lundi 27 mars 2017

REMARQUE SUR LA POESIE

pour Guillaume Bur



(Encore une fois quand je parlais à l'imparfait, c'était pour devenir le plus lourd possible, le plus mental, chasser le poète. Et si je pouvais vous le montrer mieux, je le ferais. Une discipline, quoi.)

Distinguer l'intellect et... cette ambiguïté de la poésie puisque elle utilisait les mêmes mots que l'intellection. Les couleurs, les sons etc. ? Oui, mais à travers les mots, et depuis l'aube de l'humanité "un ours" ne voulait pas dire "le ciel"... 

Alors célébrer son prince ou sa belle (lyrisme), exprimer n'importe lequel de nos sentiments (regretter par exemple, élégie) chanter les exploits de son roi, s'engager politiquement, jouer avec les mots (Oulipo), faire une musique de mots, rythmer, associer par des images inédites (surréalisme, je m'en sentais proche), glorifier sa langue maternelle, aller vers le plastique, vers le théâtre, aller vers le quotidien, le mystique, vers les mystères et le sacré (je m'en sentais encore plus proche), simplement n'en plus pouvoir, se déchirer,

ce n'était pas la question.

La poésie était l'ambiguïté faite art.

Depuis mes quatorze ans je n'avais pas arrêté, c'était important, j'allais mourir sinon. C'était le meilleur de mon travail au milieu des autres travaux. Indépendant après vérification des facilités et difficultés de ma vie.

Je le continuais donc, sans prétention ni modestie. Je ne me moquais jamais de mon écrit. Je n'y mettais aucune autre ambition que de juger moi-même si c'était bon ou mauvais, achevé ou inachevé. 

Et j'y revenais. Ainsi, LA NUIT SEMEE D'ENDROITS V s'était modifié aujourd'hui, à la virgule près. Il y avait de l'artisanat simultané à l'art. Ça se modifiait comme ça restait, pour ne pas exclure le fini du non fini, ni l'inverse. C'était souple et affirmé sinon rigide.

Le blog était une banque de dépôt. Je m'étais mis récemment à imprimer soigneusement certains articles, parfois les commentaires. Car je n'avais aucune confiance en la fée électricité et encore moins au fragile numérique dont l'Homme ivre de sa découverte avait fait sa panacée.

Croyiez que ces quelques lignes m'étaient plus ardues qu'écrire "en poésie".



    

vendredi 24 mars 2017

LA NUIT SEMEE D'ENDROITS V






Tête aux tenailles de vent, chant muré dans des écoulements de visage, c'est la berceuse violente, et c'est la solitude très à l'étroit dans l'infini, mes poèmes prisonniers loin loin dans le cœur

Ma dune tes pas dansent légers devant toi tu m'aveugle tu me traînes aveugle

- vers un instant hors de question




*




Rien, entre les seins, avec des doigts très doux

Avec la pluie avec le toit pour faire le bruit de la pluie sur toi

Rien, entre les seins, avec des doigts très doux 



 







lundi 20 mars 2017

LA NUIT SEMEE D'ENDROITS IV (bis)







Sœur d'impossibles jardins, traceuse d'oiseaux manqués par la guerre dans le ciel rouge, dans le ciel noir. D'oiseaux manqués par mes gestes d'arbre. Et d'oiseaux dans pas un ciel, de beaux oiseaux tous échappés au peintre de l'invisible. Et qu'on met à crier là, pour toujours.






*





Nue encore dans mon corps, traînée dans des nuits oubliées, morte, en haillons de peau et de souvenirs. Nue chaudement dans mon cœur. Nue dans de la soie, dans le pollen de la lune, nue dans le centre du centre du monde.






*






Sois douce, il y a trop peu d'ombre au monde, trop peu de nuit pour baigner la foudre. Sois dans mes mots le mot enseveli, sois le mot orpheline, sois la fontaine des profondeurs du cœur.
 






jeudi 16 mars 2017

LA NUIT SEMEE D'ENDROITS IV







Sœur d'impossibles jardins, traceuse d'oiseaux manqués par la guerre dans le ciel rouge dans le ciel noir. D'oiseaux manqués par mes gestes d'arbre. Et d'oiseaux dans pas un ciel, de beaux oiseaux tous échappés au peintre de l'invisible. Et qu'on met à crier là, pour toujours.





*





Nue encore dans mon corps, traînée dans des nuits oubliées, morte, en haillons de peau et de souvenirs. Nue chaudement dans mon cœur. Nue dans de la soie, dans le pollen de la lune, nue dans le centre du centre du monde.





*





Sois douce, il y a trop peu d'ombre au monde, trop peu de nuit pour baigner la foudre. Sois dans mes mots le mot enseveli, sois le mot orpheline, sois la fontaine des profondeurs du cœur.
 






mardi 14 mars 2017

RE






Qui de nous RELISAIT, aujourd'hui, à l'envers et à l'endroit, revenait de promenade par le même chemin, ou plus tard (juste demain) ne cherchait pas forcément un itinéraire nouveau ; afin de trouver la nouveauté en nous-mêmes ? Non, non, nous étions emportés, jeunes, vieux, par cette tempête mécanique, issue de l'humain, de plus en plus sans lui-même, qui passait sur lui-même, sur les bêtes, les plantes, les eaux, l'air, la Terre quoi, la Planète comme on disait depuis quelques années. Seule la roche, pas toute la roche, demeurerait se fractionnant peut-être. 

Pas le temps d'apprendre, pas le temps de retenir, même pas le temps d'oublier. 

Relire, faire lire et relire, et autant pour revenir, reprendre, recommencer, perpétuer, passer le relais, ces opérations de l'esprit étaient annulées par l'instantanéité des opérations des machines que nous avions créées, et tant que j'avais encore le temps de dire cela, je le disais. Car tout de suite fût déjà trop tard. 

samedi 11 mars 2017

SENTENTIAE

En latin, "sentence", ça veut seulement dire "phrase."






Les gens sont des gens bizarres.



*


Le fauteuil, c'est le début de l'égoïsme.


*


L'Homme ait un Loup pour l'Homme !


*


Un trésor est un trésor si je le laisse intact.


*


On n'arrête pas le progrès : que fait la police ?


*


Je propose qu'on hésite.


*


Marre du politiquement correct. Il faut appeler un mot un chat.


*


Ce que je voudrais avec mon premier roman, c'est qu'il soit moins prétentieux que le second. 







vendredi 10 mars 2017

LA NUIT SEMEE D'ENDROITS III

To Marian Mac Kay, anywhere she is today,  I hope here and there. 










Et c'est toi mes papillons, pauvres éblouis, toi que le néant froisse


Toi le grattement, 

seule à gratter aux portes du soleil qui vont par millions de portes 


Petite aveugle vers Dieu et je te pousse du pied et ta chanson chemine


Toi au regard aux météores qui crèves les  regards autres que leur chute de météores


Toi entre les arbres, 

mi-morte mi-souriante mi-enfuie entre mes pauvres gestes d'arbre vers ton instant le clin d'œil


Toi au bout de l'enfance en jupe de l'enfance en jupe de fou rire de la fin du monde


Et c'est toi

mercredi 8 mars 2017

LA NUIT SEMEE D'ENDROITS II

pour François Dureux








Merle mon voisin, flûte-moi le printemps au merle ton voisin. Hein, de jardin à jardin !



Mais oui le chat. Etre borgne c'est la loi des matous. Allez, on se bat pour ma caresse.



Crétin de téton. Tu crois que si je vieillis, c'est par la langue ?





 

mardi 7 mars 2017

LA NUIT SEMEE D'ENDROITS









Nue avec la pluie sa sœur, l'été dernier enfantine,

ruisselante ligotée dans du soleil,

ou bleue tout doucement, en invisible robe pour s'arracher l'enfance,

blottie rescapée

cœur qui piaille " cœur mon cœur "



dans le printemps au plus calme du rut, déjà pliée à jamais, exagérée par l'air...



ombrelle presque sans mots ni d'elle ni de moi (c'est le rôle des ombrelles)



jeune silence
admise 
au vieux silence