mardi 31 janvier 2017

31 JANVIER 2017









Eh !

Soudain c'est s'apercevoir.
Ne s'appeler rien sinon son corps

Sourire de combien d'autre dents
Etre un autre dans un autre bus

Et s'en aller mourir ailleurs,
Sourire.  D'un fou rire de jeune fille.

Eh !






30 JANVIER 2017


pour Valérie 






ETRE ! Ne convaincre de rien
Telle la loi du MOT pur

                                     
                   DIRE qu'aimer n'était
                   N'aimer ni qui ni quoi

               OR tu es. Et nous sommes encore.

           Même PRONONCER ne fut qu'AIMER












lundi 30 janvier 2017

FRAGMENTS DE JOURNAL IMPOSSIBLE / SENTENTIA

Ce qui est dur... Je n'aime pas "durable". Ce mot veut dire que ce qui est dur va durer.

Si c'est dans ce sens, non. Mais enfin les mots sont les mots, non ?

Ce sont nos mots qui nous traduisent. 

Pas nous qui traduisons les mots du voisin - ils sont les mêmes autrement.

Ce qui est dur... c'est de te parler. 

De me traduire moi-même. Dans une langue qui dès qu'elle quitte ma gorge (la gorge est plus près du cœur) n'est pas ma langue.

Là-dessus :

Si, étant poète, je quitte les mots, je dois utiliser une langue simple et normée.

Car les mots sont à la fois mon matériau et ce que, professeur de français, je dois et veux transmettre.

Les mots sont des sauvages. Et sont des civilisés.  

Dois-je dire LES mots ou MES mots ? C'est la question posée par "les" mots.

Les mots seraient-ils le fauve écoutant soudain ? (Tu vois son changement d'attitude, il a du sang à la bouche car il est prédateur ; il n'a plus de souffle car il est proie ; en tout cas il nous interroge. )

Quand je dis "fauve", je ne dis pas seulement loup, je dis biche.

Et ces deux fauves, soudain, s'arrêtent : écoutent L'HOMME.

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LA LIBERTE N'EST PAS UNE STATUE.

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lundi 23 janvier 2017

23 JANVIER 2017




Par manque d'air
Ma tour m'est étrangère

Ma maison se répand
Ma fiancée fissurée

L'escalier remonté
Par les mots harassés





















samedi 21 janvier 2017

22 JANVIER 2017



Que j'aime ce vieux cette vieille
Qui entrent tous les deux
Dans leurs doubles venteux

Comme ils sont beau et belle  
Main dans la main dans la poubelle
Leurs détritus sont leurs étoiles


 


 

jeudi 19 janvier 2017

AH C'EST DEJA LE 20 ?

Ici je lisais : " Allez à la rencontre de vos lecteurs". Là : "Dites ce qui vous passionne" etc. C'était la publicité des fabricants de blogs, pour qu'on devînt blogueur.

Qu'on entendît bien que je n'allais à la rencontre que de mon destin, comme chacun;  que je me déprenais de toute injonction de dire, parfois même vînt-elle de moi; et que, hors poème, me couler dans cette langue qui paraissait peut-être hérissée à certains était sensible et honnête. 

Allez, la langue parlait d'elle-même. J'étais elle comme être Mongol était porter un aigle sur son poing ou Indien des Grandes Plaines chasser le bison. J'étais un chasseur qui renonçait à la chasse parce qu'il fallait renoncer à la chasse; qui y allait pour se nourrir et nourrir les siens, priant le frère animal que j'abattais.  Oh je n'y allais que pour cela, et avec crainte ! Et, ami des chats - si ami d'eux - j'approuvais l'extermination de millions de chats en Australie parce que cette espèce invasive, à l'instar du dingo, chien ensauvagé, avait anéanti des fétiches, le loup marsupial, le wombat. Je n'acceptais pas, je n'accepterais jamais, cette extinction de la vie multiple; même pas au motif que l'homme avait besoin pour sa santé de la bile de l'ours ou d'autre chose. 

Qu'on ne se trompât pas sur ce blog.  Il était durable, enfin avait vocation de durer. Et n'avait pas vocation à relever les jolis détails dont ma génération pût encore faire son profit, sachant la promesse que l'Homme se faisait de la mort de la Vie sur terre. Qu'on ne comptât pas sur moi pour des joliesses. Même si je gardais parfois un  tic "années 70" - que je ne reniais pas et dont je tâchais de garder le suc avant de passer mon tour. 

Blog durable, j'en étais fier. Ainsi reportiez-vous ici en 2011. Depuis qu'un an les perruches avaient enfin émigré, paraissait-il dans le Val-d'Oise (j'avais un très jeune gamin qui vivait dans les forêts, et qui comme ceux de Sherlock Holmes à Londres, me servait d'agent) on réentendait nos piafs. 

Je commençais, en fait, à me méfier des blogs et de celui-ci.  

Ah, voyiez-vous l'heure ? Je mordais trop sur mon compte de sommeil. A bientôt. Je ne "justifie rien", je publie et non édite. 

Et à grand jamais je ne justifierais mes dires par une image. Alliez voir kwarkito qui seul à ma connaissance, et avec constance, associait image et texte harmonisant les deux en inventeur génial.


En revanche j'appréciais depuis peu nombre de blogs forts différents du mien où avec goût un poème jouxtait une photo souvent belle.  

samedi 14 janvier 2017

14 JANVIER 2017

Je m'appelle je m'appelle ma cuisse
Fausse mésange épaisse

Etranges mes yeux 
Ils ignorent ces routes
Ma cuisse ma mésange cuirassée

Les arbres ouais les forêts passent 
Etre prénom être secrète

Fausse encore si vraie si vraie
Si vraie, si vraie pour toi,

Si vraie





 

vendredi 13 janvier 2017

14 JANVIER 2017




Savez-vous les morts sont dehors
Ils vivent dans ces salles électriques

Immeublées sur le plan
Inconstruites ou non 

Peuplées d'une douce cousine
Dont le souvenir m'est nucléaire


*
(savez-vous-

Qu'un mort c'est de la nuit
Qui est passée par ici

Oui je vois bien ce maître

Il s'appela mon maître
C'est pensé par ici

Salles électriques ? Du vide, la nuit (des morts dehors)

jeudi 12 janvier 2017

13 JANVIER 2017

"essayant de me souvenir d'hier" 




Près du chêne abattu
L'autre même chêne

Transformait la forêt
En une éternité

12 JANVIER 2017




Près du chêne abattu
L'autre même chêne

Transformait la forêt
En une éternité

Enfant je ramassais
- Le vent perdait des choses -

Je murmurais "jeune fille"
Au cou froid des écharpes

mercredi 11 janvier 2017

11 JANVIER 2017

Non je ne me fous pas d'être
Prenez les choses elles sont

J'ai un village l'autoroute contre
Et le néant ça vous chatouille ?

Au sortir d'une escort
Je réapprends j'apprends

RELACHE / 10 JANVIER 2017




Relâche comme au théâtre, comme au sport, comme au travail. Le flot enfin le flot de mes paroles. Discours dénoué. Livré.

Je me départis de la culture du poème, qui, pour tout dire, est peut-être extrême pudeur. 

On ne s'installe pas. On, c'est moi. Le lieu c'est partout et nulle part. 

Jamais on ne s'installe. Jamais. Et en plus, nulle part.  

Poème. Peut-être la pudeur de la langue, à la réflexion non, l'audace de la langue. 

J'exhibe ma langue française. Je la mets hors de moi. Ça me fait "bander".

La pudeur a des aspects.

Rien de plus impudique.

Dire pour ne pas dire... Oui. En partie. Car il y a bien là un art sans autre intention que lui-même. Virgule, alinéa, majuscule, des outils de cet art.

Arrête-toi une seconde devant une œuvre d'art, comprends tout d'un coup, passe à être attentif à tout ce qu'il y a de plus quotidien.

Tout est extrême. La pudeur est l'impudeur, voilà la poésie.

Le Tout ne peut être qu'extrême. 

Extrêmement frileux dans les mots ? Pauvre ? Tu dis, ô malheureux : "Je ne sais pas les mots". Si tu le dis c'est que tu les sais ces minerais qui attendent enfouis. Peut-être mieux que moi qui creuse en surface. Le Tout vous admet, les pauvres.

Toi aussi, extrêmement en deuil aussi. Qui est morte ? Ta fille, toi avec elle, ta maman ?  Le Tout accepte tout.

L'addiction au Tout n'existe pas. 

Ignorer ce qu'est addiction est la seule force du Tout et de l'Un face au Singulier.


dimanche 8 janvier 2017

7 JANVIER 2017




Le seul chat de Venise
Existe le temps d'aller

D'une fontaine à la même

 

Je suis à distance celui qui

Réapparaît disparaît

Je règle ma mort à la sienne 







samedi 7 janvier 2017

6 JANVIER 2017




DICTA



Je sais que j'ai fait le bon choix quand je suis prêt à assumer le pire des scénarios que peut entraîner ce choix plutôt que de ne pas le faire.
                            
                                  Félix Guillemot



*





Je suis beau, habillé des siècles
Pourtant je vais mourir

Le silence perdra son emploi
Ma fille mourra au cœur de mon ex-monde  

"Et caetera " diront les mots
Quand ils seront tous fous

vendredi 6 janvier 2017

5 JANVIER 2017




Oui chevalier de gel,
Agréable effroi : ma vitre.
   
Fines nervures là-bas ?
Grues sans grutiers.


Stop. Stop est-il russe ?
Hiver seule syllabe l'âme




 

jeudi 5 janvier 2017

4 JANVIER 2017




J'ai l'impression. Ces maisons sont
Faites de sang et de maison
   
Oh ridicules pianos nuisibles
"J'en jouais" disait la cousine morte
   
Et... présenter le jardin à la rue !
Avec son conifère imaginaire













 






mercredi 4 janvier 2017

3 JANVIER 2017




Là je pense dans mon coude
Là je m'ennuie dans mon menton


Tu n'es rien. Un paysage 
ramasse une fenêtre évanouie


Décidément le rouge-gorge 
n'est que rouge aujourd'hui