mercredi 31 mai 2017

LA SAUTILLANTE TWEET TWEET

 (menuet en rondeau)





Je joue à un jeu. Non. Si. Personne ne sait lequel.

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Trop de tweets on dit ça. Trop de mots depuis toujours, trop de feu. Depuis que je l'allume.

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Le troisième poème n'a rien d'intelligent, il se mire dans un platane. Non dans un chêne ! Le platane c'est futile ça se plante ça pousse à toute allure ça se taille ça abrite tout de suite. Non non un chêne. Comme un mot, quoi.

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Toute loterie est ainsi faite que l'œil humain se dilate. Avec ou sans. Avec ou sans alcool est le sens. Ah il faudrait en serrer un autre. Un autre mot. Pour dire "loterie".

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Assez russe tout ça. Assez russe. Vois-y la Vendée, les bleus les blancs, un sentier qui mène en Chypre et en cyprine. Seulement eh bien oui tes yeux, le temps qui se délasse, le romantisme.

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Depuis que je t'allume c'est le troisième millénaire. Alors oui mais... je recule, je recule. Donc ? 

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Heureusement j'ai un chêne sur l'écureuil. Je croise une dame de vieillesse avec nos vieux yeux jeunes. J'aime son bâton de marche alors je marche. Elle disparue je ris à moi. Bon signe.

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J'avoue avouer. 
Silence. 
Mais avouer quoi ?

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Le jeu consistait à bifurquer. Nous le fîmes. Certains se retrouvèrent. Dont moi. Nous attendîmes les autres. (Au lieu de "nous attendîmes" j'aurais pu dire "il y eut un silence"). Observons ce silence. Et puis quand même, après l'écureuil... amour moi et le temps nous n'avions plus le temps.

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- Je suis prétentieux.
- Vous êtes prétentieux.
- Oui, mais je l'ai dit le premier.

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Je joue, ouais, si tu veux. Mes poèmes sont des creux mais j'aime trop tout, ne t'inquiète pas. J'ai besoin d'eux j'ai besoin de dire comme Trakl "les petites filles mortes sont couchées contre le mur du jardin"et "c'est la vie"comme ils disent aux Amériques...

Et à ce que je dise ça tu vas condamner qui ? Ravel, Faulkner, Kafka, Léger, Stravinski, Klee, Breton, Borges, Pessoa, Beauvoir ?

Homme du XXIe siècle.

Horrible XXe comme tous les siècles, je te comprends bien. Mais, tes épouses ? Beauvoir, Pessoa, Breton, Lee, Stravinski, Armstrong (trompette lunaire), Pink Floyd, David Bowie, Gainsbourg, Ottis Redding, Ravi Shankar, Ravel, Prokofiev, Saint-John Perse, Faulkner, Rothko, De Staël, Delvaux, Calvino, Bonnefoy, Nabokov, Caillois, Garcia Marquez, The Cure gna gna gna Borges, Borges, Borges, Borges, Borges, 

(pas Proust parce que non il appartient au XIXe et que je me suis fixé des limites)   

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... Et qui Tu mets dans la liste. Les noms cités ne sont pas des affirmations. Ne sont pas moi qui m'avance. Qui essaie d'avancer, déjà ça. Justement le XXe a trop affirmé, le XXIe se doit non seulement d'inventer mais d'inviter. D'où le sens d'un blog.

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Eh écureuille, loto des châtaigniers, dis-leur. Tweet tweet, joli cri. Je ne sais pas quoi, je joue. Je joue à la tout le monde. (Même aux tritons contre Monsieur Pascal Bruckner dans le Point la semaine dernière). Je joue à la toutes choses. Plus j'y vais plus tu m'es belle, première fille, souvenir venir. Tweet tweet. Imprimée absence du passé, léchage demain avec l'air bête de quand on lèche. Innombrables oublis. 

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Devant est plus obscène que derrière et c'est tant mieux. Comme tu es obscène, ne t'accorde qu'un instant de ta vie, puis choisis devant. C'est pas du XXe siècle ça ?

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Qui m'a laissé jouer ? Tout le monde. Sauf un et une. Père et mère. Voilà où j'en suis comme beaucoup.

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N'allume nul feu l'écureuil, n'apprends jamais. Va noisette. Le feu n'existe pas.  Ce sont... des feux. Alcools multiples preuves. Amours. Amours nommés amours, amours nommés vices. Des feux, des faux, je joue à un jeu. Tweet tweet chut, pas un mot de plus.