie rien", je publie et non édite. 

Et à grand jamais je ne justifierais mes dires par une image. Alliez voir kwarkito qui seul à ma connaissance, et avec constance, associait image et texte harmonisant les deux en inventeur génial.


En revanche j'appréciais depuis peu nombre de blogs forts différents du mien où avec goût un poème jouxtait une photo souvent belle.  

samedi 14 janvier 2017

14 JANVIER 2017

Je m'appelle je m'appelle ma cuisse
Fausse mésange épaisse

Etranges mes yeux 
Ils ignorent ces routes
Ma cuisse ma mésange cuirassée

Les arbres ouais les forêts passent 
Etre prénom être secrète

Fausse encore si vraie si vraie
Si vraie, si vraie pour toi,

Si vraie





 

vendredi 13 janvier 2017

14 JANVIER 2017




Savez-vous les morts sont dehors
Ils vivent dans ces salles électriques

Immeublées sur le plan
Inconstruites ou non 

Peuplées d'une douce cousine
Dont le souvenir m'est nucléaire


*
(savez-vous-

Qu'un mort c'est de la nuit
Qui est passée par ici

Oui je vois bien ce maître

Il s'appela mon maître
C'est pensé par ici

Salles électriques ? Du vide, la nuit (des morts dehors)

jeudi 12 janvier 2017

13 JANVIER 2017

"essayant de me souvenir d'hier" 




Près du chêne abattu
L'autre même chêne

Transformait la forêt
En une éternité

12 JANVIER 2017




Près du chêne abattu
L'autre même chêne

Transformait la forêt
En une éternité

Enfant je ramassais
- Le vent perdait des choses -

Je murmurais "jeune fille"
Au cou froid des écharpes

mercredi 11 janvier 2017

11 JANVIER 2017

Non je ne me fous pas d'être
Prenez les choses elles sont

J'ai un village l'autoroute contre
Et le néant ça vous chatouille ?

Au sortir d'une escort
Je réapprends j'apprends

RELACHE / 10 JANVIER 2017




Relâche comme au théâtre, comme au sport, comme au travail. Le flot enfin le flot de mes paroles. Discours dénoué. Livré.

Je me départis de la culture du poème, qui, pour tout dire, est peut-être extrême pudeur. 

On ne s'installe pas. On, c'est moi. Le lieu c'est partout et nulle part. 

Jamais on ne s'installe. Jamais. Et en plus, nulle part.  

Poème. Peut-être la pudeur de la langue, à la réflexion non, l'audace de la langue. 

J'exhibe ma langue française. Je la mets hors de moi. Ça me fait "bander".

La pudeur a des aspects.

Rien de plus impudique.

Dire pour ne pas dire... Oui. En partie. Car il y a bien là un art sans autre intention que lui-même. Virgule, alinéa, majuscule, des outils de cet art.

Arrête-toi une seconde devant une œuvre d'art, comprends tout d'un coup, passe à être attentif à tout ce qu'il y a de plus quotidien.

Tout est extrême. La pudeur est l'impudeur, voilà la poésie.

Le Tout ne peut être qu'extrême. 

Extrêmement frileux dans les mots ? Pauvre ? Tu dis, ô malheureux : "Je ne sais pas les mots". Si tu le dis c'est que tu les sais ces minerais qui attendent enfouis. Peut-être mieux que moi qui creuse en surface. Le Tout vous admet, les pauvres.

Toi aussi, extrêmement en deuil aussi. Qui est morte ? Ta fille, toi avec elle, ta maman ?  Le Tout accepte tout.

L'addiction au Tout n'existe pas. 

Ignorer ce qu'est addiction est la seule force du Tout et de l'Un face au Singulier.


dimanche 8 janvier 2017

7 JANVIER 2017




Le seul chat de Venise
Existe le temps d'aller

D'une fontaine à la même

 

Je suis à distance celui qui

Réapparaît disparaît

Je règle ma mort à la sienne 







samedi 7 janvier 2017

6 JANVIER 2017




DICTA



Je sais que j'ai fait le bon choix quand je suis prêt à assumer le pire des scénarios que peut entraîner ce choix plutôt que de ne pas le faire.
                            
                                  Félix Guillemot



*





Je suis beau, habillé des siècles
Pourtant je vais mourir

Le silence perdra son emploi
Ma fille mourra au cœur de mon ex-monde  

"Et caetera " diront les mots
Quand ils seront tous fous

vendredi 6 janvier 2017

5 JANVIER 2017




Oui chevalier de gel,
Agréable effroi : ma vitre.
   
Fines nervures là-bas ?
Grues sans grutiers.


Stop. Stop est-il russe ?
Hiver seule syllabe l'âme




 

jeudi 5 janvier 2017

4 JANVIER 2017




J'ai l'impression. Ces maisons sont
Faites de sang et de maison
   
Oh ridicules pianos nuisibles
"J'en jouais" disait la cousine morte
   
Et... présenter le jardin à la rue !
Avec son conifère imaginaire













 






mercredi 4 janvier 2017

3 JANVIER 2017




Là je pense dans mon coude
Là je m'ennuie dans mon menton


Tu n'es rien. Un paysage 
ramasse une fenêtre évanouie


Décidément le rouge-gorge 
n'est que rouge aujourd'hui